Football: Comment le Racing club de Strasbourg remplit aussi souvent le stade de la Meinau

FOOTBALL Beau jeu, deux mois sans défaite, première partie de tableau, le Racing va plutôt bien à l'heure de recevoir Nîmes ce samedi (20h). Mais ça ne suffit pas à expliquer l'affluence folle au stade de la Meinau...

Bruno Poussard (avec Alexia Ighirri)

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Contre Nîmes ce samedi, le stade de la Meinau pourrait être à guichets fermés pour la sixième fois depuis le début de la saison à Strasbourg. Illustration
Contre Nîmes ce samedi, le stade de la Meinau pourrait être à guichets fermés pour la sixième fois depuis le début de la saison à Strasbourg. Illustration — SIPA
  • Ce samedi (20h), le stade de la Meinau devrait être à guichets fermés lors de la réception de Nîmes, pour une sixième fois depuis le début de la saison.
  • Beau jeu, deux mois sans défaite, première partie de tableau, le Racing a des arguments en ce moment pour attirer de nombreux supporters.
  • Mais il faut remonter bien plus en arrière pour comprendre la folle fréquentation de l'enceinte du club de football strasbourgeois, ou plutôt alsacien.

Ce jeudi, il restait encore une poignée de billets sur le site du Racing. Mais samedi (20h), la Meinau sera bien à guichets fermés lors de la réception de Nîmes, promu. Pour la sixième fois depuis le début de la saison. Ou même la septième en anticipant la venue (blindée) du PSG, le 5 décembre. Pas si difficile, avec plus de 19.000 abonnés pour un gros 26.000 places direz-vous peut-être…

Néanmoins sa réussite en tribunes ne tient pas au hasard. Depuis le dépôt de bilan (en 2011), Strasbourg a enchaîné les records d'affluence : 10.880 en National 3 (ex-CFA 2) ; 20.044 en National 2 (ex-CFA) ; 27.820 en National. Et ces temps-ci, le Racing a tout pour lui. Beau jeu, deux mois sans défaite, première partie de tableau… Mais ça ne suffit pas à expliquer le remplissage de son stade.

Grâce à l’ambiance. Bon nombre de fans de 20 à 30 ans ont grandi dans les travées du Racing à l’époque amateur. Loin de venir juste pour le ballon rond, certains d’entre eux forment une bonne partie du mur bleu qui chante et danse pendant 90 minutes dans un kop de plus en plus exigeant envers lui-même. « On a la chance d’avoir un club de Ligue 1 dans notre ville, il faut le soutenir », estime Tim, 31 ans. Embarqué par des amis alsaciens, il vient d’abord à la Meinau « pour l’ambiance ». Et il n’est pas le seul.

Grâce aux abonnés. De la Ligue 2 à l’élite, le Racing est passé de 7.500 à 19.187 abonnés en deux ans. Pas seulement des ultras, loin de là. Avec son amie Pauline et deux potes, Tim est par exemple abonné depuis 2017 : « Avec la ferveur, on n’aurait pas eu de billets pour voir Paris, Monaco ou Marseille fouler la pelouse de la Meinau sans ça. » Etudiants, cadres, hommes, femmes, parents et enfants, le Racing veut justement être « le club de tous les Alsaciens », dixit Clément Calvez, son responsable commercial.

Grâce à une région. Avec sa femme Christelle, Patrick viendra ce samedi d’Altkirch tout au sud de l’Alsace : « Tant que le Racing gagne, on fera les kilomètres. Si on trouve des places ! » « Depuis que Marc Keller a repris le club, beaucoup de choses ont été mises en place pour attirer tous les publics et passer de bons moments », insiste Clément Calvez. Family zone, places premiums, kop’in, fan zone… Autant d’offres pour convenir à chacun et tenter de proposer « l’expérience unique » souhaitée par les responsables du Racing.

Grâce aux animations. En plus de s’adresser à un maximum d’Alsaciens, la formation essaye d’insister sur son attention portée aux fans. « On veut que le public passe un bon moment et s’amuse », reprend Clément Calvez. Après les jeux de la family zone en 2016, l’augmentation du nombre de points de restaurations et d’écrans géants en 2017, le RCSA a monté une fan zone à l’entrée de l’enceinte. Pour « manger une saucisse », « boire un coup », « voir l’échauffement », Tim et sa bande viennent ainsi une heure avant.

Grâce aux tarifs. De 189 à 1000 euros pour un premier abonnement, les prix ont un peu augmenté cette année. Mais ils restent dans la deuxième partie de tableau en Ligue 1, grâce à une gamme large. « Les premiers tarifs sont restés abordables, insiste Clément Calvez. Il y a 8000 places à ce prix - 149 euros en cas de renouvellement. De son côté, le plus cher a de la restauration, une place de parking, une des meilleures places du stade… » En tribune honneur, Tim, lui, paye 419 euros et trouve que « ça les vaut ». Comme Xavier qui se réjouit de prix « très abordables et cohérents » dans le kop.

Grâce aux packs. Pour assister à la réception du PSG sans être abonné, le Racing ne proposait (presque) d’acheter qu’un pack de trois matches, incluant Nîmes et Caen. A coups de F5 et d’un pote plus agile, c’est ce que Clément, 25 ans, a fait contre 84 euros : « Je suis avant tout fan du Racing, donc je suis content d’aller voir d’autres rencontres. C’est logique de favoriser les supporters du club. » Aussi en place pour Lyon, Marseille et Monaco, le dispositif vise ainsi à assurer Strasbourg d’un fort soutien et la Meinau de plusieurs belles fréquentations. « Le Racing n’a pas besoin de ça pour remplir le stade », estime, lui, Patrick. Mais ce samedi, il en profitera pour visiter le marché de Noël

Grâce à un stade en ville. De l’hypercentre de Strasbourg jusqu’à la Meinau, il y a 2,5 kilomètres et quatre arrêts de tram. La Meinau fait donc bien partie des stades de centre-ville. Un atout, selon Clément Calvez : « Il est possible de venir à pied, à vélo, en transports. C’est plus limité côté places de parking mais on veut favoriser les autres moyens de déplacement. » Les soirs de matchs, la Compagnie des transports strasbourgeois propose d’ailleurs des tarifs spéciaux pour les supporters du Racing.