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Esports World Cup : Pourquoi un seul tournoi sur les 25 est-il féminin ?
ça rame•Malgré une croissance globale de l’Esport, la scène féminine et inclusive reste secondaire. À l’Esports World Cup, un seul tournoi sur les 25 lui est dédié, révélant les défis d’un écosystème encore en constructionTom Comminge
L'essentiel
- À l’Esports World Cup, seul 1 tournoi sur 25 est dédié aux femmes avec une dotation de 500 000 dollars contre 3 millions pour les tournois mobiles masculins, une situation que Mike McCabe explique par « la maturité et une communauté moins développée pour l’Esport féminin » plutôt que par un choix idéologique.
- « Mobile Legends : Bang Bang » se distingue positivement en proposant une compétition féminine depuis 2024, avec notamment la victoire de l’équipe féminine de Vitality à Paris, démontrant qu’il existe des signaux encourageants dans l’écosystème.
- L’avenir de l’Esport féminin repose sur une double stratégie selon Mike McCabe qui affirme vouloir « pousser sur ces deux fronts » : développer des circuits féminins dédiés tout en favorisant l’inclusion dans des compétitions mixtes, avec l’implication nécessaire de tous les acteurs de l’industrie incluant éditeurs, développeurs, clubs et médias.
À l’heure où l’Esport mondial bat des records d’audience et de dotations, la place des joueuses s’identifiant en tant que femme dans cet écosystème reste limitée. L’exemple de l’Esports World Cup (EWC), l’équivalent des Jeux olympiques pour les clubs Esport, est révélateur. Sur 25 tournois, un seul est consacré à une compétition féminine et inclusive. Celui-ci offre aussi parmi la plus faible dotation avec 500 000 dollars contre 3 millions de dollars pour les tournois mobiles dédiés aux hommes. Un déséquilibre qui interroge, mais que les organisateurs expliquent avant tout par une question de maturité de la scène.
Pour Mike McCabe, directeur des opérations de l’Esports Foundation, « la situation actuelle n’est pas un choix idéologique, mais le reflet d’un milieu encore en construction. Les critères clés sont la maturité et une communauté moins développée pour l’Esport féminin », explique-t-il. Pour lui, la scène manque de structures suffisamment développées comme des ligues, des équipes, mais surtout des circuits compétitifs. « Il est difficile de multiplier les compétitions dédiées à l’Esport féminin et inclusif, rajoute Mike McCabe. On retrouve cette réalité dans plusieurs sports, mais l’Esport accuse un retard notable par rapport à d’autres disciplines. »
Mobile Legends : Bang Bang : le bon élève de l’Esports World Cup
Pourtant, des signaux positifs existent. Depuis la création de l’Esports World Cup en 2024, Mobile Legends : Bang Bang (MLBB), un jeu mobile mondialement connu développé par le studio MOONTON, propose une compétition dédiée aux équipes féminines. L’un des moments phares de la Coupe du monde d’Esport à Paris est d’ailleurs la victoire du club français Team Vitality qui a marqué les esprits, autant par sa performance que par son impact médiatique. Pour MOONTON, l’envie de développer l’Esport féminin ne date pas de la création de l’EWC.
« Nous travaillons depuis six ans sur ce sujet, affirme Ray Ng, responsable de l’écosystème Esport chez MOONTON Games. Le jeu est le seul à avoir un circuit compétitif assez mature et développé pour l’intégrer ce type d’événement d’envergure mondiale. Dans la région asiatique, nous avons réussi à construire des ligues durables qui nous permettent aujourd’hui de faire rayonner l’Esport féminin dans le monde. »
Grâce à son partenariat avec l’Esports World Cup, Mobile Legends : Bang Bang a aussi ouvert la voie à de nouveaux publics. « Le jeu devient plus attractif à travers le monde maintenant, pas uniquement en Asie, explique Ray Ng. A l’avenir, nous espérons que le jeu continuera de s’étendre pour laisser plus de chances aux joueuses talentueuses réparties dans le monde de briller. On remarque déjà l’évolution des mentalités sur MLBB. Le jeu mobile est surtout un bon moyen de développer l’Esport féminin grâce à son accessibilité. »
Vers des tournois Esport mixtes ?
Au-delà de la multiplication des compétitions féminines, une autre vision émerge. « On peut imaginer que l’Esport devienne véritablement inclusif, où femmes et hommes évoluent ensemble, explique Mike McCabe. » Pour les organisateurs, l’objectif n’est pas seulement de créer des tournois séparés, mais de développer des compétitions sur un pied d’égalité, au sein des mêmes structures. Cette double approche, développer des circuits féminins tout en favorisant la mixité, apparaît comme la stratégie privilégiée. « Je veux pousser sur ces deux fronts, » précise Mike McCabe. D’un côté, « il s’agit d’offrir des espaces sécurisés et compétitifs pour permettre aux joueuses d’émerger », déclare-t-il. De l’autre, « il faut ouvrir des passerelles vers des compétitions mixtes ». De quoi considérer l’Esport comme un milieu révolutionnaire. Mais cette évolution ne dépend pas uniquement des organisateurs.
La rubrique Gaming« Les éditeurs, les développeurs, les clubs et même les médias ont un rôle à jouer pour structurer cet écosystème, souligne Mike McCabe. Cela passe aussi par des initiatives internes, comme une meilleure représentation des femmes dans le milieu. » Cette position est soutenue par Ray Ng, responsable de l’écosystème Esport chez MOONTON Games. « Biologiquement, dans le sport traditionnel, la différence physique entre les hommes et les femmes rend impossible une mixité dans les équipes. Dans l’Esport, c’est différent. Tout le monde joue avec le même équipement, les mêmes mains et les mêmes mentalités. Il faut juste casser ce cliché qui dit que le jeu vidéo compétitif est uniquement réservé aux hommes. Ce n’est pas le cas et nous travaillons pour rendre l’Esport plus sain. »
En dehors de l’Esports World Cup, l’Esport féminin possède quelques ligues compétitives comme les Game Changers de Valorant et de League of Legends qui montrent la voie. Mais ce n’est encore que le début. Les responsables de l’écosystème Esportif ont les cartes en main pour faire grandir cette industrie.



















