Bordeaux-Lens : Doit-on déjà s’inquiéter pour les Girondins, lanterne rouge de la Ligue 1 ?

FOOTBALL Battus par les Sang et Or à domicile, les Marine et Blanc n’ont toujours pas gagné cette saison

Clément Carpentier
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Le milieu de terrain, Jean Onana, buteur face à Lens.
Le milieu de terrain, Jean Onana, buteur face à Lens. — Romain Perrocheau / AFP
  • Les Girondins se sont inclinés face à Lens (2-3) lors de la 5e journée de la Ligue 1.
  • Pire défense du championnat, les Bordelais sont désormais lanterne rouge. Une première depuis cinquante ans et un calendrier très compliqué les attend.
  • Malgré cette situation, les Marine et Blanc montrent du caractère et pourraient avoir un renfort de poids bientôt en attaque avec M’Baye Niang.

« Inacceptable », ce mot Otavio l’a martelé une bonne dizaine de fois ce dimanche devant les micros. Pas forcément pour qualifier la nouvelle prestation de ses coéquipiers, défaits par Lens (2-3) au Matmut Atlantique lors de cette 5e journée de Ligue 1, mais pour parler de la situation des Girondins de Bordeaux. Le milieu de terrain brésilien, au club depuis maintenant quatre ans, en avait gros sur la patate après cette nouvelle déconvenue à domicile. Comme beaucoup de supporteurs, il a sûrement l’impression de ne pas voir le bout du tunnel.

Un tunnel de plus en plus noir en ce début de saison, et malgré les nombreux changements de l’intersaison. Pour l’instant, les Marine et Blanc n’y arrivent pas. Ils n’ont toujours pas goûté à la victoire lors de cet exercice et surtout sont la nouvelle lanterne rouge du championnat avec seulement deux petits points (deux nuls et trois défaites). Alors faut-il déjà s’inquiéter pour les Girondins ?

Oui, une telle situation est toujours préoccupante

- Cinquante ans. Cela faisait un demi-siècle que le club au scapulaire n’avait pas occupé cette dernière place après cinq journées de championnat. « Ce n’est pas facile à vivre, reconnaît le coach Vladimir Petkovic, il y a aujourd'hui beaucoup d’inquiétude et de préoccupation ». Pour Otavio, les têtes sont toujours malades : « Je pense qu’il y a une mauvaise pression, on rentre encore sur le terrain avec une petite peur par rapport à la saison dernière et le fait que l’on ne gagne aucun match. Il faut qu'on arrête d’être dans la réaction. On doit agir dès la première mi-temps. C’est une question mentale. »

- Une défense aux abois. C’est le gros point noir de ce début de saison, Bordeaux a la plus mauvaise défense de la Ligue 1. Ça fait maintenant 12 buts encaissés en cinq matchs. Difficile d’aller gagner un match dans ces conditions. Petkovic n’arrive pas à trouver la solution que ce soit à quatre ou à cinq en défense : « On fait des erreurs individuelles sur les buts (notamment faute de marquage) et les erreurs individuelles sont les choses les plus compliquées à corriger. » Et l’intégration de nombreuses recrues dans ce secteur (Mensah, Mangas, Gregersen et Pembélé) n’aide forcément pas.

Les Bordelais n'ont toujours pas gagné cette saison.
Les Bordelais n'ont toujours pas gagné cette saison. - Romain Perrocheau / AFP

- Un calendrier corsé. C’est peut-être ce qui donne le plus de sueurs froides aux supporteurs bordelais. Déjà en grande difficulté, les Girondins s’apprêtent à se déplacer deux fois d’affilée à Saint-Etienne et Montpellier avant de recevoir Rennes et de se rendre à Monaco. Ce n’est qu’après que le calendrier sera plus abordable (Nantes, Lorient et Reims). En tout cas, entre des Verts eux aussi en difficulté (19e), un MHSC toujours aussi solide et enfin des Bretons et Monégasques en manquent de points, il va falloir s’accrocher. Sinon, la situation pourrait devenir alors très inquiétante.

Non, il n'y a pas encore le feu au lac 

- Cinq petites journées. Si Vladimir Petkovic fait partie des rares entraîneurs qui « ne demande pas de temps », il en a encore devant lui pour construire son équipe. Ce n’est pas encore l’heure de la crise au château du Haillan, surtout quand vous avez tout changé du sol au plafond à l’intersaison. L’ancien entraîneur de la Nati espère juste voir ses joueurs « mettre plus d’agressivité et de fougue » lors des prochaines rencontres « en attendant que les automatismes se créent avec le temps ». Et de toute manière pour Otavio, les joueurs « ne doivent rien attendre de leur coach » car « c’est à nous de nous responsabiliser et de changer de mentalité ! »

Vladimir Petkovic, l'entraîneur des Girondins.
Vladimir Petkovic, l'entraîneur des Girondins. - Romain Perrocheau / AFP

- Une équipe vivante. Si les Bordelais ne gagnent pas, ils montrent au moins un peu de caractère. Ils ne coulent pas à pic pour le moment dans leur match. Comme à Marseille, ils ont su revenir de 0-2 à 2-2 face à Lens avant de s’incliner sur un penalty dans le temps additionnel. Il existe même un certain fond de jeu quand le niveau technique est à la hauteur. Onana, buteur pour sa première, a un gros volume de jeu au milieu, Adli semble lui s'être remis de son été mouvementé, Dilrosun a montré des qualités techniques indéniables et Elis devrait aussi rapidement apporter sa vitesse. Il y a donc des motifs d’espoirs.

- Un nouvel attaquant en vue. Gérard Lopez avait prévenu, le mercato bordelais n’était pas forcément fini. Après l’échec du dossier de l’attaquant cet été, le président des Girondins espérait trouver un joker à ce poste. Et il l’a peut-être trouvé. Comme révélé par Girondinfos et Foot Mercato, le club est bien sur la piste M’Baye Niang. Très peu utilisé au Stade Rennais malgré un contrat qui court jusqu’en 2023 et un Genesio ouvert à un retour, le Sénégalais pourrait rebondir en Gironde. Toutes les parties ont pris contact mais pour l’instant, il n’y a aucun accord. « Je ne savais même pas qu’il voulait avancer [sur le dossier] », glisse un proche du joueur ce dimanche soir à 20 Minutes.

Le 5 mars, M'Baye Niang avait marqué lors de la demi-finale de la Coupe de France dans le Chaudron (2-1). Le voici officiellement stéphanois à partir de ce vendredi.
Le 5 mars, M'Baye Niang avait marqué lors de la demi-finale de la Coupe de France dans le Chaudron (2-1). Le voici officiellement stéphanois à partir de ce vendredi. - PHILIPPE DESMAZES / AFP

En tout cas, M’Baye Niang a fait son choix, ce sera Bordeaux. D’ailleurs, l’attaquant a refusé ces derniers jours une nouvelle offre du FC Nantes qui souhaite toujours le récupérer. « Il a été convaincu par le nouveau projet, explique un proche du dossier, maintenant il va falloir trouver une solution sur le plan financier » Selon nos informations, un contrat de deux ans l’attend aux Girondins. Reste à trouver un accord avec Rennes et obtenir la validation de la DNCG puisque la direction nationale du contrôle de gestion surveille de très près les Marine et Blanc.