Strasbourg: Avec Lebo Mothiba après Martin Terrier, le Racing est-il le bon club pour exploser?

FOOTBALL Comme Martin Terrier, aussi arrivé du Losc un an plus tôt, l'attaquant Lebo Mothiba est très bien parti pour exploser à Strasbourg cette saison. Parce que le Racing a les structures idéales? Plutôt, oui...

Bruno Poussard

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Lebo Mothiba, buteur lors du match entre le Racing club de Strasbourg et Dijon (3-0).
Lebo Mothiba, buteur lors du match entre le Racing club de Strasbourg et Dijon (3-0). — E. Cegarra/Sipa.
  • Arrivé le 30 août à Strasbourg, l’attaquant Lebo Mothiba semble parfaitement réussir son intégration au Racing, où il a planté 5 fois en 7 matchs.
  • Débarqué de Lille comme Martin Terrier un an avant lui, et comme Baptiste Guillaume encore avant, le Sud-Africain est bien parti pour exploser.
  • Serait-ce parce que le Racing club de Strasbourg, son staff et son encadrement, ont le club idéal pour permettre aux jeunes d’exploser ?

Lebo Mothiba n’est arrivé que le 30 août à Strasbourg. Débarqué de Lille, l’attaquant de 22 ans s’est pourtant très vite adapté. Ses performances en attestent, du haut de ses cinq buts en sept matchs (dont trois seulement en titulaire). De quoi répondre, déjà, largement aux attentes du staff du Racing avant de se déplacer à Guingamp (samedi, 20h) où il devrait jouer malgré une gêne, mardi.

Sur les plans sportif et humain, Thierry Laurey, son coach est charmé. Par son efficacité, ses qualités, son sang-froid : « Il est toujours à bloc. A son âge, c’est extraordinaire d’être aussi pro que lui. » Régal, perle, crème, le technicien se perd dans les louanges. « Des mecs comme ça, je n’en ai pas vu des tonnes », ajoute-t-il. L’entraîneur alsacien n’est pas le seul à voir un exemple en Lebo Mothiba.

Repéré à 17 ans, le Sud-Africain a débarqué quelques mois plus tard au Losc. Où sa détermination a marqué Jean-Michel Vandamme, directeur du centre de formation : « Il a un tel mental qu’il est prêt à travailler la nuit. Il est farouchement constitué pour le haut-niveau. Et puis il y a sa gentillesse, son éducation. » Avant de terminer sur une punchline à laquelle Thierry Laurey a aussi pensé :

« Si j’avais une fille qui voulait se marier, j'aimerais qu’il soit mon gendre. »

Une explosion semblable à celles de Terrier ou Guillaume

Est-ce cependant suffisant pour expliquer son intégration express ? Ancien coéquipier à Valenciennes (où il a été prêté), Nuno Da Costa l’aide aussi beaucoup. Mais la confiance transmise par son staff n’y est pas pour rien. « Si on va le chercher, c’est parce qu’on a besoin de lui », répond Laurey. Sauf que Lebo Mothiba n’est pas le premier à prendre de l’ampleur à Strasbourg.

Avant lui, il y a eu Martin Terrier ou encore Baptiste Guillaume. « C’est un bon club pour exploser comme j’ai besoin de temps de jeu », confiait le premier à son arrivée en Alsace, en évoquant aussi son « feeling » avec le club. Depuis, l’attaquant est parti à Lyon. Son prédécesseur à Angers. Finalement, le Racing club de Strasbourg ne serait-il pas le tremplin parfait ?

Des relations humaines importantes pour le staff alsacien

« Ils sont en train de le démontrer, estime Jean-Michel Vandamme. Je ne connais qu’un peu leur entraîneur, mais avec sa gouaille, sa détermination, son engagement, sa volonté d’entreprendre, il y est pour beaucoup à mon avis. D’autant que Lebo a besoin d’une structure familiale pour être à l’aise. » Une attention trouvée à Strasbourg sans être chouchouté pour autant.

Réunions, discussions, écoute sont les petits trucs de coach Laurey. « Des choses simples dans la relation humaine à mettre en place avec tes joueurs, commente-t-il. Pas question de répondre à toutes les demandes mais de les mettre dans les meilleures dispositions. On veut que tout le monde existe individuellement dans le collectif. Avec des gens responsables. »

Un schéma d’aide à l’intégration adapté à chacun au Racing

« Même si vous n’êtes pas très gentil avec Lebo Mothiba, il s’adaptera, reprend le Lillois Vandamme. Si vous êtes exigeant et sympa, ça ira plus vite ! » Thierry Laurey cite aussi Lionel Carole, Stefan Mitrovic… « Notre rôle est d’intégrer tout le monde, quel que soit le statut, ajoute-t-il. On essaye d’avoir une trame puis on s’adapte. S’il est jeune, s’il a une famille, si sa femme veut travailler… »

Un travail d’accompagnement réalisé par l’encadrement du club, au-delà du staff. « Au niveau administratif, des gens s’occupent de les aider s’ils le demandent », décrit encore Laurey. L’entraîneur espère maintenant que sa recrue Mothiba restera aussi décisive. Il est prêt à lui rendre sa gentillesse : « S’il m’appelle à 3 heures du mat' parce qu’il est en panne de voiture, j’irai le chercher sans hésiter. »