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« Je savais que cette figure me ferait gagner », savoure Tess Ledeux

Ski acrobatique : « Je me suis fait très peur, mais je savais que cette figure me ferait gagner », confie Tess Ledeux

INTERVIEWLa skieuse acrobatique française, Tess Ledeux, se confie à 20 Minutes après son titre de championne du Monde de Big Air remporté ce week-end en Géorgie
Adrien Max

Adrien Max

L'essentiel

  • La skieuse acrobatique de 21 ans, Tess Ledeux, a remporté le titre de championne du Monde de Big Air en Géorgie dimanche.
  • La Française a fait forte impression avec un "switch double cork 1260 mute grab" une figure qui lui avait valu une chute en slopestyle deux jours avant son titre.
  • Elle se confie à 20 Minutes sur cette saison marquée par les chutes, mais récompensée d’un titre mondial.

Une résilience incroyable qui, quatre jours après une lourde chute, lui a permis de remporter le titre de championne du Monde de Big Air. La skieuse acrobatique française, Tess Ledeux, a remporté son troisième titre mondial à 21 ans seulement. Elle se confie à 20 Minutes sur une saison par comme les autres, couronnée par ce titre mondial, l’un de ses objectifs de l’année.

Vous venez de gagner votre troisième titre mondial, quel est votre ressenti deux jours après ?

Je crois que je commence à réaliser petit à petit. On est rentré hier, on a passé deux semaines très intenses et riches en émotions. Aujourd’hui je suis surtout très fatiguée, je pense que j’ai toute la redescente. Mais c’est assez fou et je prends le temps de regarder et de lire tous les messages qu’on m’a écrits. Je suis encore un peu sur mon petit nuage, je pense.

Vous gagnez grâce à une figure qui vous a coûté une lourde chute quatre jours avant, ou va-t-on chercher ce grain de folie ? Comment dompter la peur ?

Je crois que c’est l’envie de la victoire. Oui je me suis fait très peur, mais je savais que c’était une figure qui allait me permettre de gagner et je n’avais pas d’autres options ce jour-là. Je savais aussi que c’est une figure que je maîtrisais. Je suis tombée en slopestyle parce que j’ai eu un problème de vitesse, le vent s’est levé c’est pour ça que je suis tombée, mais je n’avais pas fait d’erreurs techniques. Je savais que techniquement je la maîtrisais, qu’il fallait juste que je sois très concentrée sur les autres paramètres, mais que ça allait le faire.

Il y a cette chute, une commotion cérébrale en début de saison, vous estimez avoir fait preuve d’une résilience hors du commun ?

C’est vrai que c’est une saison très particulière. Mais je pense que toute les saisons post Jeux olympiques sont toujours spéciales. Je me suis fait pas mal de grosses frayeurs, c’est vrai que ma commotion cérébrale en octobre ne m’a pas mise en confiance pour attaquer la saison. Mais j’ai essayé de garder espoir tout au long de la saison, et de me dire que ça allait bien se terminer, que j’allais réussir à remonter la pente, j’y ai cru jusqu’au bout. Et c’est ce qui m’a permis de décrocher ce titre. C’était difficile parce qu’après chaque petit échec, chaque chute, chaque compétition qui ne s’est pas bien passée, j’avais du mal à me reprojeter, ça me prenait quelques jours à relativiser, et me dire que je pouvais me rattraper.

Pouvez vous nous décrire ce qu’est un « switch double cork 1260 mute grab », et la difficulté de cette figure ?

Alors, on part en arrière, on arrive sur le saut dos à la pente, ensuite je passe deux fois la tête en bas, et je fais trois tours et demi sur moi-même avant de replaquer face à la pente. Pour moi en tout cas, il faut vraiment que je me concentre sur la sortie du saut, il ne faut pas que je me précipite parce que la sortie, le déclenchement du saut, c’est la clé de la réussite de la figure Je fais beaucoup de visualisations, après on les a tellement répétées à l’entraînement ces figures, dès qu’on arrive sur le saut c’est presque instinctif.

Est-ce que vous travaillez sur de nouvelles figures ou plus sur la consolidation de celles déjà réalisées ?

J’essaye de toujours travailler des nouvelles figures et de consolider celles que j’ai déjà. A ce stade de la saison je ne sais pas encore ce que sont les projets de l’hiver prochain en termes de figures parce qu’on n’a pas encore attaqué le travail technique, qu’on fait plutôt l’été. Oui je rêve de nouveauté, j’ai envie de faire de nouvelles choses et d’aller plus loin, mais je ne sais pas encore ce que ce sera.

Vous semblez plus à l’aise sur le big air que sur le slopstyle, quelle est la différence ?

Non pas spécialement, en tout cas je me concentre autant sur les deux disciplines, il y a des saisons qui marchent bien en slopestyle, des fois mieux en big air. On fait un sport très aléatoire, il y a beaucoup d’éléments extérieurs qui rentrent en jeu, comme la météo. Il y a une petite part de chance je pense, et la grosse différence c’est qu’en slopestyle il y a six modules, un seul en big air. Donc dans le slopestyle tu as six fois plus de chances de te louper. Je pense que c’est encore plus aléatoire, et donc techniquement un peu plus dur.

Est-ce que ce titre marque la fin de votre saison ?

Il me reste deux étapes de Coupe du monde, dont la grande finale dans trois semaines. Je ne suis pas très bien partie pour le globe, il faudrait que je gagne les deux dernières étapes pour le remporter, ce n’est pas perdu mais il va me falloir beaucoup de chance. Je n’ai plus le droit à l’erreur. Mais le gros objectif de la saison c’était les Championnats du Monde, maintenant je vais pouvoir aborder ces deux manches plus sereinement.

Quels sont vos prochains objectifs ?

Continuer sur cette lancée, bien sûr il me manque une médaille d’or olympique, ça fait rêver. Mais après c’est encore dans longtemps, je ne me projette pas aussi loin. Mais ce serait un bel aboutissement pour ma carrière.

Comment vous les fixez-vous ? Plutôt à long terme avec les JO 2026 ou plus à court terme ?

J’ai du mal à me projeter plus loin que la prochaine saison et je crois que c’est un peu ma force, je prends saison après saison et je pense que ça me fait un peu peur de me projeter plus loin.