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On est partis à la chasse aux Bleus dans le parc en bas de leur hôtel

Coupe du monde 2026 : On est partis à la chasse aux joueurs de l’équipe de France dans le parc en bas de leur hôtel

Sherlock HolmesPour quitter la monotonie de leur hôtel à Boston, les Bleus vont parfois se balader dans le parc qui jouxte le Four Seasons
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Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • Depuis le début de la Coupe du monde, l’équipe de France réside à Boston, dans un hôtel qui jouxte le plus ancien parc urbain des Etats-Unis, le Boston Common.
  • Plusieurs joueurs (Adrien Rabiot, Ousmane Dembélé, Kylian Mbappé…) ont été vus par des Bostonians en train de se balader dans ce parc.
  • « 20 Minutes » est parti dès potron-minet dans le centre de la capitale du Massachusetts pour aller à la rencontre de nos joueurs.

De notre envoyé spécial à Boston,

Il ne nous en faut pas beaucoup, vous savez. Quelques arbres, l’océan à proximité, des monuments sympas, des parcs, un centre abordable à pied et on fait de votre ville la meilleure du monde (derrière Bordeaux). Remercions donc le staff de l’équipe de France d’avoir les mêmes goûts que nous. En choisissant Boston comme camp de base de cette Coupe du monde, après un tirage au sort qui a envoyé les Bleus disputer ses matchs dans le nord-est des Etats-Unis, l’encadrement a fait un petit pas pour les suiveurs du groupe tricolore, mais surtout un bond de géant pour la qualité de vie des joueurs français.

Oublié, le camp de base à Istra (Istra), en 2018, isolé de toute vie humaine. Envolé le luxe surfait de Doha (Qatar) en 2022. Tombé au champ d’honneur Bad Lippspringe (Allemagne), et son calme mortifère à l’Euro 2024. A Boston, les Bleus ont trouvé la pépite qu’il leur fallait, avec l’hôtel Four Seasons en plein centre de la ville, où ils jouissent d’une certaine tranquillité tout en pouvant profiter de la ville à leur convenance, et notamment de Boston Common, plus vieux parc urbain des Etats-Unis, construit en 1634, qui jouxte l’établissement.

C’est dans ce parc que, selon les milieux autorisés chers à Coluche, les joueurs de l’équipe de France peuvent, à l’occasion, sortir se promener dès potron-minet, comme plusieurs photos postées sur les réseaux sociaux le prouvent. Nous avons donc décidé de vérifier ça de nos propres yeux et mis le réveil à l’heure où nos confrères se couchent (message de service : pas tous) pour aller à la rencontre de nos joueurs.

Ecureuils, gens paumés et footing

6h52 : Arrivée sur les lieux de l’enquête. On se poste sur un banc derrière quelques arbustes, juste devant la statue de Wendell Phillips (on y reviendra). La vue sur l’entrée de l’hôtel de l’équipe de France est imprenable. On peut voir sans être vu, ce qu’on apprend dans toutes les écoles de détectives privés.

7h03 : La porte du Four Seasons s’ouvre, la sécurité décale les barrières pour laisser passer deux personnes avec tee-shirts et shorts des Bleus. On ne nous avait pas menti, il y a donc bien l’équipe de France qui vient se promener dans Boston Common. A leur entrée dans le parc, on se rend finalement compte que ce sont deux membres de l’encadrement, dont l’officier de sécurité de la sélection, Mohamed Sanhadji. C’est un bon début.

7h17 : Devant le peu de mouvements, on décide de marcher le long du chemin parallèle à l’hôtel, avec toujours un œil sur l’entrée de l’établissement (ne jamais perdre sa cible de vue, James Bond vous le dira), où une tripotée d’écureuils se baladent en liberté. Pas du tout effrayées par la présence humaine, alors qu’on se rapproche d’eux, les petites bêtes se montrent même un peu énervées quand elles voient qu’elles n’auront rien à manger. On retourne s’asseoir sur le banc. Ne jamais prendre de risque inconsidéré, règle de base du manuel.

Un des nombreux écureuils présents dans Boston Common.
Un des nombreux écureuils présents dans Boston Common. - A. Huot de saint Albin / 20 Minutes

7h34 : Trois autres personnes avec les tenues des Bleus sortent à leur tour faire un footing. Cette fois, on n’est pas pris au piège, trois chauves, on sait qu’il s’agit des membres du staff de Didier Deschamps ou de Frank Lebœuf (« Vous voulez savoir combien vaut votre voiture ? »).

Petite frayeur et Théo Hernandez (ou presque)

7h41 : A côté de la statue de Wendell Phillips, dort sur l’herbe une personne sans domicile fixe. Autour de lui, les joggeurs, dans des tenues toujours plus flashys, se multiplient. Deux mondes qui se côtoient et ne se fréquentent pas.

8h02 : Ça y est, on tient notre premier joueur ! Au loin, après avoir détourné le regard pendant quelques secondes, on voit Théo Hernandez, tee-shirt orange et short noir, faire un petit footing. Quand il se rapproche de nous, on comprend vite qu’il ne s’agit pas du tout du latéral gauche des Bleus. Le simple point commun : une belle chevelure, des tatouages et un physique assez carré. On continue nos recherches.

8h19 : Encore quatre membres de l’encadrement des Bleus partent faire un footing, mais toujours aucun joueur ne sort de ce fichu hôtel. L’espoir est quand même toujours là, le petit-déjeuner des joueurs de l’équipe de France se termine à 10 heures, ils attendent de finir et viendront après.

La statue de Wendell Phillips dans Boston Common.
La statue de Wendell Phillips dans Boston Common. - A. Huot de saint Albin / 20 Minutes

8h44 : Puisqu’on ne fait qu’attendre, autant s’instruire : Wendell Phillips est un abolitionniste américain au XIXe siècle. Sur la même allée, trois autres statues trônent : Thomas Cass (commandant militaire durant la guerre civile américaine au XIXe siècle), Tadeusz Kosciuszko (qui a servi au XVIIIe siècle dans l’armée américaine) et Charles Sumner (avocat et sénateur du Massachusetts au XIXe siècle). Toujours pas d’Adrien Rabiot ou d’Ousmane Dembélé.

Restaurant français et désespoir

9h13 : Face au vide, on décide de se lever de notre planque et d’aller innocemment vers l’entrée de l’hôtel en se faisant passer pour un supporteur français. On demande à la sécurité si des joueurs ont l’habitude de sortir au parc. « Non, juste pour aller à l’entraînement. » On n’aura pas plus d’indice, on retourne sur notre banc, qui apparaît de plus en plus comme le banc des lamentations.

9h38 : Au milieu des Bostonians qui font leur jogging, on trouve plusieurs spécimens : cet homme, sosie de Joe Exotic, qui marche en arrière en toute décontraction. Cette personne, casquette des Boston Bruins sur la tête, qui frotte le tronc d’un arbre avec de l’eau, comme pour le nettoyer. Cet employé de la mairie avec sa souffleuse à feuilles qui nous dit de bouger de notre repère pour qu’il fasse son travail (on a obéi).

10h12 : L’erreur bête. Le réveil matinal nous a fait oublier de prendre notre petit-déjeuner. Mais l’option d’aller chercher quelque chose à manger en quittant notre lieu d’observation est inenvisageable (le professionnalisme). On se contente de manger avec les yeux en regardant le menu du restaurant français le Bistrot du Midi, juste à côté de l’hôtel : omelette, foie gras terrine, « french onion soup »… La cuisine française nous manque.

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11h53 : Après quatre heures d’attente, on se décide à plier bagage, aucun joueur ne viendra donc se balader à une heure si avancée, alors que Boston Common se remplit à vitesse grand V. Si certains joueurs sortent accompagnés de membres de sécurité, d’autres arrivent à se balader tranquillement seuls sans être inquiétés par les Américains, qui n’ont pas franchement une grosse culture foot. Vraiment, le choix de Boston était parfait pour les joueurs.

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