Ligue 1 : A-t-on assisté à un week-end charnière au niveau des polémiques arbitrales ?
FOOTBALL•Les décisions controversées de Clément Turpin (lors d’OL-Nice) et de Benoît Millot (pour Reims-Lens) ont marqué ce week-end de Ligue 1, et entraîné l’incompréhension des présidents, entraîneurs et joueursJérémy Laugier
L'essentiel
- La 22e journée de Ligue 1 a été marquée ce week-end par de grosses polémiques autour des matchs OL-OGC Nice (1-0) vendredi et Reims-RC Lens (1-1) dimanche.
- Le président du Gym Jean-Pierre Rivère et l'entraîneur lensois Franck Haise sont notamment montés au créneau dès la fin du match, en réclamant (en vain) les explications de Clément Turpin et de Benoît Millot.
- Plus globalement, depuis le début de l'année 2024, de nombreux matchs du championnat sont entâchés par des décisions controversées, et la question de l'intervention (ou non) du VAR est plus que jamais remise en question par les différents acteurs de la Ligue 1.
On l’avoue : on a pensé avoir atteint à plusieurs reprises le climax des polémiques arbitrales en Ligue 1 depuis le début de l’année 2024. Dans l’ordre, les matchs Le Havre-OL (3-1), OM-Monaco (2-2), Nantes-Lens (0-1), puis le trio du 11 février Clermont-Brest (1-1), Montpellier-OL (1-2) et Nice-Monaco (2-3) ont tous été marqués par des décisions controversées du corps arbitral, rarement aidé par le VAR sur ces coups-là.
Mais on a sans doute encore franchi un cap ce week-end, quand on voit à quel point le président de l’OGC Nice Jean-Pierre Rivère (vendredi après la défaite 1-0 à Lyon) et l’entraîneur du RC Lens Franck Haise (dimanche après le nul 1-1 à Reims) étaient remontés. Dans le viseur cette fois : Clément Turpin, coupable d’avoir oublié « au moins deux penaltys » (les arbitres VAR ne sont pas intervenus) en faveur des Aiglons selon Jean-Pierre Rivère, et Benoît Millot, dont une décision reste d’autant plus surprenante qu’il est allé revoir les images sans se déjuger à Reims.
« Il faut attendre une jambe cassée pour faire le travail ? »
On vous replonge dans le contexte : à la 52e minute de jeu, à 1-1, le défenseur rémois Joseph Okumu signe un tacle dangereux sur Przemysław Frankowski. Benoît Millot le sanctionne d’un simple carton jaune, mais les arbitres VAR l'alertent. Contrairement à l’extrême majorité des cas, il conserve sa décision de ne pas mettre de carton rouge après avoir visionné les images, malgré la brutale intervention d'Okumu, bien au-dessus de la cheville du piston polonais.
« Il faut attendre une jambe cassée pour faire le travail ?, pestait à chaud Franck Haise au micro de Canal +. Qu’est-ce qu’il faut attendre en fait ? Qu’est-ce qu’il faut de plus ? Il est appelé par le VAR, alors qu’à Nantes, malgré les deux pieds sur le genou de notre joueur, il n’y avait pas faute, et pas de VAR. Là, il peut lui casser la jambe. Je veux que l’arbitre puisse expliquer. C’est possible de faire des erreurs en direct. Avec la vitesse, c’est compliqué à juger. Mais quand le VAR vous appelle, et que l’image est nette, c’est incompréhensible. Et ça arrive tous les week-ends, et pas qu’à nous. Vivement la sonorisation des arbitres… » »
Ce souhait de Franck Haise d’entendre en direct toutes les remarques des arbitres (comme tous les téléspectateurs) via un micro, qui était également celui de la FFF en vue de cette saison de Ligue 1, avait été refusé en avril 2023 par l’International football association board (Ifab). Par contre, la nouvelle ère de l’arbitrage post-Pascal Garibian (avec le duo Gautier-Lannoy à sa tête) est marquée, depuis le printemps dernier, par l’autorisation inédite pour les arbitres de défendre leurs décisions, s’ils le souhaitent, face aux médias.
Les arbitres peuvent s’exprimer face aux médias… mais ils ne le font pas
On avait ainsi vu coup sur coup Jérémie Pignard et Abdelatif Kherradji s’expliquer après leur rencontre (Nantes-Troyes et Bordeaux-Grenoble) au micro du diffuseur, en avril 2023. Sauf que de telles (bonnes) initiatives n’ont pas été reconduites jusque-là cette saison en Ligue 1. Clément Turpin et Benoît Millot ont par exemple fui les médias ce week-end après leurs décisions controversées, laissant dans l’incompréhension Jean-Pierre Rivère, Franck Haise et de nombreux joueurs, supporteurs et journalistes.
Au bout de ce week-end de ras-le-bol côté niçois et lensois, il est intéressant de voir à quel point les joueurs peuvent être force de proposition, à l’image de Brice Samba. « Il y a trop d’incohérences dans l’utilisation du VAR, lance le gardien des Sang et Or. C’est vraiment propre à chaque arbitre, c’est dommage. On demande plus de clarté car là, c’est le bordel. Je pense qu’il devrait y avoir une règle d’or pour tout le monde. Si la faute est au-dessus de la cheville, c’est rouge quoi qu’il arrive, quelle que soit la situation. Ce soir, c’est rouge à 100 %. » Contre Joseph Okumu mais aussi contre ce début d’année 2024 de l’arbitrage français.


















