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Equipe de France féminine : Corinne Diacre peut-elle rester en poste après ces nouvelles attaques ?

footballLa sélectionneuse est de nouveau critiquée ouvertement par des cadres de l’équipe de France
la sélectionneuse des Bleues Corinne Diacre lors de France-Uruguay à Angers, le 18 février 2023.
la sélectionneuse des Bleues Corinne Diacre lors de France-Uruguay à Angers, le 18 février 2023.  - AFP / AFP
Nicolas Camus

N.C.

L'essentiel

  • Wendie Renard, Kadidiatou Diani et Marie-Antoinette Katoto, trois cadres de l’équipe de France, ont annoncé vendredi leur mise en retrait des Bleues en raison du management actuel.
  • Un message qui vise Corinne Diacre, dans la foulée d’un triste Tournoi de France, remporté cette semaine sans lever le moindre doute sur le projet de jeu et les choix de la sélectionneuse.
  • Le cas de la patronne des Bleues sera étudié mardi lors de la réunion du comité exécutif de la FFF.

La crise de trop pour Corinne Diacre ? Lâchée de manière fracassante vendredi par ses trois joueuses les plus emblématiques, la capitaine Wendie Renard et les deux attaquantes phares Kadidiatou Diani et Marie-Antoinette Katoto, la sélectionneuse de l’équipe de France se trouve de nouveau au cœur d’un tourbillon qui pourrait cette fois s’avérer fatal. Le statu quo est en tout cas impossible, à cinq mois de la Coupe du monde 2023 en Australie et en Nouvelle-Zélande (20 juillet-20 août).

Le mal est profond, et il ne date pas d’hier. Une grosse crise avait éclaté en novembre 2020, avec une première charge de la capitaine de l’époque, Amandine Henry, écartée du jour au lendemain de la sélection. La Lyonnaise avait dit tout haut ce que certaines pensaient tout bas depuis le Mondial 2019, notamment Wendie Renard – déjà –, à qui Diacre avait enlevé le brassard. Le management autoritaire de cette dernière était alors au centre des critiques. Gaëtane Thiney, Eugénie Le Sommer ou encore Sarah Bouhaddi, personnalités historiques des Bleues, en avaient fait les frais elles aussi.


La sélectionneuse avait tout de même été confortée dans ses fonctions par Noël Le Graët, qui a également décidé – tout seul – de la prolonger en août dernier après le semi-échec de l’Euro (élimination en demi-finale) jusqu’en 2024. « Avec Corinne, on est sur la bonne pente », avait alors justifié le patron de la FFF. Le management s’était en effet un peu adouci, et la sélectionneuse semblait avoir fait la paix avec certaines joueuses, dont Renard. Elle était alors décrite en interne comme plus « souriante » et « détendue ».

Cette fois, les critiques portent moins sur l’humain que sur le sportif. Sans nommer explicitement Corinne Diacre, Renard, Katoto et Diani expliquent leur mise en retrait par un fonctionnement « bien loin des exigences requises par le plus haut niveau ». Les échecs lors des dernières grandes compétitions et les prestations inquiétantes d’octobre (défaites en Allemagne et en Suède) et de février (victoire poussive 1-0 contre le Danemark, nul 0-0 contre la Norvège) sont le résultat, comprend-on à la lecture de leur communiqué, de manquements dans la méthode de travail.

Un Comex brûlant mardi

« Cela fait un moment que les séances ne sont pas assez poussées tactiquement, cela ne travaille pas assez », confie ainsi un proche des Bleues à RMC. Les retours vidéo seraient à l’avenant, quand toutefois ils existent. En résumé, les joueuses critiquent un déficit d’exigence et de professionnalisme, et sentent leur équipe aller droit dans le mur à quelques mois de la Coupe du monde.

De ce point de vue, le fait que Corinne Diacre n’ait plus à ses côtés de numéro 2, après les départs successifs de ses adjoints Philippe Joly et Eric Blahic, n’aide pas. La sélectionneuse n’est plus accompagnée que par un préparateur physique et un entraîneur des gardiennes. Un staff resserré qui tranche avec ce que l’on voit dans les autres grandes sélections, et même avec les habitudes des joueuses dans leurs clubs. La meilleure buteuse de D1, Kadidiatou Diani, conditionne ainsi son éventuel retour à de « changements profonds ».

Auront-ils lieu ? La Fédération française, qui « tient à rappeler qu’aucune individualité n’est au-dessus de l’institution Équipe de France », a annoncé vendredi soir qu’elle « se saisira de la question » à l’occasion de la réunion de son comité exécutif, mardi. Il semble difficilement concevable que les choses en restent là, mais la FFF ne veut pas non plus se retrouver prise en otage. Il faudra pourtant bien trancher ce bras de fer, à un gros mois du prochain rassemblement prévu en avril.

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