« On a fait un break professionnel avec mon père », assure Caroline Garcia

TENNIS La Française, désormais 57e joueuse mondiale, s’entraîne avec l’Espagnol Gabriel Urpi

Propos recueillis par Thibaut Gagnepain
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Comme à Parme, Caroline Garcia avait le sourire à Strasbourg.
Comme à Parme, Caroline Garcia avait le sourire à Strasbourg. — Rob Prange//SIPA
  • Caroline Garcia a été éliminée du tournoi de Strasbourg mercredi, battue par la Tchèque Barbora Krejčíková en trois sets.
  • Malgré cette défaite, la Française avait le sourire. Pour cause, elle avait été soutenue par un public chaud bouillant.
  • Elle est aussi revenue sur sa nouvelle association avec le coach Gabriel Urpi, qui a remplacé son père et entraîneur de toujours.

Une défaite mais des sourires. Caroline Garcia a été éliminée mercredi du tournoi de Strasbourg sous l’ovation du public. Surtout d’une petite bande de lycéens à qui elle avait noué une relation particulière. Jusqu’à leur offrir des places… La Française, désormais 57e joueuse mondiale, raconte cet épisode inattendu et revient aussi sur son actualité récente. Marquée par sa séparation avec son père, son entraîneur historique.

Que s’est-il passé exactement avec cette petite horde de supporters qui vous a poussé pendant tout le match ?

« Lors de mon premier match lundi, ils étaient là par eux-mêmes. J’étais agréablement surpris de voir un fan-club pareil. C’était un des premiers matchs avec du public et j’en ai énormément profité, c’était super. Après, j’ai reçu un message su Instagram où ils m’ont dit qu’il n’y avait plus de place. Je leur en mis quelques unes à disposition pour qu’ils puissent profiter. Moi aussi ça m’a fait énormément de bien de jouer avec du public. Ils étaient un peu chauds et avaient l’air content. Ça a mis une bonne ambiance et donné de la bonne humeur à tout le monde. »

Malgré votre élimination dès votre deuxième match ici, avez-vous pu bien travailler en Alsace ?

Le match contre Krejčíková (mercredi, défaite 3-6, 6-2, 6-1) était intéressant et positif car elle fait un très bon début de saison. Mon premier set a été solide. Dans les deux suivants, il faut que je continue à améliorer mon service. Avec mes problèmes de genoux, je n’ai pas servi pendant un moment. Je manque encore de rythme et d’endurance pour être performante à ce niveau et ça me coûte des points. Il y a du positif sur lequel je peux m’appuyer.

Début mai, vous avez annoncé ne plus collaborer avec votre père Louis-Paul. Comment ça se passe avec votre nouvel entraîneur, Gabriel Urpi ?

Bien ! Je le connais depuis très longtemps maintenant (en équipe de France de Fed Cup) donc je savais à quoi m’attendre. C’était vraiment intéressant d’être ensemble à Rome et Parme. Il a un discours différent de celui que j’ai eu l’habitude d’entendre. On parle beaucoup de la tactique sur le court, de la gestion du match, etc. Cela se voit qu’il a énormément d’expérience avec différentes joueuses et joueurs. C’est quelqu’un avec qui je me sens bien, en confiance. On a pu bien travailler aussi entre les matchs et les tournois. Le physique tient bien aussi, je me sens de plus en plus rapide sur le court.

Est-il en train de modifier votre jeu ?

Non. Je serai toujours une joueuse agressive. Après, on travaille sur des évolutions de façon à ce que je maîtrise mieux mes trajectoires, que je joue plus juste tactiquement, ou sur mon placement et mes adversaires. Je travaille aussi dans l’idée d’avoir un plan B pendant les matchs. J’en avais déjà un mais je n’avais pas assez confiance pour l’utiliser et m’adapter en fonction du scénario de la partie. Mais on ne révolutionne pas mon jeu.

Quelle est désormais votre relation avec votre père ?

Il n’est pas avec moi sur les tournois. On a fait un break professionnel, ça veut dire ce que ça veut dire. Mais c’est mon père, il me souhaite le meilleur, on se parle, on prend des nouvelles mais ça reste personnel.

Quel est votre objectif à court terme ? Pensez-vous pouvoir revenir un jour dans le Top 10 mondial ?

Tout est envisageable. Si on connaît le tennis, on sait que passer de 50 à 10, ça va être compliqué mais c’est une vision à plus ou moins long terme.