UBB-Le Rochelle : En bon vigneron, Rémi Lamerat se bonifie avec le temps à Bordeaux
RUGBY•L’international français de l’UBB n’est pas qu’un joueur de rugby mais aussi un futur vigneronClément Carpentier
L'essentiel
- L’UBB de Rémi Lamerat va défier La Rochelle ce dimanche (16h50) au stade Matmut Atlantique.
- Passionné de vin, le centre international vient d’obtenir en deux ans son BTSA Viticulture/Œnologie.
- Avant de produire son propre vin dans quelques années, le Girondin apporte pour l’instant toute sa puissance et son expérience à son nouveau club depuis le début de la saison.
Ce dimanche (à 16h50), Rémi Lamerat sera bien au Matmut Atlantique avec le maillot bordelais sur les épaules pour UBB-La Rochelle et non au milieu des vignes avec le sécateur à la main. Mais, ça ne saurait tarder ! Le centre de l’Union Bordeaux-Bègles n’est en effet pas seulement un très bon joueur de rugby, c’est aussi un futur viticulteur ! Il vient même d’obtenir son diplôme, un BTSA (brevet de technicien supérieur agricole) viticulture/oenologie.
Une réussite qu’il a partagée début octobre sur les réseaux sociaux comme un jeune étudiant : « Diplôme en poche. Un bon premier pas vers ma reconversion ! Merci à tous ceux qui m’ont précieusement aidé de près ou de loin à réussir ce double cursus. » Celui qui a l’habitude de faire le tour du terrain à chaque entraînement pour saluer un par un les supporters prépare déjà la suite. Et son retour dans le Bordelais à l’UBB n’y est pas anodin…
Un retour aux sources et à la terre
Originaire de Sainte-Foy-la-Grande en Gironde, Rémi Lamerat est de retour auprès des siens d’où il tire sa passion pour les métiers du vin. Pendant de longues années, sa famille a produit quelques belles bouteilles en Côtes-de-Duras : « En plus de mes souvenirs d’enfance, le vin correspond assez bien avec ce que je suis capable de transmettre. C’est un produit qui met en avant un terroir, une histoire, et qui est avant tout fait pour être partagé et apprécié », rappelait-il récemment.
Un rencontre va accélérer ce retour aux sources. Celle de Bertrand Ravache. Vice-président du Stade Foyen et surtout négociant en vin, il épaule depuis trois ans l’international français. « Il avait vraiment envie de se lancer, on a donc commencé par lui demander s’il voulait être dans le secteur commercial ou technique. Il a tout de suite opté pour le côté technique. Après, il fallait simplement lui trouver une formation certifiante et reconnue », explique Marie Deval, directrice adjointe de l’entreprise.
Dans les vignes entre deux matchs
En 2017, Rémi Lamerat débute les cours par correspondance alors qu’il joue encore à Clermont. Il trouve du temps entre deux matchs de l’ASM ou de l’équipe de France pour aller dans le vignoble auvergnat. Et à en croire la maison Ravache, c’est un élève modèle :
« « Il est extrêmement précis et rigoureux dans tout ce qu’il fait. On sent le sportif de haut niveau et puis, c’est un vrai passionné ! Il est plein d’humilité. Pour la petite histoire, il aurait pu faire cette formation sur plus d’années car son emploi du temps était aménagé avec le rugby mais en deux ans seulement il a bouclé l’affaire. C’est un grand personnage pour nous. » »
Pour mettre en avant ce beau projet, la société en a même fait une petite web-série. On peut suivre les pas de Rémi Lamerat et son engagement. A l’image de celui qu’il met à chaque match au poste de trois-quart centre.
Mais en attendant d’enfiler quotidiennement les bottes et de faire son propre vin – « un rouge avec une couleur brillante, beaucoup de fruits et une touche subtile de boisé vanillé un peu grillé mais très léger avec beaucoup de longueur en bouche » – le Girondin continue de chausser les crampons au plus grand bonheur de l’UBB.
Déjà indispensable à l’UBB
A 29 ans, le centre bordelais a encore quelques belles années devant lui. Il s’est d’ailleurs engagé pour quatre ans avec l’Union Bordeaux-Bègles.
Depuis le début de la saison, Rémi Lamerat apporte toute sa puissante et son leadership à une équipe bordelaise qui réalise une très bonne première partie de saison. En l’espace de quelques mois, il est déjà devenu une des pièces maîtresses de l’équipe de Christophe Urios comme le souligne son compère au centre Jean-Baptiste Dubié :
« « Le contact a pris de suite. C’est un vrai compétiteur, un gagnant. C’est un mec qui ne fait pas de bruit mais tu peux le mettre dans n’importe quel groupe et il va se fondre dans la masse. Il gagne le respect sans forcément en faire des tonnes. Il est plutôt discret, mais quand il ouvre la bouche, tout le monde l’écoute. » »
Et aujourd’hui tout le monde se met à croire un millésime 2019/2020 excellent pour l’UBB… Au point que le club girondin pourrait devenir leader du Top 14 en cas de victoire contre La Rochelle, ce dimanche.


















