Rugby féminin: Pour grandir, le championnat de France voit double et passe à 16 équipes

REPRISE Le nouveau championnat de France d’Elite 1 débute ce week-end. Montpellier tentera de poursuivre son hégémonie de plus en plus contestée…

Nicolas Stival

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Les joueuses de Montpellier (ici lors de leur sacre de 2017) ont remporté cinq titres de champions de France sur six depuis 2013.
Les joueuses de Montpellier (ici lors de leur sacre de 2017) ont remporté cinq titres de champions de France sur six depuis 2013. — G. Gobet / AFP
  • Les 16 équipes seront réparties en deux poules de huit, avant des phases finales.
  • Derrière Montpellier, le Stade Toulousain, Blagnac, le LMRCV voire le Stade Français se veulent très ambitieux.

Côté masculin, le rugby français fait grise mine, avec une fonte du nombre de pratiquants. Mais chez les filles, ça va plutôt bien, merci. « Il y a plus de 20.000 licenciées », indique Céline Bourillot, vice-présidente de la FFR en charge du rugby féminin. Soit environ 6.000 de plus qu’avant la Coupe du monde 2014, à l’origine d’un engouement conforté par les bons résultats des équipes de France à XV et à VII.

Ce week-end débute le championnat d’Elite 1 féminine. Le successeur du Top 8 doit, selon la Fédération, contribuer à amplifier cette bonne vague. La compétition a doublé de volume, avec l’intégration de huit équipes d’Elite 2.

Les poules d'Elite 1 de rugby féminin en 2018-2019.
Les poules d'Elite 1 de rugby féminin en 2018-2019. - FFR

Place désormais à deux poules de huit, dont la logique n’est pas géographique, puisque les voisines du Stade Toulousain et de Blagnac sont séparées, par exemple. A l’issue de la phase régulière, huit formations viseront le titre, les huit autres tenteront d’éviter les deux places de reléguées.

« On a fait un système de serpentin pour ne pas que toutes les anciennes équipes du Top 8 se retrouvent ensemble, détaille Céline Bourillot. On a voulu faire deux poules de niveau équivalent. C’est tout nouveau, il faut laisser du temps. »

Finies, les demi-finales aller-retour

« Les poules ont été établies par rapport aux classements de la saison dernière, c’est une très bonne chose, juge Nicolas Tranier, manager de Blagnac, qui reste sur quatre demi-finales perdues de rang. Quant à nous, l’effectif a été modifié et rajeuni. On va d’abord viser une place dans les quatre premiers, et si possible dans les deux pour recevoir en quart de finale. »

Ensuite, finies les demi-finales aller-retour. Désormais, il s’agira d’un seul match sur terrain neutre, le 12 mai 2019, une semaine pile avant la finale.

Depuis 2013, la hiérarchie est claire : Montpellier a gagné cinq titres et a seulement lâché le Bouclier une fois, en 2016 face aux Nordistes du LMRCV. Cependant, au printemps, le Stade Toulousain a bien failli renverser les championnes héraultaises (défaite, 15-12).

« Il faudra faire mieux, c’est-à-dire être championnes », lâche Gaëlle Hermet, troisième ligne stadiste et capitaine du XV de France, avant la première journée, dimanche contre Bordeaux à Ernest-Wallon. Loin d’être gagné, car Montpellier, avec le retour de Gaëlle Mignot et l’arrivée des sœurs Ménager, toutes internationales, sera encore plus redoutable. « Le Stade Français arrive d’Elite 2 mais a fait un bon recrutement », ajoute Gaëlle Hermet.

« Globalement, cela fait quatre ans que j’évolue en première division et le niveau ne cesse de monter. Les filles sont de plus en plus préparées physiquement et techniquement. Le jeu va plus vite et les contacts sont plus rudes qu’avant. »

Mais toutes les équipes ne sont pas encore du même niveau, et certains observateurs redoutent un championnat à deux vitesses, et les scores fleuves qui vont avec. « Le premier bilan, on le fera à la mi-saison, temporise Nicolas Tranier. Il n’y a pas encore trop de visibilité, notamment par rapport aux équipes qui montent, dont certaines se sont bien renforcées. » « Je suis super optimiste », tranche Céline Bourillot

L’objectif avoué de la FFR est de mieux mailler le territoire et, si possible, de faciliter la répartition des internationales, qui n’auraient plus besoin de quitter leur région pour évoluer au plus haut niveau. En attendant, il reste le souci des joueuses de l’équipe de France à VII, très prises par le calendrier international.

Pour débuter ce samedi soir contre Rennes, Blagnac sera ainsi privé de trois de ses meilleurs éléments, Marjorie Mayans, Carla Neisen et Charlotte Torres. Pas de souci de doublons pendant le Tournoi des VI Nations en revanche, à la différence des hommes : le championnat, en pause, laissera la place à une Coupe de France obligatoire de rugby à 10.