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C'est quand même un beau foutoir cette règle avec les gardiens qui sortent

Mondial de handball: C'est quand même un beau foutoir cette nouvelle règle avec les gardiens qui sortent (non?)

HANDBALLDepuis juillet dernier, les gardiens peuvent céder leur place à un joueur supplémentaire au moment d'attaquer, ce qui n'est pas sans conséquence sur le jeu...
Nicolas Camus

Nicolas Camus

La scène est de plus en plus familière lorsque l’on regarde des matchs de handball. Une équipe récupère le ballon dans son camp, et là, panique générale chez l’adversaire : un, deux ou trois joueurs (selon le niveau d’organisation) piquent un sprint pour rejoindre le plus rapidement possible le banc, et permettre à leur gardien de revenir dans son but. Car oui, petit détail sans lequel cette mise en situation n’aurait aucun sens, ce dernier était sorti pour laisser un joueur de champ apporter le surnombre en attaque.

L’exemple qui nous vient en tête, là, tout de suite, c’est cette action en première période lors de France-Japon vendredi. Il s’en est fallu d’un bout de phalange tendu à l’arrache après un démarrage usainboltesque (usainboltien ?) pour que Thierry Omeyer ne se fasse pas avoir. « C’est sûr, le cardio en prend un coup, souffle Magic Titi quand on le lance sur le sujet. Les gardiens vont vraiment devoir le bosser. Moi je l’ai toujours fait, heureusement d’ailleurs ! »

Ce ballet d’un genre particulier découle de la règle dite « du sept contre six », en vigueur depuis le 1er juillet dernier. Utilisée avec parcimonie pendant les JO, elle est en train de prendre une place prépondérante dans les stratégies des équipes. Voici ce qu’elle dit exactement.

Rrrrrrrappelons la règle.
Rrrrrrrappelons la règle.  - http://www.ff-handball.org

Les petites nations n’ont pas tardé à y trouver un moyen de rééquilibrer les forces. Début novembre, en qualifications pour l’Euro 2018, la France est passée tout près de l’humiliation face à la Belgique. Les Belges, qui sont au hand ce que Saint-Marin ou Andorre sont au foot, ont usé et abusé de cette possibilité de supériorité numérique au point de rendre fous les Experts, qui ne se sont finalement imposés que 38-37 (!) grâce à un but à 20 secondes de la sirène.

« C’est tout nouveau pour nous, il faut encore qu’on trouve les réglages »

Après avoir beaucoup subi les choses, les Bleus s’y sont mis sérieusement avant ce Mondial. « Il faut avancer, ne pas louper le train. Ce serait une bêtise de considérer cette règle comme inutile », justifie Vincent Gérard. « On a pas mal axé notre travail là-dessus », ajoute Omeyer. Contre le Brésil puis le Japon, on a ainsi vu les Français tenter le coup dès que cela était possible.

Evidemment, les deux gardiens sont concernés en premier chef. Au-delà du fait de devoir se taper du rab de fractionné à l’entraînement, ce sont surtout de nouveaux réflexes à adopter. Vince Gérard au micro : « C’est tout nouveau pour nous, il faut encore qu’on trouve les réglages. Quand tirer, quand faire la passe… on n’a pas l’habitude de tout ça. Il y a encore du déchet, des fois on tire alors qu’on ne devrait pas, ou l’inverse ». Mais des fois on marque.

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Tout ça n’est pas pour déplaire à Omeyer, en tout cas. « Ça oblige le gardien à avoir une panoplie plus complète, comme tirer dans le but vide, ou faire une passe décisive avec la barre, dit-il, tout sourire, en référence au but de Luc Abalo contre le Brésil. Il faut être capable d’être le premier attaquant de l’équipe, de jouer vite, d’avoir la lucidité de regarder tout de suite si on peut tirer, ou en tout cas de mettre la pression rapidement pour tenter de faire marquer. » Bref, voilà une très bonne excuse pour continuer encore une petite dizaine d’années.

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Les joueurs de champ, eux, doivent apprendre à attaquer à sept et à défendre en infériorité. « Ça change complètement notre sport, tranche Olivier Nyokas. Ça fait partie de notre jeu maintenant, c’est devenu une combinaison à part entière. »

Une combinaison qui n’est pas toujours d’une fluidité folle. On a beau clairement désigner le joueur qui doit se précipiter vers le banc au cas où les choses tournent mal, si ce dernier est à terre au moment de la perte de balle, il faut parer au plus pressé. « Il y a des cas exceptionnels, c’est vrai, reconnaît l’arrière des Bleus. C’est une question de concentration, on doit tous avoir ça en tête, tout le temps. » Il faut au moins ça pour s’y retrouver au milieu de ce qui ressemble quand même souvent, vu d’en haut, à un joli foutoir.