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Espagne, Angleterre, Argentine… Quelle défaite serait la pire à avaler ?

Coupe du monde 2026 : Espagne, Angleterre, Argentine… Quelle défaite serait la pire à avaler pour les Bleus ?

FOOTBALL-FICTIONOpposés à l’Espagne mardi en demi-finale de Coupe du monde, les Bleus espèrent être encore présents le 19 juillet pour soulever le trophée et régner en maître sur la planète foot. Mais qui veut la victoire prépare la défaite (pour mieux la repousser)
Aymeric Le Gall

Aymeric Le Gall

L'essentiel

  • L’équipe de France s’avance vers la demi-finale contre l’Espagne, mardi prochain à Dallas, avec la conviction que la fin de leur aventure n’est pas pour tout de suite.
  • Et si nous ne sommes pas loin de penser comme eux, mieux vaut prendre les devants et imaginer le pire, histoire de se préparer à une déception qui minerait un peu notre été.
  • Mais qu’est-ce qui serait le pire ? Perdre la tête haute contre la Roja en demie ou tomber au pire des moments, en finale, contre nos rivaux (et un peu plus encore) argentins ou anglais ? On vous livre notre classement et on attend le vôtre.

De notre envoyé spécial dans un monde imaginaire,

A l’heure d’envisager la suite et la fin de l’aventure des Bleus en Coupe du monde, si possible le 19 juillet à New York avec le trophée dans les mains, on se permet d’envisager le pire des trois scénarios qui s’offrent à nous désormais, étant acquis qu’on se moque comme d’une guigne de l’issue d’une petite finale en cas d’élimination face aux Espagnols, mardi, à Dallas.

Si vis pacem para bellum. Qui veut la paix prépare la guerre. Dans notre cas, qui veut la victoire prépare la défaite. Trois scénarios du pire, donc : une défaite contre la Roja en demi-finale, une nouvelle torgnolle argentine en forme du coup de grâce ou l’affront d’une défaite contre la Perfide Albion. Brrrrrrr, ça fait froid dans le dos rien que d’y penser.

Tout étant une question de point de vue et de sensibilité, chacun se fera son classement personnel. Mais après consultation des six têtes pensantes du service des sports de 20 Minutes, et étant admis qu’il n’existe évidemment aucun bon scénario de défaite, surtout contre l’une de ces trois équipes, voici notre résultat par ordre décroissant.

3. L’Espagne en demie : C’est dur mais on s’en remettra car « pfiou, quelle belle équipe ! »

Aussi bizarre que cela puisse paraître, la défaite avant même d’avoir pu goûter à une troisième finale de Coupe du monde de rang nous paraît la moins douloureuse. Oui, oui, même contre une équipe comme l’Espagne que l’on place pourtant très haut sur notre « échelle de rivalités », cette même Espagne que les Bleus n’a plus battu en compétition officielle depuis vingt ans maintenant et dont les médias nationaux, dans leur suffisance légendaire, prennent un malin plaisir à nous faire passer pour des ploucs bons qu’à renvoyer à la retraite.

Mais parmi les trois adversaires qui pourraient se présenter à aux Bleus d’ici au 19 juillet, l’Espagne mérite peut-être le plus de respect sur le plan sportif, celle qui, comme le disait Lamine Yamal après la victoire étriquée face à la Belgique, « propose le plus beau football » avec l’équipe de France. Si le niveau global des matchs de cette Coupe du monde aura été finalement décevant ++, sachons reconnaître à l’Espagne un niveau de jeu pas trop vilain et un parcours pas si facile comme certains.

Si cette équipe espagnole semble animée d’une énorme confiance (d’un excès de confiance ?), nos confrères ont appris de leurs erreurs et, contrairement à 2006 où ils annonçaient « envoyer Zidane à la retraite », cette année les Bleus leur font peur, ils la respectent et, incroyable mais vrai, ils osent le dire à visage découvert. En sera-t-il de même en cas de victoire mardi ? On le découvrira bien assez tôt.

Mettre la Roja en « 3 » ne signifie pas pour autant que notre niveau de seum ne sera pas déjà bien élevé, mais s’incliner contre une équipe joueuse et dotée de certains talents rares, c’est toujours moins douloureux que contre la vile Angleterre ou l’infâme Argentine. Et justement on y vient.

2. L’Angleterre, pour la rivalité historique plus que sportive

Perdre en finale est une douleur que nous ne souhaitons pas même à nos pires ennemis (sauf aux Argentins) et, que ce soit contre la Perfide Albion ou l’Albiceleste, le résultat sera terrible quoi qu’il arrive. Mais puisqu’il faut choisir son poison, on a décidé après moult débats acharnés de mettre l’Angleterre en deuxième position. Certes cela risquera de pourrir le début de l’été - que l’on avait envisagé claquettes aux pieds en bombant le torse - mais ce serait pire avec les Argentins dont nous allons parler d’ici peu. Si l’Angleterre est toujours un ennemi que l’on adore détester - ou juste amicalement charrier, parfois - cela tient moins du sport que de la rivalité historique et culturelle dans son ensemble.

On ne pardonne pas Crécy (1346), Poitiers (1356) ou Azincourt (1415), tout comme on ne saurait pardonner cette cuisine infâme avalée à 18 heures, une heure où PERSONNE NE MANGE sur cette planète. Pas même qu’on n’oubliera Trafalgar (1805) ou Waterloo (1815) qui, si la VAR avait existé, à l’image de ce but scandaleux accordé aux Three Lions face à la Norvège dimanche soir, l’Angleterre n’aurait pas aujourd’hui une place (quelconque) et une gare (pas trop moche) célébrant ces victoires du côté de Londres.

Sportivement parlant en revanche, de quelle rivalité parle-ton ? Entre une équipe de France qui a fait du dernier carré du Mondial son pré du même nom et une Angleterre qui peine encore à (re) devenir une grande nation du foot. N’oublions pas que si leur championnat est le meilleur du monde, c’est d’abord et surtout grâce à son contingent de joueurs étrangers et rappelons à toutes fins utiles que le PSG a fait de la Premier League son hochet depuis deux saisons en Ligue des champions. Malgré une défaite contre les anglais reste une défaite contre les Anglais… Mais bon, au moins ce n’est pas l’Argentine.

1. L’Argentine ? Non, ça, on n’y survivra pas…

L’Argentine, venons-en. « La petite pref de Gianni Infantino », comme il se murmure dans les milieux autorisés. Il y aurait tellement de choses à dire qu’on ne sait par où commencer. Précisons déjà que si la rivalité sportive entre ces deux pays est aujourd’hui probablement ce qui se fait de mieux sur la planète foot, cela ne remonte pas à loin. Avant que les Bleus ne tabassent l’Albiceleste dans un huitième de finale devenu légende en 2018, point de départ de l’épopée russe de la bande à DD, les Bleus et les Bleu Ciel et Blanc n’ont que rarement eu à croiser le fer en Coupe du monde. Deux fois pour être exact, en 1930 et 1978, une rareté.

Il aura finalement fallu attendre 2022 et cette finale cinq étoiles pour que naisse quelque chose de l’ordre, non plus de la rivalité, mais de la haine, il convient d’appeler un chat, un chat. Si les Argentins ont amplement mérité leur victoire ce soir-là, la manière dont certains, joueurs et supporters compris, se sont comportés après le sacre a réduit à néant le capital sympathie d’un pays qu’on aime tant, pourtant.

Entre les déclarations de certains joueurs après le match, la célébration de Martinez avec la poupée de Mbappé lors de la parade à Buenos Aires, les allusions récurrentes et nauséabondes sur les origines des joueurs français, le tout couplés chants racistes d’une partie des supporters (qui ont encore eu cours aux Etats-Unis cette année…), ça fait beaucoup.

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Si la défaite de 2022 restera comme un souvenir amer, la beauté du scénario, la dramaturgie de ce match (le fait qu’avec Lloris au but on savait que c’était fini avant d’avoir commencé), ont aidé à faire passer la pilule. Cette année, après le parcours ultra-light de cette albiceleste, les décisions arbitrales trop souvent douteuses, cette sensation de plus en plus gênante d’un deux poids-deux mesures quand il s’agit de la bande à Messi,

Rien que d’imaginer d’ici les scènes de liesses et d’ivresse à la sortie du stade et les célébrations sur l’Avenida « Nueve de Julio » à Buenos Aires, non, désolé, c’est au-dessus de ce que nos petits cœurs seraient capables de supporter. Heureusement qu’aucun de ces scénarios ne verra le jour car, et vous l’aurez lu ici en premier, le 19 juillet, c’est le Bleu de l’équipe de France qui sera sur le toit du monde dans la ville qui ne dort jamais. Et sinon bon été à toutes et à tous malgré tout, on est ensemble.

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