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Sieste dans les tribunes, première cuite et aquarelle... Abalo est au top

Mondial de handball: Sieste dans les tribunes, première cuite et aquarelle... C’est toujours un plaisir d’écouter Luc Abalo en conf’

HANDBALLL'ailier de l'équipe de France était désigné pour venir devant les médias, mercredi, et comme d'habitude c'était un grand moment...
Nicolas Camus

Nicolas Camus

Le rituel est bien installé depuis que les Bleus sont arrivés à Nantes, jeudi, au lendemain du match d’ouverture contre le Brésil. Un jour match, un jour conf, un jour match, un jour conf, etc. Avec à chaque fois la possibilité de parler aux deux entraîneurs, ainsi qu’à trois joueurs. Ce mercredi, c’était donc conférence de presse. Et parmi les trois Bleus qui devaient s’y coller, il y avait Luc Abalo. L’ailier du PSG est un joueur à part, artiste sur le terrain comme il l’est en dehors. Avec lui, les discussions débordent toujours au-delà du cadre du hand. Et la simplicité avec laquelle il les aborde est un bonheur pour tout le monde. Démonstration.

Quand on lui demande si Claude Onesta et ses causeries lui manquent

« Je pars du principe que je n’ai pas besoin qu’on me dise "sois motivé" pour l’être. On ne fonctionne pas tous de la même façon. Moi avant un match si j’ai un coach qui ne fait pas de discours, ça ne va pas m’empêcher d’entrer sur le terrain avec l’envie de gagner et d’avoir confiance en ce que je fais et d’avoir cette rage de vaincre. Certains ont besoin, avant un match, qu’on leur dise "alors écoute, toi, tu vas te lever, te bouger le cul et te motiver". Moi, perso, j’en ai pas besoin. Donc quand on me dit "ouais le coach il t’as bougé", non. C’est moi qui me suis bougé. Le coach, lui, il m’a appris pendant la séance d’entraînement à apprendre le handball et à pouvoir jouer avec mes coéquipiers ».

Quand on lui demande où il était le 4 février 2001 (date de la finale du dernier Mondial en France, qui avait vu la victoire des Bleus)

« J’étais dans la salle. Avec le club d’Ivry, on avait aidé à l’organisation du Mondial des jeunes... Vous savez ce que c’est ? Non. Le Mondialito, oui, c’est ça. J’avais aidé à organiser et on avait eu des places pour la finale. Mais du coup on était très fatigué, je m’étais endormi un moment pendant le match. Jusqu’au but d’Anquetil en fait. »

Quand on lui demande s’il arrive à savourer le fait de jouer à domicile

« Parfois j’essaye d’ouvrir les yeux et de regarder ce qu’il y a autour de moi. Essayer de sentir l’énergie des gens, leur regard, leur passion. C’est comme ça qu’on savoure. En admirant la salle dans laquelle on joue. Mes premiers matchs en club, ou même en équipe de France, il n’y avait pas autant de journalistes, pas autant de monde. On voit l’évolution, ça fait plaisir. C’est juste ça, savourer ».

Quand on lui demande s’il se souvient de la première fois qu’il a rencontré Mickaël Guigou…

« J’étais en France jeune, lui dans la catégorie du dessus, Espoirs. J’ai été surclassé pour aller faire un stage avec sa génération, la 82-83. On est allé jouer en Espagne la Coupe latine ensemble, c’est là que je l’ai rencontré pour la première fois, même si je le connaissais déjà de nom. Je l’ai tout de suite trouvé super cool. On avait joué deux matchs contre le Portugal, ensuite on était sorti faire la fête. C’est dans ces moments-là qu’on fait vraiment connaissance, qu’on rigole le plus, autour d’un verre. Cette compèt, c’était ma première cuite ! Ils ont bien rigolé… des super moments ».

… et ce qu’il admire chez lui

« Ah pour moi, il y a des joueurs qui respirent le handball. Ils ont une sorte de facilité à faire les choses, à exécuter les mouvements, à analyser ce qu’il se passe. Lui en fait partie. Pour moi, les deux meilleurs avec qui j’ai joué, c’est Nikola [Karabatic] et lui. C’est le meilleur ailier que j’aie pu côtoyer. Je suis en chambre avec lui depuis 2007, ça commence à faire ! ».

Quand on lui demande s’il a le temps de peindre

« J’ai pas le temps pendant la compèt. Il faudrait que je ramène tout mon matos, et tout… Je l’ai fait un peu avant les Jeux, un peu d’aquarelle, mais on n’est pas à l’aise dans les chambres. Enfin, on est bien, mais pas pour peindre quoi. Je ne suis pas une machine hein ! Je suis fatigué quand même. Peindre, ça prend beaucoup d’énergie. Et de la concentration aussi. Si ça me manque ? Oui, un peu. Après, parfois, je dessine aussi, j’ai mon bloc-notes. En fait, je fais ce qui me passe par la tête. Des fois j’ai envie de dessiner, des fois d’écouter de la musique, des fois de retoucher des photos. Je me prends pas la tête ».