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Le casque audio Dyson Zone ne manque pas d’air (et d’allure ?)

Dyson Zone : Faudra-t-il vraiment porter ce casque audio qui filtre l’air en cas de pollution ?

AUDIOEtonnant, clivant, fascinant, effrayant… le casque Dyson Zone, qui vient de sortir et que « 20 Minutes » a pu tester, révèle malgré tout de vraies qualités sonores
Notre test de l'étonnant casque Dyson Zone
Christophe Séfrin

Christophe Séfrin

L'essentiel

  • Dévoilé en mars 2022, désormais commercialisé, le casque audio Dyson Zone avec ses filtres anti-pollution est un appareil à part et unique.
  • A l’essai, l’appareil, vendu à partir de 899 euros quand même se révèle être un excellent casque audio.
  • Outre son design, sa visière qui expulse de l’air filtré et assaini interroge sur notre capacité à nous déplacer avec un tel accoutrement, et sur l’éventuelle nécessité de nous en équiper dans un monde où l’air pur peut venir à manquer.

On aurait pu croire au coup de bluff. Avouons-le : lorsque Dyson nous a annoncé préparer un casque audio avec système de filtration d’air intégré en mars 2022, nous nous sommes dit que le fabricant souhaitait faire le buzz en surfant sur la vague Covid. Mais l’Anglais a tenu sa promesse. Son Dyson Zone vient de sortir. 20 Minutes a pu tester l’appareil, comme tout droit sorti d’un film de science-fiction.

Un excellent casque audio

OK. On balaye ici la question de la légitimité de la marque d’aspirateurs et de purificateurs d’air dans le monde de l’audio : Dyson a parfaitement réussi son coup. Aussi surprenant que cela puisse paraître, le Dyson Zone est un excellent casque audio, comme le révèle notre test. S’il est massif, lourd, deux fois plus lourd qu’un classique casque audio (595 g sans sa visière, 670 g avec), le fabricant a mis le paquet côté développement. 500 prototypes et 6 ans de R & D auraient été nécessaires, de la conception du Zone à son lancement !

Circum aural (il se pose par-dessus les oreilles), avec ses coussinets à mémoire de forme en cuir végan, son arceau métallique, ses coques en métal (qui renferment outre des haut-parleurs, des filtres pour purifier l’air), le design du Zone est unique. Il peut être clivant aussi. Mais dès qu’on le pose sur les oreilles, tout le monde tombe d’accord : sa restitution audio est parfaite. Elle surprend, même.

L'artiste Dadju, ambassadeur du casque Dyson Zone.
L'artiste Dadju, ambassadeur du casque Dyson Zone. - Dyson

Couvrant une large bande de fréquences (de 6 Hz et 21 kHz, il peut descendre très bas dans les graves et monter très haut dans les aigus), et sans distorsion, le casque Dyson propose une écoute puissante, équilibrée, suave sur des registres jazzy, pêchue pour le hip-hop, le rap, mordante et incisive pour le rock.

La musique classique a même ici droit de citer, avec une fine précision pour les répertoires les plus sensibles et délicats (nous nous sommes délectés des Sonates pour Violon Solo d’Eugène Ysaÿe par Hilary Hahn, chez Deutsche Grammophon). Du très bon son ! Du très bon son que l’on peut éventuellement customiser à travers l’égaliseur dans l’application MyDyson. Un modèle du genre elle aussi, qui analyse en plus le flux audio écouté et alerte en cas de dépassement du seuil d’écoute au-delà duquel on pourrait s’abîmer les tympans. Et qui permet de contrôler la réduction de bruit.

Active ou en mode Transparence (pour rester conscient des bruits environnants), elle est ici du niveau de ce que savent proposer Sony sur son casque WH-1000XM5 ou Bose sur ses écouteurs Quietcomfort Earbuds II. Efficacité quasi absolue ! Dyson a lesté son Zone de huit micros pour la réduction de bruit durant l’écoute musicale, et de trois pour les conversations en kit mains libres. Et l’on peut compter sur une autonomie de 50 heures d’écoute. Sans purification d’air.

Un système de filtration d’air qui déroute

Car s’il est un domaine ou Dyson est on ne peut plus légitime, c’est celui-ci : l’aspiration et la purification. Schématiquement, le constructeur a donc conçu des filtres (à remplacer tous les ans, selon son usage) logés dans les oreillettes. L’air ambiant est aspiré, filtré, puis extrait à travers une visière aimantée au casque, amovible, et éjecté devant le nez et la bouche.

A l’essai, c’est un léger flux d’air que l’on perçoit. Réglable sur trois niveaux d’intensité, selon que l’on est au repos, que l’on a une activité légère ou modérée, il reste toujours doux, agréable, avec une petite sensation de fraîcheur. Et le Dyson Zone purifie l’air à 99 % !

Le casque Dyson Zone dispose d'une visière amovible qui expulse l'air filtré vers le nez et la bouche.
Le casque Dyson Zone dispose d'une visière amovible qui expulse l'air filtré vers le nez et la bouche. - Dyson

Exit les particules fines (PM2.5 et PM10) et le dioxyde d’azote (le NO2, principalement issu du trafic routier). Impossible, évidemment, de vérifier l’efficacité réelle sur ce point du Dyson Zone. Il faut croire le constructeur sur parole. Par contre, lorsque la purification d’air est activée, on perçoit un très léger bruit de ventilation si l’on écoute de la musique à faible volume. Et l’autonomie du casque tombe de 50 heures à une à quatre heures d’écoute maximum. Ajoutons que lorsque la visière aimantée est en place, on ne voit que l’horizon. Impossible de regarder ses pieds. Et utiliser ainsi harnaché son smartphone comme on a l’habitude de le faire dans la rue peut devenir problématique…

Des innovations… et des questions !

Reste toutes les questions, bien légitimes, que l’on peut se poser sur cet équipement. Véritable prouesse technique, réussite incontestable en audio, innovation technologique intéressante, le casque Dyson Zone est avant-gardiste, mais peut aussi faire peur.

Pas sûr, d’abord, que l’on soit prêts à se promener avec l’appareil et sa visière en pleine rue. Passe encore sur le fait que le logo Dyson y apparaisse en gros (vous verriez-vous avec un casque audio estampillé Moulinex sur les oreilles ?), l’accoutrement a interpellé les passants que nous avons croisés. Sympa le look façon Daft Punk sur le retour, mais tout de même ! Il faudra, le moment venu, assumer ces regards. D’autant que Dyson n’a pas franchement fait dans la discrétion avec sa visière aux reflets métalliques.

Ensuite, on peut se demander si le port d’un tel accoutrement est justifié. Les épisodes de pollution récurrents dans les grandes villes, ou les séquences exceptionnelles comme le récent brouillard orange new-yorkais dû aux incendies au Québec invitent à y réfléchir. Selon Santé Publique France, les particules fines engendreraient chaque année le décès prématuré de 40.000 personnes en France. Un équipement pour se protéger aurait donc toute légitimité. Si l’application MyDyson révèle via le casque la qualité de l’air qui nous entoure, peut-on cependant imaginer qu’un tel équipement devienne à terme indispensable dans notre quotidien ?

Enfin, en vendant son casque à partir de 899 euros, Dyson place la barre très haut au niveau tarif. C’est 100 euros de plus que le casque audiophile Focal Bathys, qui, évidemment sans purification d’air, semble déjà inaccessible. Même avec l’artiste Dadju comme ambassadeur, pas certain que Dyson en vende des tonnes. Qui plus est auprès des jeunes. Mais en proposant ce qui est aussi un produit d’image, le fabricant aura su innover et prouver son savoir-faire.