Bathys : Le premier casque sans fil de Focal plonge le son hi-fi nomade dans une nouvelle dimension
AUDIO•Testé par « 20 Minutes », le premier casque sans fil à réduction de bruit du fabricant français Focal ne fait pas dans la demi-mesureChristophe Séfrin
L'essentiel
- Mondialement connue, la marque de hi-fi française Focal lance son premier casque nomade avec réduction de bruit.
- Nommé Bathys, il offre une expérience d’écoute pratiquement inégalée qui permet d’écouter vraiment la musique plutôt que de simplement l’entendre.
- Vendu 799 euros, il est très cher mais peut trouver sa place auprès des puristes, un marché en fort développement, selon le constructeur stéphanois.
Alors que les écouteurs True Wireless, comme les nouveaux AirPods Pro, s’imposent pour beaucoup comme des objets du désir, les casques audio n’ont pas dit leur dernier mot. Marque de hi-fi française emblématique, Focal lance Bathys, son premier casque sans fil à réduction de bruit. Vendu au prix d’un bon smartphone (799 euros), l’appareil est loin d’être donné, mais il se distingue à plus d’un titre, comme 20 Minutes a pu le constater lors de ses essais.
La hi-fi en nomadisme se développe
C’est un fait : le casque Bathys arrive un peu tard sur un terrain déjà balisé par Apple et son casque AirPods Max, mais aussi Denon et son AH-D7200, ou Audio Technica et son ATH-AD2000x. « Il y a marché qui est énorme sur le haut de gamme », explique Mégane Montabonel, chef produit chez Focal. Qui constate : « celui du casque pour la maison reste un marché de niche, très ciblé audiophile, mais de plus en plus de consommateurs recherchent des produits nomades à forte valeur ajoutée ». C’est dans cet univers que Bathys et ses haut-parleurs en alliage d’aluminium fabriqué en France veut affirmer ses ambitions et jouer sa partition.
Un peu lourd, mais confortable
Livré dans un coffret de transport rigide et assez peu épais (pratique pour le glisser dans un sac à dos), Bathys rappelle un peu par son esthétique Stellia, son aîné filaire. Assez imposant, pesant 368 grammes (contre 384 grammes pour les AirPods Max), non pliable (ses coques ne se rabattent pas sous son arceau), il a fière allure avec sa finition en nid d’abeille qui le distingue d’entre tous.
S’il n’est pas léger, il reste très agréable à porter, et offre un véritable confort d’usage. Répartis sur chacune des coques, ses boutons de commandes physiques sont d’un accès intuitif. Une application (Focal & nain) offre accès à un égaliseur à cinq bandes, mais aussi aux commandes de réduction de bruit : Transparent, Niveau Faible et Silencieux.
Signature imposée
Etrangement, seuls deux préréglages audio sont accessibles : Maison et Loudness. « On a essayé beaucoup de choses ; les modes Rock, Pop… de la concurrence ne nous parlent pas beaucoup. Cela dénature un peu le son. On part du principe que notre signature passe avec tous les styles de musique », justifie Mégane Montabonel, chez Focal. Il ne faudra donc pas hésiter à jouer sur les courbes de fréquences pour personnaliser Bathys dont l’écoute s’avère naturellement très basseuse et charnue.
Subtilités révélées
Mais elle est surtout très riche, précise. La surprise vient de la largeur de la scène sonore que ce casque est capable d’offrir, avec une reproduction à la stéréo très ouverte, qui laisse toute sa place aux instruments, jusqu’à révéler les subtilités de plages musicales qu’un casque plus classique serait bien en peine de partager. Les amateurs de jazz ou de classique risquent de redécouvrir la vraie saveur de certains morceaux.
Nous concernant, le Don’t Let Me Be Misunderstood de Nina Simone, ou le violon de Hilary Hahn revisitant le Lento assai de Pablo de Sarasate nous a laissés béats. Quant aux répertoires contemporains, le choc est à l’encan. L’écoute de Return of the Dream Canteen, le nouvel album des Red Hot Chili Peppers, a été une grosse claque, tant par la puissance déployée par le casque Bathys que la précision des riffs de guitare endiablée, le martelé de la batterie et toutes les nuances de la voix du chanteur Anthony Kiedis. Nostalgiques de nos années disco, on s’est même fait un petit plaisir en poussant le volume au max sur la reprise 2022 du Supernature de Cerrone. Les haut-parleurs du casque se révèlent extrêmement dynamiques, mais précis.
Un DAC pour les puristes
Pour les puristes, Focal est allé jusqu’à glisser un DAC dans son casque. « Il en allait de la crédibilité du casque en hi-fi », explique la chef de produit Mégane Montabonel. A l’entendre, Focal voulait aller bien plus loin qu’un casque pour uniquement écouter de la musique compressée sur son smartphone… surtout à ce prix («ce serait dommage, dixit la chef de produit). Branché en filaire sur une source audio avec le câble USB fourni, Bathys permet donc d’aller encore plus loin dans la quête de qualité avec son convertisseur numérique/analogique intégré qui va encore booster l’écoute.
Quant à la réduction de bruit active, Focal (qui avoue ne pas être expert en la matière) ne démérite pas. Certes, le système proposé n’égale pas celui de Sony sur son casque WH-1000XM5, mais l’isolation proposée par le casque français, qui intègre six micros dédiés (plus deux pour les appels téléphoniques), est vraiment d’un bon niveau. Et cette réduction de bruit n’altère pas l’autonomie du Bathys, qui est de 30 heures lorsqu’elle est activée. Un très bon score.
Bien sûr, avec son tarif à 799 euros, le casque Bathys de Focal restera hors d’atteinte pour beaucoup. Ceux qui auront la chance de pouvoir se l’offrir découvriront avec lui, comme nous l’avons fait, un casque un peu hybride, percutant en mobilité par une qualité et une puissance d’écoute difficile à retrouver sur le marché. Mais aussi extrêmement séduisant à la maison pour non plus simplement entendre de la musique, mais l’écouter vraiment.


















