Esports World Cup Foundation : Comment l’esport prépare sa conquête du monde ?
interview•L’esport continue d’évoluer et de gagner en ampleur. Mike McCabe, directeur des opérations de l’Esport World Cup Foundation, décrypte cette évolution et le rôle de l’Esports World Cup et de l’Esports Nations Cup dans son développementTom Comminge
L'essentiel
- Mike McCabe, directeur des opérations de l’Esports World Cup Foundation, explique que l’organisation a été créée pour apporter stabilité et durabilité à l’esport en proposant deux grands rendez-vous : l’Esports World Cup (EWC) qui réunit les meilleurs joueurs et clubs, et l’Esports Nations Cup qui mise sur la fierté nationale comme aux Jeux olympiques.
- Ces compétitions se distinguent par leur ampleur exceptionnelle avec des événements durant entre quatre et sept semaines, 16 à 25 tournois différents et des récompenses allant jusqu’à 75 millions de dollars.
- La France occupe une place importante dans l’écosystème esport mondial avec 62 joueurs français ayant participé à l’EWC l’an dernier, Team Vitality terminant troisième, et les fans français représentant « le deuxième plus grand groupe de superfans après la Chine », ce qui démontre l’énorme impact des Français sur l’esport.
En quelques décennies, l’esport est passé d’une pratique confidentielle à un phénomène mondial incontournable. Porté par l’essor du numérique, des plateformes de streaming et d’une nouvelle génération de joueurs, le jeu vidéo compétitif s’impose aujourd’hui comme une industrie à part entière. Les compétitions gagnent en ampleur, les audiences explosent et les enjeux économiques se multiplient.
À la croisée du sport, du divertissement et de la technologie, l’esport continue de se structurer et d’attirer un public toujours plus large. 20 Minutes a pu s’entretenir avec Mike McCabe, directeur des opérations pour l’Esports World Cup Foundation, l’organisation à l’origine de l’Esports World Cup et de l’Esports Nations Cup. Il revient sur le rôle de ces grandes compétitions internationales et sa vision sur l’évolution de l’esport à l’avenir.
Quelle est votre vision de l’esport avec l’Esports World Cup Foundation ? Et comment des initiatives comme l’Esport World Cup et l’Esports Nations Cup peuvent-elle le transformer ?
L’Esport World Cup Foundation a été créée pour apporter de la stabilité et une durabilité à long terme à l’esport. Bien que le jeu vidéo compétitif existe depuis plusieurs décennies et ait connu une évolution passionnante, il a souvent manqué de constance pour maintenir son écosystème. Ce secteur dépend trop des éditeurs, des clubs, des joueurs et des organisateurs d’événements.
Avec l’Esports World Cup (EWC), notre vision était de créer un grand rendez-vous annuel. On veut faire de cet événement un moment clé pour l’industrie qui réunit les meilleurs jeux et joueurs dans une compétition très relevée. Tout cela permet de créer une routine pour les fans et un engagement durable. L’Esports Nations Cup, c’est la deuxième étape de notre évolution. L’idée ici est de miser sur la fierté nationale, comme pour le sport traditionnel. Ces deux événements réunis garantissent un rayonnement à l’échelle mondiale.
Qu’est-ce qui distingue l’Esports World Cup et l’Esports Nations Cup des autres compétitions esport ?
Le premier élément, c’est l’ampleur. Les événements durent entre quatre sept semaines, avec entre seize et 25 jeux esport différents. Nous proposons également des récompenses immenses, allant jusqu’à 75 millions de dollars répartis pendant les compétitions. C’est un rendez-vous unique du calendrier de l’esport. Ces événements viennent parfaitement compléter et soutenir les tournois organisés par les éditeurs à travers le monde.
L’Esports Nations Cup peut-elle faire office de Jeux olympiques de l’esport ?
Les premières éditions de l’EWC étaient centrées sur les clubs, ce qui correspond bien à l’écosystème actuel de l’esport. Avec la Nations Cup, nous voulons introduire une dimension de fierté nationale, comme dans les sports traditionnels.
C’est une opportunité pour les joueurs de représenter leur pays à grande échelle, ce qui n’existait pas vraiment auparavant. Cela permet aussi aux fans de se connecter différemment à l’esport, en soutenant une nation plutôt qu’un club. L’Esports Nations Cup peut se comparer avec les Jeux olympiques. Au fur et à mesure des éditions, de plus en plus de pays pourront rejoindre cette compétition qui aura lieu tous les deux ans.
Les deux prochains Esports World Cup et Esports Nations Cup auront lieu à Riyad, en Arabie saoudite, quel est l’impact de ce pays sur l’esport mondial ?
Cette année, les deux compétitions se déroulent en Arabie saoudite, mais à l’avenir, notre objectif est de les organiser dans différents pays. Le pays joue un rôle important car elle dispose d’une population jeune et passionnée de jeux vidéo. Les investissements dans l’esport s’inscrivent dans la stratégie de diversification économique Vision 2030.
La rubrique GamingCe plan vise à faire sortir le pays de sa rente pétrolière historique en diversifiant son économie et en ayant recours à diverses privatisations. L’Esports World Cup et l’Esports Nations Cup contribuent aussi au tourisme, à l’emploi et à la création d’opportunités dans des domaines comme le broadcasting ou le marketing.
Quelles sont vos relations avec l’écosystème esport français ?
La France a une grande histoire avec l’esport. Nous travaillons avec des clubs français et sommes ravis d’avoir une équipe française à la Nations Cup. L’an dernier, 62 joueurs français ont participé à l’EWC, et l’équipe Team Vitality a terminé troisième. Les fans français étaient également très présents. Ils représentaient le deuxième plus grand groupe de superfans après la Chine.
Quand on regarde la différence de population entre les deux pays, ça montre l’énorme impact des Français sur l’esport mondial. Les fans sont essentiels. Ils apportent la passion, la culture et l’ambiance. Sans eux, les événements ne seraient pas aussi spectaculaires. Nous travaillons beaucoup sur leur expérience, dès leur arrivée, pour qu’ils puissent pleinement profiter de l’événement.
Aviez-vous imaginé que l’esport atteindrait une telle ampleur ?
Non. Lors de mon premier événement en Corée en 2006, je ne comprenais pas l’intérêt de regarder quelqu’un jouer. Mais même à ses débuts, la passion des fans était déjà là. L’esport a connu des hauts et des bas, mais aujourd’hui, nous voulons apporter stabilité et structuration, notamment avec des clubs solides et des compétitions nationales marquantes. L’esport a encore beaucoup de chemin à faire. Mais quand on voit la vitesse à laquelle le secteur évolue. On peut s’attendre à de grandes choses à l’avenir pour le jeu vidéo compétitif.


















