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La liste des streameurs invités au ZEvent crée le malaise

ZEvent : Pour le retour du marathon caritatif, la liste des invités crée le malaise

ExposésDes internautes reprochent à certains participants des propos racistes, transphobes ou d'avoir participé à du harcèlement
Xavier Regnier

Xavier Regnier

Edit du 26/08/2024 à 18h55 : Une première version de cet article laissait penser que certaines personnes nommées faisaient l’objet de poursuites judiciaires. L’article a été mis à jour pour préciser les faits reprochés par certains internautes.

Deux ans après « l’édition du flop », qui avait tout de même battu un record de dons, le marathon caritatif ZEvent est de retour ! Et après avoir sauté une année pour repenser le format, des petites modifications étaient attendues. Exit le grand raout du Twitch game à Montpellier, la liste des gros streameurs sur place est réduite à 36 noms qui se réuniront du 6 au 8 septembre, après un concert le jeudi 5 septembre au Zénith de Montpellier.

Mais la grande nouveauté est l’ouverture de l’évènement à 100 streameurs à distance, qui ne sont pas invités personnellement mais sélectionnés pour leur audimat. Après une période d’inscription pour les intéressés, les « 100 streams qui ont le plus d’heures vues sur les 365 derniers jours » ont été validés. « Aucun passe-droit ou invitation », claironne l’organisation. Sauf qu’à jouer les portes-ouvertes, l’évènement se retrouve avec des profils peu fréquentables sur sa liste, comme l’ont souligné plusieurs internautes.

Racisme, harcèlement et pédopornographie au menu

Parmi les participants, TheGreatReview est accusé par des internautes d’avoir plagié des vidéos anglophones dans ses propres créations, sans que ces faits aient entraîné des poursuites judiciaires. D’autres s’offusquent de la présence d’Aypierre, lui reprochant d’avoir provoqué du harcèlement en répondant à des comptes sur Twitter après les révélations sur les conditions de travail autour du serveur Minecraft QSMP. Là encore, les accusations de harcèlement n’ont pas été portées devant la justice.

Mais le cas le plus éloquent est celui de LaSainte. La streameuse, qui compte près de 38.000 followers sur Twitch, était autrefois connue sur Twitter sous le nom de LaChofaSympa. Plusieurs internautes lui prêtent des propos grossophobes et racistes. D’autres font remarquer qu’elle s’est aussi revendiquée du collectif d’extrême droite Némesis et s’est moquée des « assistés » en live, alors que le marathon caritatif est organisé cette année en faveur d’associations comme le Secours populaire. Une ancienne camarade de classe fait également mention de propos transphobes.

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La présence du streameur Zoltan a également provoqué l’émoi. Ce dernier est notamment dénoncé pour avoir incité au harcèlement d’une autre streameuse, qui témoigne avoir eu un retour de la modération de Twitch France reconnaissant que « Zoltan est un streamer borderline, et qu’il est très souvent à la limite du ban ». Dans une vidéo de réaction, le streameur assume avoir eu des propos virulents par le passé, mais dément avoir incité au harcèlement et assure s’être excusé auprès de la personne concernée.

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D’autres noms font grincer des dents, comme Farod, d’abord dénoncé pour un viol par une femme avant que celle-ci ne se rétracte. A travers des captures d’écran, des internautes accusent aussi le duo Catboat d’avoir permis l’hébergement de contenu pédopornographique sur le serveur Discord de sa communauté. « La modération du Catboat a fait preuve, au tout début de notre chaîne, d’une réelle négligence », reconnaissait déjà Solva, l’un des deux vidéastes, en février, tout en se défendant d’avoir lui même partagé ce type d’images. Aucune de ces affaires n’a fait l’objet de poursuites judiciaires.

Pas de « background check »

C’est peu dire que la consternation est forte dans les communautés habituellement impliquées dans l’évènement. « Si rien ne bouge, je ne vais pas donner à l’event », nous dit une internaute en privé. Par le passé, la présence de Sardoche, notamment accusé de tenir des propos misogynes, au ZEvent ou à la ZLan, autre évènement organisé par Zerator, avait déjà suscité le débat. Zerator s’était alors expliqué sur l’impossibilité d’exclure quelqu’un n’ayant pas été sanctionné, ni par Twitch ni par la justice.

Des internautes, des streameuses comme Nat’Ali à l’origine de Furax, un événement caritatif qui lutte contre des associations de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, ou même le collectif NousToutes, ont regretté qu’un « background check » n’ait pas été mené sur ces nouvelles inscriptions cette année. « Ne pas avoir de personne problématique parmi ses participant.es, ça implique de vérifier chaque candidature, et pas uniquement celles qui viennent sur place, écrit par exemple le mouvement NousToutes sur Twitter. On ne peut pas se baser que sur des chiffres, sans vérifier le contenu et les potentielles accusations. […] Il serait regrettable que [l’événement] soit à nouveau entaché par des attaques misogynes, racistes, lgbtophobes, validistes à l’encontre des participant.es. »