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Comment une folle équipe du Cap-Vert a failli humilier l’Argentine en mondovision

Coupe du monde 2026 : Comment la folle équipe cap-verdienne a failli humilier l’Argentine en mondovision

UNA LO-CU-RA !L’Argentine championne du monde en titre s’est fait la peur de sa vie après avoir été poussée en prolongation et remontée deux fois au score par des Cap-Verdiens (67e nation au classement Fifa) formidables de générosité et de grinta
Aymeric Le Gall

Aymeric Le Gall

L'essentiel

  • L'Argentine s'est fait peur comme jamais samedi soir à Miami, en 16es de finale de Coupe du monde, face à une fabuleuse équipe capverdienne qui aura poussé la bande à Messi en prolongations.
  • Après avoir fait le plus dur en ouvrant le score en première période, les champions du monde en titre se sont vus trop beaux, trop vite, au point de baisser la garde et de se faire rejoindre par deux fois par le Cap Vert.
  • Il aura finalement fallu un troisième pion de Romero sur corner, à la 111e minute, pour délivrer définitivement les 60.000 supporters argentins au terme du soirée de folie.

De notre envoyé spécial à Buenos (Miami) Aires,

Foutue pause fraîcheur qui nous a matrixés l’esprit. Devant le spectacle aaaaaaffligeant proposé par l’Argentine dans le premier quart-temps de ce 16e de finale contre le Cap vert, dans une ville de Miami devenu une sorte de Buenos Aires bis ces 48 dernières heures, on s’est dit que le moment était bien choisi pour aller aux toilettes. Et au pire, si on a une minute de retard à la reprise du second quart-temps, il y a peu de chance qu’il se passe grand-chose. Tu penses, Hortense !

C’est précisément à ce moment que les champions du monde en titre ont décidé d’enclencher la sexy attitude et d’inscrire une version light du but de Bergkamp contre l’Argentine au stade Vélodrome en 1998. Avec Lisandro Martinez dans le rôle de Franck de Boer et Leo Messi dans celui du beau Dennis. Une passe fouettée en cloche et diagonale de 25 mètres toute beauté pour le premier, un contrôle en portemanteau enchaîné par une frappe coup du pied sous la barre pour le second, que lindo.

Le Cap-Vert

Et après ? Hé bien après rideau, nada, plus rien jusqu’à la pause, comme si la bande à Scaloni s’était dit que le principal était fait et qu’il pouvait retourner à leur sieste. Mais quand on est l’Argentine championne du monde en titre avec qui plus est le GOAT de la discipline sur le terrain, et qu’en plus on voit les autres favoris envoyer du lourd comme la France ou l’Espagne, on pensait en notre for intérieur que l’Alibiceleste aurait eu envie d’envoyer un message au monde. Et on passe sur les milliers de supporters argentins s’étant saignés pour faire le déplacement à Miami et se payer un billet… Le manque de respect était total.

Le retour des vestiaires ne fit que confirmer la sale impression du premier acte, avec une équipe trop sûre de sa supériorité et persuadée que jamais des douzièmes couteaux comme le Cap Vert ne pourraient leur poser le moindre problème. Mais c’était là mal connaître à la fois le karma et l’équipe de Bubista, quart de finaliste surprise de la dernière CAN, bien décidée à profiter de cette suffisance coupable.

Et sur une sortie de balle bien menée côté droit, l’ancien Lillois Rayan Mendes profitait des largesses de la défense argentine pour servir Duarte, lequel fusillait Emiliano Martinez de près et égalisait dans un silence de cathédrale. A deux mètres de nous, dans le box réservé à la presse, les deux journalistes cap-verdiens étaient à deux doigts de se mettre debout sur leur pupitre tandis que tout le banc des Requins Bleus fondait sur le buteur pour célébrer comme jamais au point de corner.

La fin de la folie ? Que nenni !

Il fallait au moins ça pour piquer au vif des Argentins soudainement redevenus fiers, mais désormais opposés à onze guerriers prêts à vendre chèrement leur peau, eux qui n’ont pas perdu un seul match en Coupe du monde dans leur histoire (trois nuls en phase de poule) et que personne ne prendra plus à la légère.

Par trois fois, les Cap-Verdiens ont rendu folle la bande à Messi. Une claquette sublime du gardien sur un coup franc de Messi dans la lucarne, un sauvetage miraculeux de Pico Lopes, l’Irlando-Cap Verdien né à Dublin, et re-une manchette de zinzin de Vozinha sur nouveau coup de pied arrêté de la Pulga, qui est plus est légèrement dévié par un tibia adverse…. A l’arrivée, cette vaillante équipe que personne ne voyait atteindre ce stade de la compétition est parvenue à pousser les vainqueurs du Qatar 2022 en prolongation, un exploit historique que personne n’oubliera au pays.

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Et c’est donc en toute logique que lors de notre deuxième pause pipi (true story) l’albiceleste a repris l’avantage, deux minutes après la reprise, grâce à un but signé Lisandro Martinez sur corner. Mais il était écrit que cette soirée entrerait dans l’histoire et, après avoir fait le plus dur (pensaient-ils à nouveau), les Argentins n’ont pu que constater, leurs yeux grands ouverts, le but époustouflant de Sidny Cabral, expédiant une merveille d’enroulé du droit depuis l’angle de la surface dans la lucarne opposée de « Dibu » Martinez (2-2, 103e).

« Dibu » sauve l’Albiceleste d’une humiliation historique

Blessés dans leur orgueil, les Ciel et Blanc s’en remirent alors à leur numéro 10 chéri et son pied droit pour déposer un corner sur la tête de Romero et tromper une troisième fois un Vozinha abattu (111e), à l’image de toute son équipe. La libération ? Pas vraiment. Car les Requins Bleus ne pouvaient décemment quitter cette Coupe du monde (par la grande porte) sans faire trembler par trois fois encore Emiliano Martinez, sauveur de la patrie dans une ambiance à couper au couteau, avant que l’arbitre ne libère définitivement tout un stade à deux doigts de la crise d’apoplexie.

Mais à voir le visage de Scaloni sur le but libérateur de Romero, la tête basse et s’essuyant les yeux avec les doigts, on comprend que l’ambiance ne sera pas à la fête dans les jours à venir. Pas même au soulagement. Les champions du monde en titre sont passés tout proches d’une humiliation mondiale et, on le confesse, cela n’aurait pas été pour nous déplaire. Même si une revanche France-Argentine en finale à New York le 19 juillet fera tout aussi bien l’affaire.

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