Equipe de France féminine : « Un chaos total », Amandine Henry charge violemment Corinne Diacre sur l'ambiance chez les Bleues

FOOTBALL La capitaine de l'équipe de France n'a pas épargné sa sélectionneuse dans une interview accordée à Canal+

Julien Laloye

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Corinne Diacre et Amandine Henry lors de la Coupe du monde 2019 en France.
Corinne Diacre et Amandine Henry lors de la Coupe du monde 2019 en France. — Francois Mori/AP/SIPA

La capitaine des Bleues Amandine Henry monte à son tour au créneau pour dénoncer le « management » de la sélectionneuse Corinne Diacre en équipe de France, où il y a selon la milieu de terrain « énormément de problèmes ».

« Chaos total » lors de la Coupe du Monde 2019 en France, « joie et crainte » lors des sélections chez les Bleues : quelques mois après le retrait volontaire de la gardienne Sarah Bouhaddi de l’équipe de France, la capitaine a choisi des mots forts dimanche sur Canal+ pour décrire la situation dans le groupe.

Henry décrit un chaos total

Lors du Mondial-2019, « sportivement, je n’ai pas vécu à 100 % l’épanouissement. Humainement, je voyais des filles pleurer dans leur chambre. Ça a été un chaos total », a confié la capitaine des Bleues aux 92 sélections. En cause selon elle : le « management » de Corinne Diacre, en poste depuis 2017. Non sélectionnée pour les deux derniers matchs de qualification pour l’Euro-2022 en octobre, en vertu de « critères sportifs » selon Diacre qui voulait lui laisser « le temps de revenir à son meilleur niveau » après une blessure, Henry a livré dimanche sa version de cet épisode.

« L’appel [de Corinne Diacre] a duré quatorze, quinze secondes, je m’en rappellerai toute ma vie », a-t-elle relaté. « Sur le coup j’étais choquée (…) Cette discussion m’a fait mal, j’ai été vraiment touchée, en plus sportivement je me sentais super bien », a ajouté Henry (31 ans).

Deux autres cadres des Bleues, Wendie Renard et Amel Majri, avaient à l’époque dénoncé la non-sélection de leur équipière à Lyon. Elles ont débuté le match contre la Macédoine du Nord sur le banc. « C’était un choix du moment, je dois faire des choix », avait déclaré Diacre, dont le contrat court jusqu’au terme de l’Euro, organisé par l’Angleterre en juillet 2022.

Régler la situation « maintenant, pas dans trois ans »

Dimanche, à quatre jours de l’annonce de la sélection pour les deux derniers matchs de qualification pour l’Euro-2022, Henry a encore lâché : « Quand tu te vois sur la liste [de l’équipe de France], il y a deux sentiments : la joie et la crainte. » Cet été, la gardienne Sarah Bouhaddi (34 ans, 149 sélections) avait déjà choisi de se mettre en retrait de l’équipe de France à cause d’un « climat très négatif » autour de Corinne Diacre. « Gagner un titre avec cette sélectionneuse me paraît impossible », avait jugé en outre la Lyonnaise fin octobre.

Pour Henry la fracture dépasse le conflit souvent évoqué entre la sélectionneuse et les joueuses de l’Olympique lyonnais, ultradominateur en France et en Europe. « Je sais que certaines filles n’osent pas parler, parce qu’il y a de la crainte. Des jeunes n’osent pas parler, elles passent à travers toi », a asséné la capitaine.

« Si moi je ne prends pas le risque, qui va le faire ? »

Sur le plan sportif, les Bleues partagent la tête du groupe G des qualifications avec l’Autriche, qu’elles défieront le 27 novembre à Guingamp, avant de recevoir le Kazakhstan à Vannes le 1er décembre. Pour autant, « c’est maintenant, pas dans trois ans qu’il faut régler la situation », a martelé Henry.

« Ça serait bien de tout mettre à plat, se dire les choses franchement. J’aimerais que tous – président, staff, toutes les joueuses, on se réunisse autour d’une table », ajoute la capitaine qui n’envisage pas de quitter la sélection. « Je sais que je prends un risque mais si je ne le fais pas moi, qui va le faire ? ».