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France - Italie : « On voulait se mettre au niveau pour la suite », les Bleus sortent le match parfait avant les quarts
rugby•L’équipe de France a réalisé un match plein face à l’Italie, marchepied idéal vers ce qui l’attend en quart de finaleNicolas Camus
L'essentiel
- Le XV de France a largement battu l’Italie (60-7) vendredi soir pour son dernier match de poule dans cette Coupe du monde.
- Les Bleus ont asphyxié leurs adversaires dès l’entame et ne les ont jamais lâchés ensuite, avec cette envie de poursuivre leur montée en puissance avant le début de la phase finale.
- Cette prestation collective aboutie a insufflé une indéniable dose de confiance dans le groupe, qui se sent armé pour l’immense match qui l’attend en quart de finale.
De notre envoyé spécial à Lyon,
On dit souvent que l’attente décuple le plaisir. Ces deux interminables semaines de coupure depuis la Namibie valaient le coup, finalement. On a retrouvé l’équipe de France avec un jus pas possible, vendredi soir à Lyon, où elle n’a fait qu’une bouchée des pauvres Italiens. Les Bleus ont imprimé un rythme d’enfer, récité leur jeu avec un sérieux et une minutie d’horlogers suisses, pour finalement délivrer une prestation parfaite. De notre point de vue en tout cas.
« Parfaite, je ne sais pas, en tout cas on est très contents de notre match, relève Thomas Ramos. On savait que les 15 premières minutes allaient dicter la suite du match. On avait regardé ce qu’avaient fait les Blacks face à eux, ils avaient beaucoup tenu le ballon au début et leur avaient fait mal. On s’était dit que ce serait bien de s’en inspirer. La première séquence nous permet de bien entrer dans le match, et ensuite on a déroulé. »
Ce premier essai de Damian Penaud dès la 2e minute, au terme d’une séquence à plus de 10 temps de jeu, a en effet donné le ton. Les Bleus ont planté la tente dans le camp des Italiens, les ont martyrisés dans les rucks, concassés en mêlées, survolés en touches. « On a su mettre notre jeu en place avec le 8 de devant, on leur a fait mal et derrière on a pu jouer avec les gazelles qu’on a », apprécie Maxime Lucu.
Le demi de mêlée a pris du plaisir à mettre tout ça en musique, regardant de près Ramos, Bielle-Biarrey puis Penaud encore plier le match avant même la mi-temps. Celui qui parle le mieux de cette machine à broyer bleue est peut-être Michele Lamaro, le capitaine d’en face : « Leurs avants sont très puissants. C’est vraiment simple : tu es absorbé par les avants adverses, et les espaces s’ouvrent à l’extérieur. C’est dur à accepter mais c’est simple à comprendre. »
Du jeu, du jeu, du jeu
Au final, six des huit essais inscrits l’ont été après de longues phases de possession, ce que l’on avait peu vu chez ce XV de France ces derniers mois. « On sait que notre force est plutôt notre grosse défense et notre capacité à marquer sur des ballons de récupération. Mais sur la préparation et depuis le début de la Coupe du monde, on travaille aussi sur notre façon de tenir le ballon, sur des séquences longues, où on étouffe notre adversaire avec beaucoup d’intensité, explique Matthieu Jalibert. On est très contents d’avoir su mettre tout ça en place. »
Le remplaçant de Romain Ntamack au poste d’ouvreur titulaire se complaît dans ce jeu d’attaque, où il peut laisser libre cours à ses inspirations. « Il arrive bien à s’exprimer quand on est dans l’avancée comme ça, note son partenaire en club Louis Bielle-Biarrey. C’est un des meilleurs du monde quand il y a des espaces comme ça. »
« Il fallait un temps d’adaptation avec Matthieu mais là on y est, on est rodés », assure Thibaud Flament. Même si la chanson ne sera plus la même à partir des quarts et que Fabien Galthié a répété que son équipe était là pour gagner et « pas pour faire des démonstrations et rendre des copies propres », ça a tout de même plus de gueule comme ça. Et accessoirement, ça pourra être utile d’avoir quelques lancements de jeu bien identifiés et maîtrisés quand l’étau va se resserrer.
Alors oui, on pourra toujours mettre des bémols, et dire que l’Italie était encore marquée par la déculottée infligée la semaine passée par les All Blacks. Mais comme on nous avait vendu un sursaut d’orgueil et qu’en plus l’histoire récente des Bleus contre leurs voisins n’était pas vraiment emballante, on a bien le droit de dire que ce récital est bien plus parlant que le cavalier seul face à la Namibie. Le fait d’avoir réalisé le plus gros score de l’histoire contre cet adversaire n’est pas si anecdotique. « C’est le résultat de notre travail et notre implication, défend le capitaine Charles Ollivon. On voulait être sérieux, faire les choses dans l’ordre et être "frontal" sur 80 minutes. On sait ce qui va arriver ensuite alors on voulait se mettre au niveau pour ça. »
« Déterminés »
Car c’est bien de ça dont il s’agit, dans le fond. Si les joueurs parlaient cette semaine de ce match contre l’Italie comme d’un « 8e de finale », ce n’était pas tant pour la crainte de se faire sortir que de la nécessité de monter encore le curseur d’un cran. « On a envoyé du jeu et tenu 80 minutes avec une haute intensité, je pense que c’est bon pour la semaine prochaine », dit Jalibert.
Les quinze titulaires comme les sept remplaçants entrés en cours de match ont affiché une forme du tonnerre, confirmant les données records enregistrées les jours précédant à l’entraînement. « On était très bien physiquement ce soir [vendredi soir], c’est important de se sentir comme ça, rapporte Ramos. Maintenant on est déterminés, la phase de poule est terminée, on a vraiment hâte d’entamer pour de bon ces phases finales. »
NOTRE DOSSIER XV DE FRANCECette prestation collective aboutie a encore insufflé une dose de confiance dans le réacteur des Bleus. « On essaie d’être le plus solidaire possible. Il faut retenir l’état d’esprit qui va nous aider pour la suite », prêche Cyril Baille. Ce sera la base de l’immense combat qui s’annonce en fin de semaine prochaine.


















