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OL : Comment John Textor peut-il encore trouver « incompréhensible » la relégation du club décidée par la DNCG ?
Peur sur Lyon•A la suite de la relégation administrative prononcée mardi par la DNCG, la direction de l’Olympique Lyonnais et son clivant propriétaire américain ont indiqué ne pas comprendre les « motivations » de cette décision, qui devrait plonger l’OL en Ligue 2Jérémy Laugier
L'essentiel
- L’Olympique Lyonnais a été relégué administrativement en Ligue 2 mardi soir par la DNCG. Cette décision du gendarme financier du football français a vite été qualifiée d'« incompréhensible » par l’OL, qui annonce qu’il fera appel.
- Malgré les promesses de John Textor concernant des investissements et la vente en cours de ses parts dans le club anglais de Crystal Palace, la DNCG n’a pas été convaincue par les garanties financières apportées par la direction de l’OL.
- L’incompréhension ressentie par John Textor peut surprendre tant l’homme d’affaires américain est désormais habitué, depuis les premières sanctions prises par la DNCG à l’encontre de l’OL lors de l’été 2023, aux exigences de l’instance de la LFP.
«Une décision incompréhensible. » En un seul qualificatif, mis en avant dès la première phrase de son communiqué publié à 22h30 mardi, la direction de l’Olympique Lyonnais a démontré le gouffre qui existait entre les attentes de la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG) et le fonctionnement du club dans la galaxie de multipropriété d’Eagle Football. Officiellement relégué en Ligue 2 deux heures plus tôt, comme cela avait été le cas à titre conservatoire le 15 novembre dernier, en plus d’un encadrement de la masse salariale et d’une interdiction de recruter, l’OL cherchait encore à comprendre mardi soir « les motivations » de cette décision historique à Lyon.
Mais comment John Textor, après deux années d’échecs réguliers face au gendarme financier du football français, et malgré plusieurs réunions organisées avec l’instance en amont, peut-il encore être à ce point en décalage avec les demandes explicites de la DNCG ? Celle-ci exigeait en janvier l’apport de 175 millions d’euros dans la trésorerie du club pour lever cette menace de relégation. A en croire le communiqué de l’OL, qui annonce qu'« il fera immédiatement appel », le mystère est total.
La vente des parts de Crystal Palace pas actée
« Au cours des derniers mois, nous avons travaillé en étroite collaboration avec la DNCG, satisfaisant toutes ses demandes avec des investissements en fonds propres supérieurs aux montants demandés. Grâce aux apports en fonds propres de nos actionnaires et à la vente de Crystal Palace, notre trésorerie s’est considérablement améliorée et nous disposons de ressources plus que suffisantes pour la saison 2025-2026. »
Plusieurs questions se posent ici : 83 millions d’euros ont-ils concrètement été injectés par le groupe Eagle Football et ses actionnaires pour les comptes de l’OL en début d’année 2025, comme n’a cessé de le répéter la direction ? De même, il est étonnant de voir « la vente de Crystal Palace » être mentionnée dans le communiqué, puisque celle-ci est en cours, comme l’a confirmé lundi après-midi le club londonien sur ses réseaux sociaux.
Vu le timing serré avec ce passage crucial devant la DNCG mardi après-midi, les 45 % de parts appartenant à John Textor (ce qui représente plus de 200 millions d’euros), en passe d’être vendues au copropriétaire des New York Jets Woody Johnson, ne pouvaient pas satisfaire la demande de la DNCG de présenter un budget prévisionnel garanti, sans le moindre aléa.
Les départs de gros salaires n’ont pas suffi
D’ailleurs, selon L’Equipe, l’instance de la LFP aurait tiqué en découvrant que John Textor ne promettait de réinjecter pour l’OL que 40 des 200 millions d’euros de cette vente de Crystal Palace, en cours de validation par la Premier League. En plein flou concernant les droits TV, comme pour tous les autres clubs de Ligue 1 ayant réussi leur examen de passage, l’OL n’a donc toujours pas su convaincre la DNCG au niveau des entrées d’argent concrètes.
Le joli récent transfert de Rayan Cherki (36,5 millions d’euros hors bonus), les rentrées financières liées à la Ligue Europa, la baisse conséquente de la masse salariale (via les départs de Lacazette, Lopes, Cherki, Caqueret et Tagliafico ces derniers mois) ou encore la centaine de salariés partis dans un plan de départs volontaires n’ont pas suffi.
Pourtant, dans l’euphorie de la victoire de son Botafogo contre le PSG (1-0) à la Coupe du monde des clubs, John Textor affirmait jeudi aux médias concernant l’OL : « On a réalisé divers investissements ces dernières semaines, tout est bon financièrement ». Egalement « satisfait » en sortie de DNCG mardi, l’homme d’affaires américain s’est une nouvelle fois trompé sur toute la ligne.
L’évocation de transferts de Botafogo n’est pas passée
De nombreux rappels à l’ordre pour des impayés à l’Urssaf et à des fournisseurs ont fuité dans la presse tout au long de la saison, de même que des avertissements de la FFF, de l’UEFA et de la Fifa. Autant de signaux qui ont placé pour de bon l’OL dans la catégorie des mauvais payeurs. D’après L’Equipe, la DNCG reprocherait également à John Textor d’avoir indiqué que des transferts de joueurs de Botafogo ces prochaines semaines (à commencer par Igor Jesus, Jair et Cuiabano, attendus à Nottingham Forest) devaient en partie bénéficier au budget de l’OL.
On coche ici les cases des rentrées d’argent potentielles, sans la moindre garantie, et des caractéristiques douteuses du modèle de multipropriété Eagle Football qu’a systématiquement refusé de prendre en compte la DNCG. Alors que la dette du club a explosé (de 436,8 millions d’euros au 30 juin 2024 à 540,7 millions au 31 décembre 2024), le risque d’un nouvel immense déficit dans un an a dans ce contexte été jugé trop important par la DNCG.
Un « grand club » en péril
« Avec des fonds démontrés et un succès sportif qui nous a valu une place en compétition européenne deux années de suite, nous ne comprenons sincèrement pas comment une décision administrative a pu reléguer un si grand club français. Nous ferons appel pour démontrer notre capacité à apporter les ressources nécessaires en termes de trésorerie pour garantir le maintien de l’OL en Ligue 1 », conclut le communiqué de l’OL publié mardi soir.
Notre dossier sur l'OLCe « grand club », à quelques minutes d’atteindre le dernier carré de la Ligue Europa au printemps avant son effondrement à Old Trafford (5-4), est pourtant bel et bien aux portes d’un retour en Ligue 2, pour la première fois depuis 37 ans. Avec durant cette période d’appel qui vient de s’ouvrir un grand flou général quant au mercato, à la constitution d’effectif, et à l’ambiance générale au sein du club en vue de la reprise d’un championnat en août. En Ligue 1, en Ligue 2, voire pire ?



















