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FOOTBALLQuel coach pourrait envoyer encore plus vite l’OL en Ligue 2 que Grosso ?

OL : John Textor peut-il trouver un entraîneur capable d’envoyer encore plus vite son club en L2 que Fabio Grosso ?

FOOTBALLAlors que Fabio Grosso vient d’être écarté d’un Olympique Lyonnais dernier de Ligue 1 ce jeudi, après des résultats désastreux durant sept journées, John Textor se met en quête de son successeur. « 20 Minutes » a bien des idées à lui soumettre
Les indices du passage éphémère de Fabio Grosso étaient là.
Les indices du passage éphémère de Fabio Grosso étaient là. - Mourad ALLILI/SIPA / SIPA
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • Alors que l’Olympique Lyonnais est actuellement 18e en Ligue 1, John Textor a décidé ce jeudi d’écarter son entraîneur Fabio Grosso.
  • Le coach italien, qui n’avait pris que 5 points sur 21 depuis deux mois et demi à la tête de l’OL, sera provisoirement remplacé par Pierre Sage, le directeur du centre de formation du club.
  • 20 Minutes se penche sur la question de la succession de Fabio Grosso, en se demandant comment les résultats pourraient encore être pires pour ce Lyon filant droit vers la Ligue 2.

Le temps quasi-burlesque des changements en pagaille dès la mi-temps et des 20 joueurs différents titularisés en seulement sept matchs de Ligue 1 est révolu à l’Olympique Lyonnais. Car oui, après deux mois et demi à la tête d’un laboratoire sans queue ni tête, Fabio Grosso vient officiellement d’être écarté de l’OL ce jeudi. Ses résultats (5 points pris sur 21) étaient aussi désastreux que ceux de Laurent Blanc depuis cet été (un nul et trois défaites en quatre matchs), ce qui n’était pas une mince affaire. Avec ces deux entraîneurs, il ne fait guère de doute que l’OL (18e à cinq points du premier non relégable) filait vers la Ligue 2, pour la première fois depuis la saison 1988-1989. Alors que le directeur du centre de formation Pierre Sage va assurer l’intérim, 20 Minutes a envie de donner un coup de main à John Textor pour son prochain choix. Des propositions garanties 100 % « Highway to L2 », évidemment.

Le choix le plus écoresponsable

C’est enfin l’heure de voir Juninho sur le banc de l’OL, et non pas dans un obscur rôle de conseiller spécial. Enfin, sur le banc, pas tout à fait. Afin de répondre aux difficultés économiques du club et pour favoriser l’épanouissement personnel de son entraîneur (ce qui fait sens vu la joie de vivre de ses prédécesseurs une fois à Lyon), ainsi que son bilan carbone indirect, John Textor va casser les codes. Il permet à « Juni » de tranquillement poursuivre sa vie à Rio de Janeiro. Oui oui, tout en animant les séances d’entraînement de l’OL, les causeries d’avant-match et en décidant des changements durant les rencontres via Zoom, ce à quoi même Ted Lasso n’avait pas songé.

Notre pronostic : Malgré une synergie intéressante avec Botafogo, grâce à un turnover inédit de pigistes brésiliens venant dépanner les (quelques) failles de l’effectif, l’audacieux projet Textor-Juninho ne va pas sauver le navire lyonnais. Après avoir sorti la tête de la zone rouge à l’issue d’un succès (1-4) à Clermont à la 33e journée, l’OL subit cinq points de pénalité de la part de la LFP pour avoir fait appel à 17 joueurs extra-communautaires différents rien que sur la phase retour du championnat. Road to l'échelon inférieur.

Le choix le plus « lyonnaise foi »

Le propriétaire américain de l’OL prend tout le monde à contrepied en décidant de recentrer le club sur un concept totalement novateur « d’ADN OL ». Pour casser l’image de multipropriété de clubs d’Eagle Football, John Textor se met en tête de faire revenir les glorieux anciens. Après une étude poussée sur les réseaux sociaux (sans le dispensable filtre anti-trolls), il opte pour un ticket Bruno Genesio-Raymond Domenech. L’idée est de permettre au premier d’étoffer l’effectif avec les recrutements des prometteurs Maxime Gonalons, Samuel Umtiti, Jordan Ferri et Rachid Ghezzal pour accompagner le trio Lopes-Tolisso-Lacazette, tout en s’assurant que le second gère la dimension « entertainment » qui lui est chère en conférence de presse.

Notre pronostic : Grâce à un Lacazette retrouvé (17 buts sur la phase retour et aucune minute sur le banc), l’OL effectue une petite remontada jusqu’à la 16e place. Les dieux du foot étant taquins, Lyon s’effondre lors du barrage contre le troisième de Ligue 2, à savoir… l’ASSE (0-1). Les expulsions combinées de Domenech, Tolisso et Ferri dans ce derby qui fera date n’ont pas aidé il est vrai.

Ah, que ce logo de la Ligue des champions sur le maillot de Corentin Tolisso paraît loin.
Ah, que ce logo de la Ligue des champions sur le maillot de Corentin Tolisso paraît loin. - PHILIPPE DESMAZES / AFP

Le choix le plus « Olympico »

John Textor n’a pas mis longtemps à comprendre la puissance de la rivalité entre l’OM et l’OL. Son calcul est d’une simplicité folle : avec des moyens comparables à ceux de Lyon, l’Olympique de Marseille a (jusque-là) fini sur le podium à chaque saison complète de l’ère Pablo Longoria. Après avoir donc débauché le responsable du recrutement marseillais Matthieu Louis-Jean, puis avoir reconstitué toute son équipe (Benjamin Charier, Thomas Maurin, Mathieu Seckinger…), mais aussi le directeur sportif de l’OM David Friio (ex-ASSE tant qu’à faire), autant pousser la logique jusqu’au bout en faisant le forcing pour Jorge Sampaoli et Igor Tudor, actuellement sans club. Contre toute attente, Jorge Sampaoli accepte le job malgré le souhait de l’OM de le faire revenir.

Notre pronostic : A des années-lumière de l’actu de la Ligue 1 depuis son départ précipité de Marseille en juillet 2022, Jorge Sampaoli annonce que la Ligue des champions n’est pas si loin pour l’OL lors de sa présentation devant la presse. Il explique également qu’il devra surtout bien composer durant les trêves internationales sans Tolisso et Lacazette, « indispensables » à Didier Deschamps. En découvrant le classement pour la première fois, au soir d’un flamboyant succès contre Toulouse (3-0 le 10 décembre), il claque la porte. Pris de court, John Textor rêve moins grand sur ses choix d’ex-Marseillais. Michel débarque, et la relégation de l’OL est officialisée dès la 30e journée, après un historique 8-0 au Parc des Princes.

Jorge Sampaoli va-t-il connaître un deuxième Olympique dans les prochaines semaines ?
Jorge Sampaoli va-t-il connaître un deuxième Olympique dans les prochaines semaines ? -  Filippo MONTEFORTE / AFP

Le choix le plus « Eagle Football »

John Textor décide de récompenser son employé de l’année Claudio Caçapa. Après tout, celui-ci s’est farci d’être, rien que cet été, l’adjoint de Laurent Blanc durant une partie de la désastreuse présaison lyonnaise (quatre défaites de rang sans un but inscrit), mais aussi entraîneur intérimaire à Botafogo (Brésil), et entraîneur principal à Molenbeek (Belgique). Difficile donc de faire plus cohérent que de promouvoir l’ancien champion de France avec l’OL (de 2002 à 2007) sur le banc lyonnais en tant que numéro un. La logique de récompense au sein de la galaxie Eagle Football serait alors la digne héritière des passerelles sans cesse constatées du côté des deux clubs Red Bull en Europe. Et puis accessoirement, ça peut permettre de relancer Molenbeek, actuellement 11e de la Jupiler Pro League après son derby perdu contre Anderlecht (1-2).

Notre pronostic : Parfois perdu entre les trois effectifs professionnels à disposition qu’il a pu entraîner en l’espace de six mois, Claudio Caçapa peine à convaincre. Sans le moindre succès obtenu en Ligue 1 jusqu’à Noël, l’ancien défenseur parvient à convaincre John Textor de le laisser retourner à Molenbeek, là où « le projet et la dynamique sont bien meilleurs » selon lui. Le propriétaire de l’OL se replie en janvier sur le Brésilien Tiago Nunes, qui a le mérite de chercher un point de chute après son expérience guère concluante à Botafogo. Mais (étrangement) la greffe ne prend pas, et Lyon coule en Ligue 2 dans l’anonymat le plus total, le 14 avril après un nul (0-0) face à Brest.

Le choix le plus clinquant

John Textor convoque la presse lyonnaise le 8 décembre et annonce qu’il a « vu la lumière » pour empêcher l’OL de couler en Ligue 2, avec un choix très très lourd sur le banc. A savoir le champion d’Angleterre 2012 avec Manchester City et vainqueur du dernier Euro avec l’Italie. Oui, oui Roberto Mancini himself. Lorsqu’un journaliste lui demande comment il était parvenu à le convaincre de quitter son contrat mirobolant avec la sélection saoudienne, l’homme d’affaires américain lui répond qu’il est mal renseigné et que l’ami Roberto est libre de tout contrat. Problème : John Textor est tombé sur la fiche de cet improbable Roberto Mancini, ex-éminent coach du FC Cerdagne Capcir (en Départemental 2 des Pyrénées-Orientales, true story), en se baladant sur le site de l’Unecatef, où se trouve cet homonyme entre les profils de Frédéric Antonetti, Mehmed Bazdarevic, Mickaël Landreau et William Prunier.

Voici le véritable Roberto Mancini, pas celui qui s'est perdu sur le banc de la sélection saoudienne.
Voici le véritable Roberto Mancini, pas celui qui s'est perdu sur le banc de la sélection saoudienne. - Capture d'écran du site de l'Unecatef

Notre pronostic : Confronté à son incroyable boulette, John Textor limoge aussitôt le Roberto Mancini pyrénéen. Souhaitant toujours un coach à stature Ligue des champions, il tente sa chance pour débaucher durant la trêve hivernale un certain Peter Bosz, leader du championnat néerlandais et qualifié sans trembler en huitièmes de finale de C1 avec le PSV Eindhoven. Vexé de se faire sans cesse raccrocher au nez par ce dernier, il se replie sur Pascal Dupraz, qu’il surnomme « Croziflette Al Pacino » après être tombé sous le charme de sa fameuse causerie avant Angers-TFC. Devinez quoi, là non plus l’OL ne se tire pas d’affaire, après des ultimes revers à Clermont (1-0) et contre Strasbourg (1-3), deux concurrents directs. Peut-être pas tant « une blague » que ça, cette histoire de relégation après tout.

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