France-Italie : Les Bleus bravent la tempête pour maîtriser la Squadra et gratter le bonus offensif

RUGBY La France s’est imposée contre l’Italie pour son deuxième match du Tournoi des VI Nations 2020

William Pereira

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Dupont et Alldritt, contre l'Italie
Dupont et Alldritt, contre l'Italie — Thibault Camus/AP/SIPA
  • Une semaine après son succès sur l’Angleterre, le XV de France a résisté à l’Italie et aux rafales de vent pour s’imposer (35-22).
  • Les Bleus ont encaissé trois essais contre la Squadra Azzura. Pas certain que Shaun Edwards, l’entraîneur de la défense, ait apprécié les gros trous d’air en défense. Le débrief s’annonce salé.
  • Une des satisfactions de l’après-midi vient des entrées en jeu de Baptiste Serin et Matthieu Jalibert, qui se sont donnés comme des petits fous sur les dix maigres minutes dont ils disposaient pour se faire remarquer.

Au Stade de France,

Pas toujours solide sur ses appuis. Le XV de France a résisté à l’Italie et aux rafales de vent pour s’offrir un deuxième succès en autant de matchs dans ce tournoi des VI Nations 2020 (35-22). Une confirmation attendue contre l’adversaire le plus faible du tournoi après l’exploit du crunch, mais, comme lors du test-match de l’été dernier, les Français ont quand même trouvé le moyen de se faire peur pendant un bon quart d’heure. Ils ont ensuite appuyé sur l’accélérateur pour s’offrir le bonus offensif. On n’oubliera pas ces trois essais concédés qui font tache.

Le match dans le match : Ntamack vs le vent

Petit clin d’œil de l’histoire à l’automne japonais. La tempête Ciara, de passage dans l’ouest de l’Europe, nous a ramenés quelques mois en arrière, à l’époque où le typhon Hagibis nous avait privés d’un France-Angleterre très attendu. Cette fois, les Bleus ont joué, tant bien que mal. Et Romain Ntamack a buté, tant mal que mal. Que les choses soient claires, il ne s’agit pas d’accabler le Toulousain (un peu quand même) qui a souvent frappé contre le vent, dont les rafales ont donné lieu à des scènes assez inhabituelles, comme la pénalité venue mourir sur la barre ou cette transformation en apparence facile miraculeusement passée en fin de première période après avoir heurté les deux poteaux. Victoire par K.-O. du vent.

De rush defense à relâchement

Si la semaine dernière contre les Anglais la défense était à l’honneur, cette semaine devait consacrer le retour d’un rugby offensif, comme nous le promettaient les joueurs à Marcoussis quelques jours plus tôt. On a certes gratté un bonus offensif sur un très bel essai de Romain Ntamack enclenché par un mouvement collectif fluide, mais on ne parlera pas de feu d’artifice pour autant. Rendons hommage néanmoins aux Italiens, vaillants devant leur ligne au point de repousser parfois les coups de butoir de ces golgoths que sont Willemse et Le Roux, et efficaces à la mêlée et en touche. Suffisamment en tout cas pour nous faire douter en milieu de premier acte et en début de seconde période. Pas certain que Shaun Edwards ait apprécié les gros trous d’air en défense et les trois essais concédés. Le débrief sera salé.

Un banc encore décevant (sauf la charnière bis)

On a beaucoup parlé de l’apport du banc et on en parlera sûrement encore les prochaines au vu de des entrées de Poirot et Bamba, qui ont une fois semblé jouer à contretemps, pas vraiment dans le rythme exigé par le match au moment où ils sont rentrés. Ça, c’est pour la partie négative. La bonne nouvelle, c’est que même si leur entrée ne servait plus à grand-chose, Baptiste Serin et Matthieu Jalibert se sont donnés comme des petits fous sur les dix maigres minutes dont ils disposaient pour se faire remarquer. Le premier a notamment régalé en s’offrant un essai en solitaire sur son premier ballon, ou presque. Et le second, n’a lui pas tremblé face aux poteaux. C’était à peu près tout ce qu’on lui demandait.