Stade Toulousain: «On ne peut pas se contenter d’avoir un seul sélectionné», reconnaît Didier Lacroix

XV DE FRANCE Traditionnel pourvoyeur du XV de France, le Stade Toulousain ne compte qu’un seul sélectionné, Antoine Dupont, pour le début du Tournoi des VI Nations contre l’Irlande. Son président réagit…

Nicolas Stival

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Didier Lacroix, le président du Stade Toulousain, le 4 juillet 2017 au stade Ernest-Wallon.
Didier Lacroix, le président du Stade Toulousain, le 4 juillet 2017 au stade Ernest-Wallon. — N. Stival / 20 Minutes
  • Didier Lacroix avoue une « dualité » dans les intérêts du club, en période de doublons.
  • Le président toulousain compte sur ses jeunes joueurs pour représenter à court terme le club au niveau international.

En 2016 et 2017, la période des doublons Tournoi des VI Nations – Top 14 avait viré au casse-tête pour le Stade Toulousain. Voici deux saisons, malgré l’absence pendant plusieurs semaines de ses meilleurs joueurs, les Rouge et Noir avaient réussi à accrocher une place en phase finale. Mais pas l’an dernier, lorsque neuf internationaux, dont sept Français, avaient été convoqués pour la première journée du Tournoi. Même si ses absences étaient loin d’expliquer à elles seules les difficultés du club, en déclin depuis son dernier bouclier de Brennus, en 2012…

Cette fois, Toulouse, au repos ce week-end car le championnat fait relâche, n’a pas d’excuse. Comme en 2017, l’Italien Leonardo Ghiraldini et l’Ecossais Richie Gray (finalement forfait sur blessure) ont été retenus par leur pays. Mais côté tricolore, seul le demi de mêlée Antoine Dupont, remplaçant au coup d’envoi, est concerné par le rendez-vous face à l’Irlande, samedi à Saint-Denis.

« Il y a toujours cette dualité, reconnaît Didier Lacroix, président du directoire du Stade Toulousain. Nous avons la volonté d’avoir des joueurs sélectionnés en équipe de France et il faut faire avec des périodes de doublons qui ont toujours été difficiles pour le Stade. C’est une réflexion profonde au moment de composer un effectif, pour équilibrer les choses, même si c’est une fierté de conduire nos jeunes joueurs en équipe de France. »

Jusqu’à un tiers du XV de France

Si l’on s’en tient au seul volet sportif, moins il y a de sélectionnés, plus le Stade a des chances de briller en championnat. Mais pour l’image du club le plus titré d’Europe, qui a parfois pesé jusqu’à un tiers du XV de France, la situation actuelle fait désordre.

« Actuellement, nous n’avons qu’Antoine Dupont, alors qu’en début de saison, sept de nos joueurs figuraient sur la liste Elite, rappelle Lacroix. Il y a des temps forts et des temps faibles. Ceci dit, je n’ai pas l’impression que l’on soit proche de la réalité quand on envoie sept joueurs en équipe de France, et c’est la même chose quand on n’en a qu’un. On ne peut pas se contenter d’avoir un seul sélectionné et on préférerait gérer une certaine difficulté. »

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Le remplacement du « Toulousain » Guy Novès par le « Bordelais » Jacques Brunel à la tête des Bleus peut-il expliquer cette désaffection pour le Rouge et Noir des bords de Garonne ? En étant objectif, pas vraiment. Au vu de leurs performances ces derniers mois, la non-convocation d’habitués de la sélection comme Yoann Maestri, Yoann Huget ou Gaël Fickou n’a rien de scandaleuse. Quant au pilier gauche Cyril Baille, il n’a repris la compétition que fin décembre après plus de huit mois d’arrêt suite à une opération du genou. Et il vient de se blesser à une cuisse.

« Je souhaite aux joueurs de revenir au plus vite en équipe de France, ou d’y venir pour les jeunes, indique Didier Lacroix. Tout le monde s’accorde à dire que nous avons de grands espoirs du rugby français dans notre effectif. » Si Dupont a déjà fait ses preuves à l’international, l’arrière Thomas Ramos, le deuxième ligne Florian Verhaeghe, le talonneur Julien Marchand et le pilier droit Dorian Aldegheri, entre autres, ont encore tout à prouver au plus haut niveau.