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Textor furieux contre la DNCG, qui avait prévenu l’OL des risques de son projet

OL : John Textor fulmine contre la DNCG, qui avait pourtant prévenu dès 2022 des risques liés au rachat par l’Américain

accident (presque) industrielL’Olympique Lyonnais, un temps rétrogradé en Ligue 2, va pouvoir poursuivre dans l’élite sans John Textor
Antoine Huot de Saint Albin

A.H.

John Textor ne risque pas de remettre les pieds à Lyon de sitôt. Arrivé à la tête du club fin 2022, l’homme d’affaires américain est reparti un peu moins de trois ans après en ayant laissé l’OL au bord du gouffre et d’une descente administrative en Ligue 2, avant d’être finalement repêché en L1. Avant de se mettre en retrait au profit de Michele Kang, le cow-boy de Kirksville regrettait de ne pas avoir su se faire comprendre des instances du foot français.

Il a d’ailleurs critiqué à nouveau « le processus très subjectif » de la DNCG, le gendarme financier du football français, dans l’émission « White & Jordan » diffusée sur la radio Talksport jeudi soir. « Ils prennent littéralement vos revenus provenant des joueurs et des transferts et disent que cela ne doit pas être pris en compte, a assuré Textor. Nous réalisons 100 millions de dollars par an grâce à la vente de joueurs. Or, selon leur modèle de viabilité, ils doivent faire des projections comme si vous ne vendiez aucun joueur. »

Des projections en décalage avec la réalité

« Je pense que la gouvernance en France ne fonctionne pas », a-t-il ajouté. Pourtant, la même DNCG avait prévenu, dès le rachat du club en décembre 2022, que le modèle économique de John Textor n’était pas sans risque. « La commission observe que le retour sur investissement présenté sur la durée du business plan lui apparaît optimiste, qu’il pourrait nécessiter des apports complémentaires, et ce dès la fin de la saison 2022-2023 », écrit ainsi Jean-Marc Mickeler, le président de la DNCG, dans un courrier consulté par L’Equipe adressé aux décideurs lyonnais (dont John Textor et Jean-Michel Aulas).

La Direction nationale de contrôle de gestion avait alors émis quelques recommandations, notamment « pour renforcer à moyen terme la structure financière de la holding du club », qui n’avaient pas été suivies par la nouvelle organisation lyonnaise, qui aurait permis l’entrée de nouveaux investisseurs « permettant de rembourser immédiatement [une partie] de la dette envers (le fonds d’investissement) Ares. »

Les projections faites à cette époque par le nouveau board lyonnais, notamment sur les revenus liés à la vente de joueurs et de gros revenus opérationnels, ont été totalement en décalage avec la réalité. Alors qu’une réduction de la dette, ramenée à 98 millions d’euros, était prévue à l’horizon 2026-2027, elle n’a fait qu’exploser, dépassant même les 500 millions d’euros, rapporte L’Equipe. « Je pense que je suis vraiment le problème », a indiqué John Textor dans l’émission anglaise. Pas seulement, mais une grosse partie, sans doute.