Rugby: «Prêtes» et «impatientes», Gaëlle Hermet et les Bleues défient la Nouvelle-Zélande

INTERVIEW Ce vendredi à Toulon, le XV de France de la capitaine Gaëlle Hermet et dispute le premier de ces deux test-matchs face à la Nouvelle-Zélande. Une équipe aussi dominatrice dans le rugby féminin que masculin…

Propos recueillis par Nicolas Stival

— 

Gaëlle Hermet, la capitaine du XV de France, lors d'un match du Tournoi des VI Nations face au pays de Galles à Colwyn Bay, le 16 mars 2018.
Gaëlle Hermet, la capitaine du XV de France, lors d'un match du Tournoi des VI Nations face au pays de Galles à Colwyn Bay, le 16 mars 2018. — P. Ellis / AFP
  • Les Bleues, qui ont réalisé le Grand Chelem en début d’année, n’ont jamais battu les Black Ferns en match officiel.
  • La Toulousaine Gaëlle Hermet compte sur ces deux test-matchs pour « s’étalonner », avec en point de mire la Coupe du monde 2021.

Les lauréates du dernier Tournoi des VI Nations, Grand Chelem à la clé, face aux championnes du monde en titre. Difficile de faire plus alléchant que ce France - Nouvelle-Zélande, affiche proposée ce vendredi au public du stade Mayol de Toulon, puis à celui du stade des Alpes de Grenoble, le 17 novembre.

A 22 ans, la troisième ligne du Stade Toulousain Gaëlle Hermet est la jeune capitaine d’une équipe au surnom raccord avec ses ambitions : « les Affamées ».

Il faudra un sacré appétit pour boulotter les Black Ferns (« Fougères noires » en VF), qui ont remporté cinq des sept Coupes du monde qu’elles ont disputées. En écrasant au passage trois fois les Françaises en demi-finale, en 2002 (30-0), 2006 (40-10) et 2010 (45-7).

Dans les archives, on trouve aussi l’antédiluvienne rouste reçue en septembre 1996 à Edmonton, au Canada (109-0), la plus lourde défaite de l’histoire des Bleues. Pas de quoi perturber Hermet, qui avait à peine trois mois à l’époque…

Qu’attendez-vous de cette double confrontation ?

Déjà, prendre beaucoup de plaisir. C’est pour cela que l’on pratique ce sport. Et forcément, réussir quelque chose contre la meilleure équipe du monde. Nous voulons savoir où nous en sommes. Depuis le dernier match du Tournoi des VI Nations au Pays de Galles (3-38, le 16 mars), nous n’avons pas rejoué ensemble. Il y a eu des stages, mais ça ne remplace pas les matchs. Nous sommes vraiment impatientes. Nous sommes prêtes.

Y a-t-il beaucoup d’écart entre les Néo-Zélandaises et vous ?

On le saura ce vendredi. Depuis 2010, il n’y a pas eu de rencontre entre les deux nations. Cela va être un moyen de s’étalonner. Car il y a des objectifs à court terme, avec ces deux test-matchs et le prochain Tournoi des VI Nations. Mais on garde aussi en tête la prochaine Coupe du monde, en 2021. L’équipe de France a fini troisième en 2017, comme en 2014. Nous visons un meilleur résultat.

Quelles sont les forces de ces Black Ferns, qui viennent d’atomiser les Etats-Unis à Chicago (67-6) ?

Ce sont des filles très techniques, mais aussi très denses, très dures à l’impact. Nous savons à quoi nous attendre.

Vous êtes capitaine depuis un an. Quel bilan tirez-vous ?

Beaucoup de choses positives. J’ai été épaulée par des joueuses de qualité et d’expérience, ainsi que par le staff. J’ai beaucoup appris, et j’ai pris confiance en moi, pour mener le groupe le plus haut possible.

Cette année, quatre Françaises sont nommées pour être la joueuse de l’année (Gaëlle Hermet, Pauline Bourdon, Safi N’Diaye, Jessy Trémoulière), contre une seule Néo-Zélandaise (Fiao’o Fa’amausili)…

C’est très valorisant pour le rugby féminin français. Il existe un engouement autour de notre sport depuis la Coupe du monde 2014, et même avant. Nous allons évoluer dans deux stades emblématiques du rugby français. On veut véhiculer un bon état d’esprit et prendre du plaisir, pour donner encore plus envie aux jeunes filles de jouer au rugby.

Qu’avez-vous ressenti lors de cette nomination ?

Une grande surprise ! Je ne m’y attendais pas. Mais, le principal, c’est qu’il y en ait une de nous quatre qui gagne (la lauréate sera connue le 25 novembre lors des World Rugby Awards, à Monaco).

Un dernier mot sur le début de saison avec le Stade Toulousain. Après la finale du championnat de France perdue au printemps contre Montpellier, l’objectif, c’est forcément le titre ?

On veut être championnes de France cette saison. Mais il va falloir se le gagner face à Montpellier qui voudra défendre son titre, et d’autres équipes. La phase aller s’est bien passée (le Stade Toulousain a tout gagné) mais il peut y avoir des surprises.