VIDEO. UBB-Lyon : « Les gens se reconnaissent dans l’équipe », l’Union Bordeaux-Bègles attire de nouveau les foules

RUGBY Le choc du Top 14 se jouera ce samedi (15h30) à guichets fermés au stade Chaban-Delmas

Clément Carpentier

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Les tribunes de Chaban-Delmas sont de nouveau pleines cette saison pour l'UBB.
Les tribunes de Chaban-Delmas sont de nouveau pleines cette saison pour l'UBB. — Daniel Vaquero/SIPA
  • L’Union Bordeaux-Bègles peut reprendre la tête du Top 14 en cas de victoire contre Lyon ce samedi (15h30).
  • Pour cette affiche, le stade Chaban-Delmas affichera complet pour la première fois depuis cinq ans.
  • L’équipe de Christophe Urios attire de nouveau grâce à des résultats sportifs historiques et un jeu spectaculaire.

Des paroles et des actes. Christophe Urios aurait sûrement fait un très bon invité de l’ancienne émission de France 2. Quand le manager de l’Union Bordeaux-Bègles dit quelque chose, c’est très souvent suivi d’effets.

Depuis sa prise de fonction l’été dernier, Christophe Urios répète à qui veut l’entendre (et surtout aux journalistes) que son objectif numéro 1 cette saison, c’est « de reconquérir le cœur de nos supporters ». Seulement six mois après son arrivée en Gironde, l’UBB va défier ce samedi (15h30) le leader du Top 14, le LOU, dans un stade Chaban-Delmas à guichets fermés (34.000 spectateurs). Une première depuis plus de cinq ans.

Une érosion lente mais réelle

La dernière fois, c’était le 8 novembre 2017 à l’occasion de la réception du Stade Toulousain. A l’époque, les Bordelo-Bèglais enchaînent les grosses affluences grâce à des résultats sportifs toujours meilleurs depuis leur remontée en 2011, et un jeu très spectaculaire. Lors de la saison 2015-2016, le club atteint même la barre des 25.000 spectateurs de moyenne. L’UBB empoche le titre de premier public d’Europe à plusieurs reprises.

Mais depuis quelques années, l’érosion se faisait sentir en tribune, lente mais réelle comme le montre l’affluence moyenne des deux dernières saisons : 22.000 de moyenne en 2017-2018, 20.500 en 2018-2019. Des résultats décevants, des managers qui se succèdent, un jeu devenu presque ennuyeux, un stade qui siffle… La rupture fut même proche entre l’Union Bordeaux-Bègles et ses supporters en fin de saison dernière avec une nouvelle non qualification pour les phases finales. Alors est-ce inespéré pour le président Laurent Marti de revoir Chaban-Delmas plein à craquer aussi vite ?

Non parce qu’on sait depuis plusieurs saisons qu’on a fidélisé un public nombreux. Le meilleur de France depuis six ans. Après c’est vrai qu’il nous manquait une très grosse affluence comme ça (hors record au Matmut Atlantique contre La Rochelle en décembre dernier). Mais on sait que ce public n’est jamais loin.

Et il a très vite retrouvé le chemin sous l’impulsion de résultats sportifs historiques pour le club (deuxième du championnat) avec en prime un 10 sur 10 à domicile depuis le début de la saison toutes compétitions confondues.

Les résultats mais surtout la manière

Pour Laurent Marti, il y a plus important que ça aujourd’hui, c’est « la manière » : « Ça, c’est un truc que j’avais dit à Christophe [Urios] quand il est arrivé. Ici, il n’y a pas que le résultat qui compte, les gens veulent voir aussi du jeu. » Le Bordelais est exigeant. Très exigeant. Et l’ancien entraîneur castrais l’avait bien compris avant même de débarquer tout en sachant dans un coin de sa tête que son effectif ne manquerait pas de talents (Jalibert, Radradra, Cordero…). Alors comme il l’a dit un jour à son président : « Les Ferrari, ça ne se laisse pas au garage ! »

Depuis le début de saison, elles mènent grand train sur la pelouse de Chaban-Delmas avec une moyenne de 33 points inscrits par match. De quoi donner le sourire à leur manager : « Oui l’objectif est en partie atteint car il y a du monde au stade et qu’il y a une vraie émulation autour du club parce que les gens se reconnaissant dans l’équipe. »

« On sait très bien que dans cette ville dès qu’il y a des résultats, les gens viennent », explique Nicolas Bessellere, le coprésident des United BB, l’un des quatre groupes de supporters de l’UBB. Celui qui a doublé son nombre d’adhérents cette saison met aussi en avant le rôle d’Urios dans ce renouveau avec par exemple l’organisation de rencontres avec les supporters tout au long de l’année. Une vraie nouveauté.

Semi Radradra assure très souvent le show au stade Chaban-Delmas cette saison.
Semi Radradra assure très souvent le show au stade Chaban-Delmas cette saison. - Daniel Vaquero/SIPA

Toujours bon pour les finances du club

Ce retour de la foule est aussi une excellente nouvelle pour les finances. Un peu dans le rouge en fin de saison dernière, l’UBB sera sûrement toujours déficitaire cette année mais la billetterie pourrait aider à se rapprocher plus vite de l’équilibre : « La saison dernière, ça représentait 15 % du budget global. Si on retrouve notre moyenne d’il y a quatre ans, ça nous aidera. Après on ne fait pas non plus des chiffres de fou car on a une politique de prix qui est l’une des plus basse du Top 14. Cinq euros en virage (sept pour les matchs de gala), j’y tiens », rappelle Laurent Marti.

Un président qui espère surtout avancer sur un autre projet. Pour lui, il « manque dans ce stade un grand espace partenaire ». Il souhaite construire une grande salle de réception vitrée en haut de l’un des deux virages. Un « vrai besoin » alors que les partenaires représentent 45 % du budget du club.

Laurent Marti, le président de l'UBB, a retrouvé le sourire cette saison.
Laurent Marti, le président de l'UBB, a retrouvé le sourire cette saison. - Daniel Vaquero/SIPA

En attendant comme les 34.000 spectateurs, Laurent Marti espère voir son équipe s’imposer samedi face au LOU et reprendre par la même occasion la première place du Top 14. Et pour ça, il faudra des actes. Il peut compter sur Christophe Urios sur ce point : « Ça reste fragile [ce retour du public]. Franchement, c’est top mais rien n’est acté ! »