Grèce : Menacé et par crainte de représailles, un arbitre admet avoir changé le résultat d’un match
FOOTBALL•L’arbitre grec Giorgos Kominis, menacé par le président du PAOK Salonique lors d’un match contre l’AEK Athènes en 2018, a avoué ce samedi avoir pris une décision ayant changé le résultat final de la rencontre, par crainte pour ses prochesA.H. avec AFP
«Cette rencontre a hanté ma carrière. » L’arbitre grec Giorgos Kominos a reconnu, ce samedi, avoir pris une décision ayant changé le résultat final de la rencontre, par crainte pour ses proches. C’était lors de la rencontre PAOK Salonique-AEK Athènes. L’homme fort du PAOK, Ivan Savvidis, avait pénétré sur la pelouse lors de cette rencontre en mars 2018, arme à la ceinture, pour menacer l’arbitre qui venait de refuser un but à son équipe, pour cause de hors-jeu, à la 90e minute.
L’homme en noir avait alors modifié sa décision, accordant le but au PAOK, qui devait en principe hériter de la première place en Super League, avec une victoire 1-0. Mais l’arbitre n’avait pas pu convaincre l’AEK de revenir sur le terrain pour que le match soit réglementairement terminé, les joueurs refusant de reprendre la rencontre après l’incident.
Sa femme menacée
Giorgos Kominis a expliqué au média betarades.gr avoir en effet changé l’issue du match, par crainte pour sa famille. Il raconte ainsi avoir été « écœuré » lorsque des personnes situées à l’extérieur des vestiaires avaient menacé sa femme, sous le regard indifférent de la police.
Par la suite, « des gens ont suivi ma femme au supermarché alors qu’elle était enceinte de huit mois. Je ne l’ai jamais dit à personne auparavant », a-t-il ajouté. Il a aussi assuré que l’arbitre de touche lui avait dit « mot pour mot "le but est hors jeu" ». « Mais qui peut le refuser ici ? », a-t-il suggéré en faisant référence au public du PAOK.
L’incident avait amené le gouvernement à suspendre le championnat grec pendant près de trois semaines. Ivan Savvidis, influent homme d’affaires gréco-russe, a été initialement condamné à vingt-cinq mois de prison avec sursis. Une sanction réduite à huit mois par une cour d’appel en mai dernier. Kominis a lui été rayé de la liste des arbitres deux ans après l’incident.



















