Mondial de handball: Elle était pas un peu trop facile, cette demi-finale ?

HANDBALL Les Français ont mené de bout en bout face à la Slovénie...

Nicolas Camus

— 

Daniel Narcisse lors de la demi-finale France-Slovénie, le 26 janvier 2017 à Bercy.
Daniel Narcisse lors de la demi-finale France-Slovénie, le 26 janvier 2017 à Bercy. — ISA HARSIN/SIPA

C’est peut-être l’atterrissage après le match de folie contre la Suède qui est un peu difficile, mais pour être complètement honnête, ça a été dur de vibrer lors de ce France-Slovénie (31-25), jeudi soir. C’est un peu terrible à dire, pour une demi-finale de championnat du monde à la maison, mais c’est comme ça.

Ce n’est évidemment pas la faute des Bleus. Ce ne sont pas eux qui ont forcé les Allemands à se prendre les pieds dans le tapis avant les retrouvailles annoncées, et ils ont parfaitement fait leur boulot. Opposés à une équipe qu’ils dominaient autant par la taille (et c’est important) que par le talent, ils ont mené de bout en bout et n’ont jamais tremblé. Pourrait-on dire pas assez, même ?

C’est là où l’on va un peu trop loin, apparemment. Les petits jeunes sont là pour nous rappeler à l’ordre. « Vous n’étiez pas sur le terrain, nous répond ainsi Fabregas avec un petit sourire. C’était un match engagé, on savait qu’il ne fallait pas laisser jouer cette équipe et on a fait un gros match avant tout sur le secteur défensif. Après, une fois l’écart enfin fait, on a su rester concentrer pour le maintenir. »

« Tranquille comme soirée ? Pour vous, peut-être, réplique Remili. Nous, on se met toujours autant de pression, on met toujours autant de rigueur et de discipline. Peu importe l’adversaire, le score, on court tout le temps, on défend agressif, on joue notre handball quoi. »

>> A lire aussi: Et si en fait on allait chercher ce titre grâce aux petits jeunes?

Les joueurs ne l’ont donc pas ressenti comme ça de l’intérieur – ô surprise. Ce sont eux, en fait, qui se sont rendus la tâche facile. Et ils ont raison de le dire. « On a fait un super début de match, ça nous a permis de gérer, relève Abalo. On avait bien observé leurs joueurs en forme, et on a fait particulièrement attention à eux. Du coup, certains sont passés à côté de leur match, ça nous a rendu le match plus facile. On leur a mis tellement de pression que ça les a déstabilisés. »

Un moment, en particulier, a servi aux Français à bien marquer leur territoire. A la 9e minute de jeu, Fabregas et Dipanda sont coup sur coup exclus pour deux minutes. A 6 contre 4 sur le terrain, les Bleus parviennent quand même à inscrire deux buts, alors que les Slovènes comptaient bien combler leurs deux buts de retard. Ils ne le feront donc pas, ni là ni dans les presque 9 minutes (de la 11e à la 20e) durant lesquelles les Français se rateront dans les grandes largeurs en attaque (un seul but inscrit).

Même imparfaite, l’équipe de France a su profiter de sa profondeur de banc sans égale pour appuyer là où ça fait mal, et surtout le faire de manière constante. Entre une France trop forte et une Slovénie trop faible, on vous laisse mettre le curseur où vous le souhaitez. S’il y a titre dimanche, cela n'aura plus beaucoup d'importance, de toute façon.