JO 2024 – Escrime : « Les arbitres ont détruit ma vie »... Le Géorgien Sandro Bazadze en furie après son élimination
En colère•Alors qu’il ne manquait que le titre olympique à son palmarès, le Géorgien Sandro Bazadze a été éliminé dès les quarts de finale des JO ce samedi. Et il s’en est pris vertement à l’arbitrageAntoine Huot de Saint Albin
Il y a quelques semaines, au moment d’évoquer l’arbitrage singulier au sabre, le Français Sébastien Patrice nous confiait avoir connu une expérience horrible lors d’un assaut en Géorgie face au numéro un mondial, et ami, Sandro Bazadze : « on est en Géorgie, chez lui, et je le massacre. Je mène 4-0 et l’arbitre me tue le match. Mais il me tue le match comme rarement ça s’est vu dans l’escrime. Là, en fait, tu as un sentiment d’impuissance. Quand je sors de là, j’ai envie de taper sur l’arbitre. »
Eh bien le Géorgien a connu pareille mésaventure ce samedi, en quart de finale des Jeux olympiques, au Grand Palais, face à l’Egyptien Mohamed Amer. Une défaite d’une touche (15-14), qui l’a plongé dans une colère noire, sur la piste, d’abord, et en dehors, ensuite. « Ils disent que l’escrime est un des sports les plus justes, mais c’est la deuxième fois aux Jeux olympiques que les arbitres me tuent, après Tokyo en 2021. »
« Elle me juge comme si j’étais personne »
« Ils avaient détruit ma carrière à cette époque, j’étais presque mort, j’avais presque terminé, rage le Géorgien de 30 ans. Mais je suis revenu, je suis revenu, je suis devenu le numéro un mondial. Et là, l’arbitre m’a tué quatre touches. Aux Jeux olympiques !!! Ils ne sont même pas allés vérifier à la vidéo. » Alors, certes, au sabre, les deux tireurs essaient tellement tout le temps d’influencer l’arbitre, qu’on a parfois tendance à dire qu’ils exagèrent, mais la réaction du bonhomme et des experts présents au Grand Palais, on aurait tendance à dire qu’il a raison.
En plus des mauvaises décisions, Sandro Bazadze a aussi dénoncé le comportement de l’arbitre tout au long de l’assaut. « C’est ma vie, je m’entraîne depuis vingt et un ans et elle me juge comme si je n’étais personne. Quand je lui demande de m’expliquer, elle tourne la tête et s’en va. Tout le monde peut vérifier les touches, je connais ce sport, si j’ai faux, tout le monde peut le voir à la vidéo. »
« Ça brise le cœur de le voir comme ça »
Bazadze a indiqué qu’il allait faire tout son possible pour obtenir réparation, tout en dénonçant la Fédération internationale. « Qu’est-ce que je peux faire ? J’arrête ma carrière, j’ai terminé ma carrière. Comment je peux revenir, quand les arbitres me tuent tout le temps ? Je ne peux pas gagner, c’est impossible, parce qu’il y a de la corruption ici, comme je le vois. »
Dans le petit labyrinthe de la zone mixte, Boladé Apithy, qui venait de se faire sortir au même stade de la compétition, a tenté de réconforter son frère d’arme. En vain. « C’est fini Boladé, j’arrête ma carrière. » « Il s’était fait voler à Tokyo et là, c’est destructeur, se désole le Français. Le sport de haut niveau, ça t’emmène très haut. Mais ça t’emmène aussi très bas. C’est très dur. C’est un moment assez dur. Il va mettre du temps à s’en remettre. Ça brise le cœur de le voir comme ça. »



















