OL-FC Lorient : « Notre bilan fait peur »… Au point mort, Lyon se prépare à galérer dans son opération maintien
FOOTBALL•Rejoint après avoir mené de deux buts (de 3-1 à 3-3), l'Olympique Lyonnais (17e) affiche une fébrilité confondante, qui le pousse à un constat, après huit journées de Ligue 1 : il joue bel et bien le maintienJérémy Laugier
L'essentiel
- En concédant ce dimanche le match nul contre le FC Lorient (16e), après avoir pourtant mené de deux buts à la pause (de 3-1 à 3-3), l'Olympique Lyonnais confirme qu’il est profondément malade.
- Arrivé il y a trois semaines à Lyon, Fabio Grosso n’a pas encore permis à son groupe, actuel 17e de Ligue 1, d’obtenir la moindre victoire cette saison.
- Dans cette sombre période, l’entraîneur italien reconnaît que l’OL « joue bien sûr le maintien », ce que même les supporteurs les plus pessimistes n’auraient pas imaginé cet été.
Au Parc OL,
Pour une fois, tout ne se présentait étrangement pas si mal pour l’Olympique Lyonnais à la mi-temps. A savoir un vent de folie offensif, avec trois buts inscrits en vingt minutes, pour renverser un Lorient extrêmement faible derrière (de 0-1 à 3-1), soit autant que sur les sept premières journées de Ligue 1. Depuis le 20 août, l’OL n’avait même trouvé la faille que sur un penalty (quasi-cadeau et anecdotique) transformé par Corentin Tolisso dans la raclée contre le PSG (1-4). Et là, patatras, on a eu droit à 15h54 au tweet synonyme de mauvais œil ultime de la part de Jean-Michel Aulas : « Merci Alex [Lacazette, surnommé « notre seigneur » dans un précédent message quelques minutes plus tôt, true story], merci Fabio : à tous ceux qui ont osé critiquer Alex ces derniers jours, que la honte leur tombe sur la tête et qu’ils apprennent à soutenir leur équipe pour que notre OL revienne là où il était et soit de plus en plus haut ».
Pas de souci, une heure plus tard, Lyon poursuit sa série catastrophique, toujours sans la moindre victoire au compteur (3-3), avec 3 points pris sur 24 possibles, et une flippante 17e place. A quatre points du barragiste, cinq du premier non-relégable, et dix de la Ligue des champions, l’objectif martelé tout l’été par John Textor, y compris après l’éviction de Laurent Blanc. C’est évidemment la première fois de son histoire que l’OL est au point mort de la sorte dans un début de saison en Ligue 1. De quoi valider officiellement que le club joue le maintien ? « Pour le moment, on est là, on ne peut pas jouer les premières places. Donc, bien sûr, qu’on joue le maintien », admet le nouvel entraîneur Fabio Grosso en conférence de presse.
« Il ne faut pas prêter attention au classement maintenant »
Un propos plus clair que celui du pauvre Clinton Mata, heureux élu pour répondre au diffuseur Prime Vidéo en bord de terrain, quelques secondes après la fin d’une deuxième période cataclysmique. Voilà ce que ça donnait, texto : « Je pense que… Ouais il faut… Je ne vous cache pas que c’est difficile ». Comme l’international angolais, les joueurs lyonnais étaient prostrés sur la pelouse, chacun dans leur coin, au coup de sifflet final. Un paquet de doutes accompagnait cet été l’équipe lyonnaise, en plein déclassement depuis ses deux derniers podiums en 2018 et 2019, et en plein flou artistique avec l’encadrement de son mercato pour la première intersaison de l’ère John Textor. Mais de là à imaginer un pareil chantier, qui s’accompagne déjà de la crainte réelle des supporteurs de revivre le derby en Ligue 2 contre le voisin stéphanois…
« Notre bilan [3 nuls et 5 défaites] fait peur, indique Maxence Caqueret, seul joueur lyonnais venu passer une tête en zone mixte. Ce ne sont pas les résultats qui correspondent à cette grande institution. Honnêtement, il ne faut pas prêter attention au classement maintenant. On sait très bien qu’on est dans le rouge. Allons chercher cette première victoire qui va nous libérer. » »
Mais pourquoi cette équipe, pourtant délestée du calendrier européen, n’est pas parvenue à inscrire cette première victoire ce dimanche ? A son corps défendant, l’OL a subi deux monumentales frappes lointaines, signées Eli Junior Kroupi (17 ans, 8 matchs et 1 but en L1 au compteur) et Darlin Yongwa (latéral gauche de 23 ans n’ayant jusque-là inscrit qu’un but dans sa carrière pro). « Je ne crois pas beaucoup en la chance, évoque à ce propos Fabio Grosso. La chance, on va la chercher et aujourd’hui, on pouvait mieux la chercher encore, car parfois on est sorti de ce match. »
Le public lyonnais découvre O’Brien, Alvero et Diawara
Maxence Caqueret est sur la même ligne que son entraîneur : « On sait qu’on est dans une période hyper dure et qu’on ne va rien nous donner. C’est à nous d’aller chercher ce qu’on voudra. Là, on réagit bien en première période, on a le match en mains, puis on donne encore une fois des buts, c’est frustrant. Etre à 100 % ne suffira pas. Il faudra être à 200 % pour prendre enfin les trois points. » Ouch, donc même contre des Merlus qui viennent de ramasser 16 buts sur les 5 dernières journées, l’OL est tombé si bas qu’il doit sortir le match de sa vie pour l’emporter ?
L’hypothèse prend corps au vu du onze de départ bouleversé ce dimanche par Fabio Grosso, et qui ne respire pas vraiment une ambition de Top 5 en Ligue 1, entre le défenseur Jake O’Brien (inconnu irlandais de 22 ans débarqué de D2 belge), les milieux Skelly Alvero (21 ans, une seule saison professionnelle dans les pattes en L2 à Sochaux) et Mahamadou Diawara (ex-U19 au PSG, premier match pro à 18 ans). « Ce sont des choix forts, constate après coup Alexandre Lacazette [auteur d’un doublé] au micro de Prime Vidéo. Pour avoir sa place, il faut le mériter. Ça montre que le coach a confiance dans tout le groupe. » Ou plus simplement qu’il n’a plus confiance, après seulement trois semaines, en ses cadres supposés.
La passe fatale de Mama Baldé à Darlin Yongwa
Sorti du onze, le fantôme de Corentin Tolisso a signé une entrée en jeu insipide à l’heure de jeu contre Lorient. Quant à Rayan Cherki, clairement le dépositaire du jeu lyonnais avec Laurent Blanc, il n’a fait son apparition qu’à deux minutes de la fin. Après avoir réconforté des joueurs abattus sur la pelouse, Fabio Grosso s’emploie à positiver, malgré ce scénario à même de cabosser même les têtes les plus solides : « On a fait de très bonnes choses ensemble, avec une volonté commune d’aller chercher la victoire. On a mis l’esprit sur le terrain. Et puis, si Mama Baldé marque de la tête à la 90e minute, on parlerait d’autre chose… ». Certes, mais si on ne cède pas au foot fiction, on retiendra que dans la réalité, le joker lyonnais s’est fendu d’une désastreuse passe décisive… pour le Lorientais Darlin Yongwa sur l’égalisation (3-3, 79e). Le genre d’action lunaire qui symbolise à merveille un premier quart de saison galère.
Pour autant, Maxence Caqueret pointe aussi les signaux positifs entrevus : « Il y a quand même du mieux, il y a une solidarité dans cette équipe. Ça m’a marqué sur le terrain : j’ai vu des joueurs qui se parlaient, qui avaient envie de récupérer la balle et de marquer. Ce sont des petites choses qui font penser que ça va aller. Ça va nous aider pour la suite. Physiquement, on était déjà mieux aussi que sur notre précédent match [2-0 à Reims]. On travaille énormément, avec beaucoup de séances physiques. Mais il n’y a pas que le physique, il va falloir mettre la technique et la tactique aussi ».
« On ne lâchera jamais rien, on est des combattants »
Sur ce point, s’il est compliqué, dans ce marasme général, d’incriminer Fabio Grosso après seulement trois matchs (1 nul et 2 défaites), son coaching du jour n’a pas vraiment aidé son groupe, entre la titularisation sans doute précipitée d’un Dejan Lovren fébrile et impliqué sur le deuxième but, le choix de lancer Corentin Tolisso à un moment où le milieu de l’OL flanchait déjà, et le changement Nuamah-Kumbedi pour le moins frileux à 3-2 (71e). L'entraîneur italien assume « ne pas regretter » ce choix-là et pointe (à raison) « les petits cadeaux » faits par ses joueurs.
NOTRE DOSSIER SUR L'OLYMPIQUE LYONNAISGlobalement soutenus par les deux virages du Parc OL, ceux-ci se doutent qu’une nouvelle contre-performance contre la lanterne rouge Clermont, le 22 octobre après la trêve internationale, fragiliserait davantage tout un club en perdition. « On ne lâchera jamais rien, promet Maxence Caqueret. On est des combattants. On a une forte détermination dans ce groupe et on sait que les beaux jours arriveront ». Du côté des supporteurs lyonnais, ce discours optimiste s’effrite pourtant chaque semaine un peu plus au sujet des « combattants » composant cet OL en crise.


















