JO 2024 – Escrime : Vous trouviez la VAR insupportable au foot ? Bienvenue au sabre
arbitrage•L’équipe de France de Sabre s’est inclinée en demi-finale face à la Corée du Sud et a beaucoup critiqué l’arbitrageAntoine Huot de Saint Albin
Au Grand Palais,
On est à deux doigts de prêter serment : « Plus jamais de ma vie je ne me plaindrais de l’arbitrage vidéo dans le football. Oui, checker un possible penalty pour une main inexistante ou un hors-jeu d’un millimètre est tout à fait normal, laissons faire leur travail aux arbitres. » Deux phrases que l’on n’aurait jamais prononcées il y a à peine une semaine. Mais les Jeux olympiques sont arrivés, avec la compétition de sabre en point d’orgue.
On le sait, à la différence de ces deux sœurs l’épée et le fleuret, le sabre a ses règles originales, une vaste histoire de priorité, avec plein de petites singularités, qui font que, et public et escrimeurs sont parfois largués et attendent de voir de quel côté l’arbitre va lever le bras avant d’exulter. Une arme où l’interprétation de l’homme ou la femme en costard noir a une place très importante. Trop importante.
Au moins une vingtaine d’appels à la VAR
Ce mercredi, le public français du grand Palais a donc fait la connaissance de l’Espagnole Vanesa Chichon et de l’Italien Luidgi Martilotti lors de la demi-finale entre la France et la Corée du Sud. La faute, il est vrai, aux Français et Coréens (enfin surtout les tricolores, on ne va pas mentir) qui n’ont cessé de faire appel à la VAR pour contester les décisions.
On n’a même pas pu tenir le compte tant l’Italien et l’Espagnol ont fait l’aller-retour vers le petit bureau où se trouvait l’écran de vérification. Lassant. Et ce n’est pas le pire : sur la vingtaine de recours à la VAR (où l’Italien en profitait pour poser allégrement sa main sur l’épaule de sa « partenaire » ou collait son bras sur son dos) pas une seule fois, dans notre souvenir, l’arbitre n’a changé de décision. Ce qui n’a pas manqué de rendre fous les Français, nettement dominés par la Corée avant une remontada avortée en demies.
Le Marseillais Sébastien Patrice a été le plus virulent. En plus de ses nombreuses plaintes et appels à la vidéo, le n°1 français du sabre a, à la fin d’un relais, remercié ironiquement l’arbitre pour sa prestation légendaire. Même Marion-Brunet Apithy, présente dans les tribunes pour soutenir son mari Boladé, y allait de ses remontrances, que cela soit par les mots ou les gestes, pas franchement amicaux.
« C’est long d’attendre »
« Arrivé à un certain niveau et à un certain seuil de la compétition, les arbitres ne veulent pas se déjuger, nous expliquait Sébastien Patrice un moi avant les JO. Ils pensent que c’est une forme de honte que d’accepter qu’ils se soient trompés. Ils ont la chance d’avoir un outil qui est la vidéo. Ils ont la chance d’être deux arbitres, un assesseur vidéo et un arbitre principal. Ce n’est pas grave si tu t’es trompé. »
A la fin du match, on s’est évidemment précipité vers la zone mixte pour avoir la réaction des sabreurs ou du staff français. Comme avec la clim du Grand Palais, on a pris un gros vent. On s’est alors dirigé vers les Coréens qui, à l’aide d’un traducteur en anglais nous ont glissés deux mots sur l’arbitrage du jour. « L’arbitrage a été plutôt bon, a laconiquement réagi Gu Bon-gil. Mais c’est vrai que tous ces appels à la VAR, ça nous fait attendre, c’est très dur. » Vivement les atermoiements d’Alexandre Letexier lors de la première journée de Ligue 1, on respirera mieux.



















