Strasbourg-Monaco: «C'était long ces 20 minutes sans entendre le kop», mais le Racing a gagné (2-1)

FOOTBALL Outre la première de Thierry Henry avec l’AS Monaco et la victoire des joueurs de Thierry Laurey, une grève du kop s’est invitée à la Meinau. «Bizarre» mais pas assez pour empêcher Strasbourg de gagner (2-1)...

Bruno Poussard

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Pendant 20 minutes, les ultras du kop du Racing club de Strasbourg ont arrêté de chanter pour se faire entendre contre Monaco. Illustration
Pendant 20 minutes, les ultras du kop du Racing club de Strasbourg ont arrêté de chanter pour se faire entendre contre Monaco. Illustration — G. Varela / 20 Minutes
  • Outre la première de Thierry Henry sur le banc de Monaco et la victoire des hommes de Thierry Laurey, une grève du kop s’est invitée à la Meinau.
  • A l’issue de la victoire strasbourgeoise glanée dans ce contexte (2-1), plusieurs joueurs alsaciens se sont livrés sur le mouvement des ultras.

Au stade de la Meinau ce samedi, tous les regards étaient braqués sur lui. Pourtant, il n’y avait pas que Thierry Henry. A côté du banc de l’AS Monaco, il y avait aussi Thierry Laurey finalement vainqueur (2-1), sur celui du Racing club de Strasbourg, d’ailleurs provisoirement sixième de Ligue 1. En tribunes, il y avait aussi un public réputé bien décidé à se faire entendre.

Dans le cadre d’un week-end national de mobilisation contre la répression subie dans les tribunes françaises, le gros kop alsacien avait depuis un moment décidé (et annoncé) de faire la grève. Pas les plus touchés par les restrictions, les ultras strasbourgeois, solidaires, ont donc complètement arrêté de chanter du retour des vestiaires jusqu’à la 65e minute du match.

« Après tout ce qu’il nous donne, ça fait un peu bizarre »

Si les autres tribunes ont brièvement tenté de prendre le relais, la grève du kop a montré un visage inhabituel de la Meinau. « Après tout ce qu’il nous donne, ça fait un peu bizarre, réagit Anthony Gonçalves. C’était long ces minutes sans entendre le kop ! Mais derrière ils sont revenus, et de plus belle. » Focalisé sur son match et moins attentif, Nuno Da Costa confie tout de même : « Je préfère les entendre quand ils gueulent ! »

« Ils ont une cause, ils la défendent, et je respecte leur choix, embraye le milieu de terrain Gonçalves. Je trouve dommage que pour quelques abrutis, certains soient privés de déplacement. Nous, on a la chance à Strasbourg d’avoir du soutien à l’extérieur. C’est plus joli, un stade avec des supporters à l’extérieur, des chants. Après, ce sont peut-être des choses à régler entre eux pour gommer ce genre de personnes. »

« Ça m’emmerde qu’on interdise les déplacements des supporters »

« C’est mieux quand il y a le public qui pousse, mais que vous dire, c’est comme ça, complète l’entraîneur Thierry Laurey. Ça m’emmerde qu’on interdise les déplacements des supporters, mais si on les autorise et qu’ils se tapent sur la gueule sans cesse, je ne vois pas l’intérêt non plus. Malheureusement, il y a quelques gars qui sont un peu fondus et qui empêchent les autres de pouvoir assister aux matchs. »

« On a la chance d’avoir des supporters exemplaires et extraordinaires. Mais ils sont parfois punis par rapport à des comportements d’autres. Ça me dérange. Ce serait bien qu’il y ait une prise de conscience de certains groupes pour que les fans puissent se déplacer librement, de Paris à Marseille ou de Lyon à Saint-Etienne. C’est ça qui fait notre passion pour le football. S’il y a du monde ici, c’est parce que ça se passe bien à chaque fois. »

A la pause, le Racing menait 1-0 après un but de la tête d’Adrien Thomasson - bien aidé par le portier monégasque. A l’issue de ces 20 minutes silencieuses du kop, le Racing menait encore 1-0. Pour l’emporter 2-1, après un nouveau but de son remplaçant Lebo Mothiba, puis la réduction du score sur penalty de Youri Tielemans. Sur ses six derniers matchs, Strasbourg n’en a perdu qu’un seul.

« On voulait continuer la série à domicile [de trois victoires de suite, désormais], c’est chose faite, félicite Anthony Gonçalves. Donc oui, c’est une très bonne soirée. » Voilà le RCSA à la sixième place provisoire de la Ligue 1. Le milieu de terrain termine : « Ça fait plaisir, on est contents. » Les Alsaciens ne s’enflamment pas, pas le genre de la maison. Même s’ils pourront compter sur leur kop.