03:03
Stream : Le marathon caritatif Furax contre le cyberharcèlement relève le défi et récolte près de 150.000 euros
EVENEMENT•Du 5 au 7 avril, la deuxième édition de Furax invitait 40 à 50 streamers dans le but de collecter de l’argent pour l’association des Féministes contre le cyberharcèlementLina Fourneau
Edit du 8 avril 2024 : Mise à jour du montant remporté par Furax au dernier paragraphe
Week-end sous le signe du marathon. Ce ne sera pas seulement la course parisienne de 42 km, mais aussi l’événement caritatif Furax qui revient pour une deuxième édition. Du 5 au 7 avril, le collectif éponyme – désormais devenu une association – fondée par les streameuses Joul et Nat’Ali promet trois jours de streams intenses, mais surtout politiques. Son but ? Lutter contre les violences sexistes et sexuelles et le cyberharcèlement.
Pour celle nouvelle édition, tout devient un peu plus sérieux. L’association Furax n’est plus seule aux commandes et a été rejointe par Afrogameuses, une organisation créée en 2020 pour promouvoir plus de mixité et de diversité dans le secteur des jeux vidéo. Si les streameuses étaient déjà présentes dans la première édition, elles ont désormais une place majeure dans l’organisation de l’événement. « Cette année, Furax a voulu faire mieux que la première édition parce que la line up restait malgré tout trop peu diversifiée. Nous, nous intervenons surtout sur l’aspect inclusion et diversité, au-delà de l’organisation pure et dure », raconte Jennifer Lufau, cofondatrice d’Afrogameuses.
Encore aujourd’hui, les femmes streameuses restent souvent trop peu représentées dans le milieu et, quand elles le sont, risquent gros. Dès qu’une joueuse est invitée dans un événement du secteur, il n’est pas rare que sa présence soit suivie par une vague de cyberharcèlement, à l’image de celle qu’avait subie Manon Lanza lors du GP Explorer. « Faut les protéger et dire qu’on est de leur côté. Mais malheureusement, ce n’est pas toujours le parti pris des organisateurs de ces événements ».
Le phénomène est encore plus grave quand la femme est racisée, remarque Jennifer Lufau. « Le harcèlement raciste lui est passé sous silence, plus personne ne le mentionne ».
40 à 50 streameurs attendus
A quelques heures de l’ouverture de l’événement, le programme reste encore très secret. D’abord, pour éviter toutes formes de harcèlement prémédité, confirme l’association Afrogameuses. Mais aussi pour laisser quelques surprises. « Pour le moment, on sait qu’il y a des gros streams qui seront présents, mais aussi des petits. C’est aussi une manière de mettre en avant ceux qui commencent ou les personnes marginalisées et racisées », avance Jennifer Lufau qui se réjouit de la plus forte mobilisation des streameurs par rapport à la première édition. En tout, entre 40 et 50 streameurs sont attendus.
Lors de la première édition, l’événement avait réussi à collecter 57.000 € au profit de l’association Elle’s Imagine’nt. A l’approche du nouveau marathon, les spéculations vont bon train. Les organisatrices espèrent doubler la mise. « Cette année, on a vraiment redoublé d’effort, il y a eu un travail acharné depuis plusieurs mois », rappelle la coprésidente qui espère, elle, dépasser le seuil des 150.000 euros qui seront reversés cette fois à l’association des Féministes contre le cyberharcèlement, qui avait notamment lancé en 2016 le hashtag #TwitterAgainstWomen (Twitter contre les femmes).
Après un week-end mouvementé, l'évènement Furax a relevé le défi en récoltant près de 148.000 euros, soit le triple par rapport à sa première édition.



















