Tournoi des VI Nations: 21 ans et déjà capitaine... Gaëlle Hermet, la nouvelle guide du XV de France
RUGBY•La jeune troisième ligne du Stade Toulousain attaque son premier Tournoi comme capitaine du XV de France samedi face à l’Irlande, à Ernest-Wallon…Nicolas Stival
L'essentiel
- Avec Gaëlle Hermet, c’est une nouvelle génération qui prend peu à peu les rênes en sélection.
- Leader naturel et polyglotte, elle doit mener le XV de France vers la victoire dans ce Tournoi des VI Nations, après la troisième place de 2017.
On écrirait bien « comme un symbole », si l’expression n’était pas un brin galvaudée. Mais tout de même. Samedi pour l’ouverture du Tournoi des VI Nations féminin, à Toulouse contre l’Irlande, la capitaine des Bleues sera Gaëlle Hermet (21 ans, huit sélections). La très expérimentée Gaëlle Mignot (30 ans, 68 sélections depuis 2010), longtemps porteuse du brassard, débutera quant à elle sur le banc.
La jeune troisième ligne du Stade Toulousain avait déjà occupé la fonction lors des tests de novembre. Mais Mignot était alors absente. « C’est un honneur, c’est très beau dans une carrière rugbystique, souligne Hermet, qui a commencé à jouer à onze ans à Carmaux, dans le Tarn. J’ai la chance d’être épaulée par des joueuses d’expérience et des leaders de jeu, notamment Gaëlle. »
A l’en croire, la Stadiste, également internationale à sept, mène plus ses troupes par l’exemple, façon Thierry Dusautoir, que par la parole, comme Morgan Parra. « Bavarde ? Non, je ne le suis pas vraiment, mais cela viendra peut-être avec le temps. »
L’étudiante en deuxième année d’ergothérapie n’a pourtant pas été choisie par hasard, comme l’indiquait l’entraîneur des Bleues Samuel Cherouk en novembre, sur le site de la FFR :
« « C’est une fille qui nous a fait très forte impression au stage de Font-Romeu avant la Coupe du monde [en Irlande, en août 2017], elle a été exemplaire alors qu’elle n’était pas retenue. Gaëlle a montré beaucoup de caractère, elle connaît aussi très bien la jeune génération pour avoir été leur capitaine [chez les moins de 20 ans]. Elle l’est très souvent dans son club et elle parle bien l’anglais, ce qui peut être utile à l’échelon international. Elle réunit vraiment tous les critères. » »
Six mois après avoir raté la Coupe du monde, voilà donc Hermet chargée de mener les Bleues à la victoire lors du Tournoi. Les Françaises espèrent profiter du calendrier favorable des années paires pour s’imposer, comme en 2014 (Grand Chelem en prime) et en 2016. Lors de cette édition, elles accueillent en effet l’Irlande mais aussi l’Angleterre, les deux principales nations rivales, qui avaient fini l’an dernier devant les Françaises, troisièmes.
« On a la chance de recevoir trois fois, cela nous met dans une tout autre ambiance, reconnaît Gaëlle Hermet. On va jouer dans des stades importants et emblématiques [Ernest-Wallon contre l’Irlande, Furiani contre l’Italie, stade des Alpes à Grenoble contre l’Angleterre], cela permettra de développer le rugby féminin en France. » Et de susciter des vocations, alors que les dérives physico-physiques des garçons (ainsi que les résultats de Guilhem Guirado et de ses coéquipiers…) ne constituent pas la meilleure pub pour la discipline.
« Depuis la Coupe du monde 2014 en France, le rugby bénéficie de plus de couverture médiatique, de plus en plus de gens viennent nous voir et s’intéressent à nous. Notre but, c’est de faire aimer ce sport aux jeunes filles. Nous pratiquons un jeu dynamique où l’on fait vivre le ballon et où l’on prend beaucoup de plaisir. Il y a des collisions bien sûr, mais le rugby féminin est plus dans l’évitement. On le compare souvent au rugby [masculin] des anciens temps. » »
Et le rugby masculin, Gaëlle Hermet connaît, puisque quasiment tous les hommes de la famille ont joué ou jouent, dont ses trois jeunes frères, actuellement à Castres et à Albi pour deux d’entre eux.


















