Coupe du monde 2026 : L'équipe de France est-elle l'équipe la plus désavantagée par la chaleur sur le papier ?
canicule•Dans l’est des Etats-Unis, les Bleus de Didier Deschamps vont jouer trois matchs dans l’après-midi et souffrir, beaucoup, de la chaleurAntoine Huot de Saint Albin
L'essentiel
- L’équipe de France, bien que bénéficiant d’un tirage favorable avec peu de déplacements entre New York, Boston et Philadelphie, devra affronter un adversaire redoutable : la chaleur.
- Les Bleus vont jouer en plein après-midi dans des stades ouverts non climatisés, contrairement aux équipes jouant au Texas qui bénéficient de « stades fermés ».
- L’ancien préparateur physique des Bleus Eric Bedouet se montre rassurant en affirmant « on est en présence de jeunes joueurs, au sommet de leur forme, en très très bonne santé ».
De notre envoyé spécial à Boston,
Didier Deschamps pensait toucher le pactole. Les sept bons numéros, les trois télés, les 100 patates. En étant reversé dans le groupe I de la Coupe du monde, le sélectionneur des Bleus a eu un beau cadeau de Noël avant l’heure, le 5 décembre dernier, lors du tirage au sort du Mondial : une poule à l’est des Etats-Unis, avec le moins de décalage horaire possible, pas beaucoup de trajet entre New York, Boston et Philadelphie où se tiennent les matchs… Le bonheur total.
Sauf que DD n’avait pas vu le petit astérisque au bas de la notice. Celui qui vous fait redescendre direct de votre petit nuage. En jouant tous ses matchs en plein après-midi, dont deux à 15 heures, l’équipe de France va affronter peut-être son adversaire le plus redoutable de sa poule : la chaleur. Et autant dire qu’à Boston, le cagnard ne fait pas semblant. Plus de 30 °C en moyenne depuis l’arrivée des Bleus sur le continent américain, loin de la dizaine de degrés ressentis à Lille pour le dernier match de préparation.
Des stades fermés et climatisés au Texas
Sur le papier, des villes comme Houston ou Dallas, où jouent notamment les Pays-Bas, le Portugal et l’Angleterre connaissent des températures bien plus élevées, mais elles bénéficient d’un avantage de taille. « Elles vont jouer dans des stades fermés qui sont climatisés, donc elles ne ressentiront pas l’effet de la chaleur », explique Santi, un Américain basé au Texas fan de foot et de datas, qui a créé pléthore de données autour du Mondial.
L’équipe de France, elle, va se retrouver à jouer dans trois stades qui ne bénéficient non seulement pas d’air climatisé, mais qui n’ont surtout pas de toit. Avec le soleil au zénith, les organismes risquent de souffrir. « Et puis, quand vous comparez, vous voyez qu’à l’ouest, on est dans une chaleur assez sèche, alors qu’à l’est, où joueront les Bleus, on est en présence d’une chaleur humide, ça peut être handicapant, reprend Santi, créateur du compte SantiSignals sur X. Si on prend l’indice WBGT, qui associe les températures à l’humidité et à l’ensoleillement, oui la France est dans une zone rouge. »
Handicapant, d’autant que les Bleus, à la différence de nombreuses sélections, ont choisi d’arriver outre-Atlantique à seulement six jours de leur premier match du Mondial face au Sénégal. Pas franchement idéal pour s’adapter rapidement à des conditions extrêmes tout en encaissant le décalage horaire. « Pour moi, ça ne posera pas trop de problèmes, relève Eric Bedouet, ancien préparateur physique des Bleus, notamment lors de la Coupe du monde 2014 au Brésil. Il n’y a rien de compliqué, on est en présence de jeunes joueurs, au sommet de leur forme, en très très bonne santé. Si on vient avec beaucoup d’avance, ça fatigue aussi la chaleur. »
Les Bleus sauvés par les faibles trajets
Il suffit de voir le visage rose cochon de Declan Rice ces derniers jours pour voir que les Anglais, arrivés le 1er juin dans leur camp de base à Miami, ont déjà mis leurs corps à rude épreuve. « Ce n’est pas gênant d’arriver comme ça quelques jours avant, on enchaîne tout de suite, reprend Bedouet. D’être sur place longtemps avant, ce n’est pas simple. Je crois que les joueurs ont cette capacité à s’adapter à plein de situations. On leur apprend tout ça depuis qu’ils sont gamins. »
Santi, qui avait un temps expliqué que la France était l’équipe la plus pénalisée par ces conditions, a fait marche arrière en combinant les problématiques liées aux températures à celles de la moyenne d’âge de l’équipe et les distances de trajets entre les matchs. « Plus la moyenne d’âge est élevée, plus la chaleur et les voyages sont difficiles à encaisser », nous explique-t-il. Et, à ce petit jeu, les grands perdants sont l’Uruguay.
Notre dossier sur la Coupe du monde 2026« La chaleur est réelle, mais ça sera la seule chose à gérer pour l’équipe de France, indique notre analyste. Les joueurs sont jeunes, expérimentés, bien entraînés. Didier Deschamps a en plus déjà traversé ce genre de choses, je suis finalement assez confiant pour eux. »
Parmi les favoris, l’Argentine bénéficie des conditions les plus correctes, avec peu de gros déplacements et aura l’avantage de jouer deux matchs dans un stade climatisé, à Dallas. A l’inverse, l’Angleterre, elle, va devoir se fader près de 3.000 km dans les jambes, avec deux matchs dans la fournaise de New York et Boston en plein après-midi. Voir les Anglais souffrir, et si ce n’était pas ça, finalement, le bonheur ?


















