OL-Wolfsburg : Comment les 8.000 supporteurs lyonnais ont-ils vécu leur retour au stade ?

FOOTBALL Pour la première fois depuis mars 2020, le Parc OL a pu accueillir plus de 5.000 spectateurs, à l'occasion du match de préparation samedi contre Wolfsburg (4-1)

Jérémy Laugier
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Léandre, Maxime et Guillaume ont pu se retrouver au Parc OL pour la première fois depuis un an et demi.
Léandre, Maxime et Guillaume ont pu se retrouver au Parc OL pour la première fois depuis un an et demi. — Jérémy Laugier/20 Minutes
  • En accueillant Wolfsburg samedi en match de préparation (4-1), l'OL a eu l’opportunité de signer son record d’affluence depuis 17 mois et le début de la crise sanitaire du Covid-19.
  • Si le club lyonnais espérait attirait plus de 20.000 supporters, ces derniers n’étaient que 8.000, mais ils ont mis une belle ambiance pour leur grand retour au stade.
  • En espérant retrouver l’adrénaline de la compétition le mois prochain, ils expliquent à 20 Minutes comment ils perçoivent cette période et les contraintes du pass sanitaire.

Au Parc OL,

Les supporters du virage nord du Parc OL ne garderont sans doute pas en tête comme souvenir majeur de leur retour au stade l’improbable « quasi-triplé » de Karl Toko Ekambi. Non, leurs séquences les plus enflammées de ce Lyon-Wolfsburg (4-1), samedi soir, ont clairement eu lieu lors de deux temps faibles des joueurs de Peter Bosz. La raison ? Des ballons récupérés au cœur du virage, le deuxième grâce à la complicité malicieuse d’un Rayan Cherki chaleureusement remercié, et des échanges de drops bien sympas ponctués de « olé, olé » avant des interceptions de stadiers.

Les supporters lyonnais se sont amusés à enchaîner de longues passes dans le virage nord, samedi soir contre Wolfsburg.
Les supporters lyonnais se sont amusés à enchaîner de longues passes dans le virage nord, samedi soir contre Wolfsburg. - Jérémy Laugier/20 Minutes

C’est ce genre de séquences inattendues qui nous ont tant manqué en Ligue 1 depuis mars 2020. Car ils n’avaient beau être que 8.000 samedi soir à Décines (malgré une jauge maximale fixée à 25.000), les supporteurs ont clairement contribué au match (par séquences) euphorique de leur équipe. Pour un amoureux de l’OL comme Julien, quadragénaire n’ayant quasiment pas loupé un match à domicile durant 10 ans, ce 17 juillet 2021 a pris une saveur particulière.

« Une distance s’est installée entre l’équipe et ses supporteurs »

« Même si c’est un match amical, on avait envie de venir refaire un tour ici avec les amis, explique-t-il. Il y a un nouveau coach, l’ouverture d’un pôle de loisirs avec OL Vallée… Ça fait quand même bizarre de revenir ici après tout ce temps. » Il a dû réfléchir de longues secondes pour se souvenir de sa dernière venue permise au Parc OL. Il s’agissait de la demi-finale de Coupe de France perdue contre le PSG (1-5) le 5 mars 2020, au bout d’un enchaînement de folie dans « le formidable outil » après la réception de la Juve et de l’ASSE. Une semaine plus tard, le confinement lançait 17 mois sans football au stade, hormis de rares rendez-vous limités à 5.000 personnes durant l’été 2020.

Le Parc OL était très loin d'être rempli samedi, pour sa première grosse jauge autorisée depuis mars 2020.
Le Parc OL était très loin d'être rempli samedi, pour sa première grosse jauge autorisée depuis mars 2020. - Jérémy Laugier/20 Minutes

17 mois interminables à suivre les matchs à la télévision, au lieu de le faire dans une enceinte située à 10 km de chez eux. « De manière involontaire, une distance s’est installée entre l’équipe et ses supporteurs, analyse Léandre (25 ans), maillot du légendaire ex-latéral belge de l’OL Eric Deflandre sur le dos. Vu comme on ne sait pas à quelle sauce on va être mangés, on veut participer dès aujourd’hui au renouveau de cette vie où le public peut revenir au stade. » « Ça fait du bien d’entrer dans ce stade pour une autre raison que pour se faire vacciner », sourit son pote Guillaume, avec qui il a préféré enchaîner deux bières plutôt que voir le match d’ouverture de 18h30 contre Villefranche (2-0).

« Je n’ai pas l’impression que c’est reparti comme avant »

Pour Thierry (56 ans), le temps a été long aussi : « On est tellement sevrés de foot en live que je me suis fait vacciner exprès, dès le mois d’avril, pour pouvoir retrouver le stade sans encombre avec mes collègues dès que ça allait être possible. » Pour certains d’entre eux, comme Richard, habitué du virage sud, l’optimisme n’était pas forcément de retour samedi : « Je suis content de revoir des potes du foot mais ce n’est pas la folle excitation. Je n’ai pas l’impression que c’est reparti comme avant car je me dis que rien n’est acquis, et qu’on pourrait nous demander de rester chez nous dans un mois. En tout cas, quand tu es supporteur et que tu as l’occasion de venir dans ton stade, je trouve ça bizarre de ne pas en profiter ».

La semaine passée, des supporters lyonnais avaient craqué des fumigènes lors du match amical contre Bourg-en-Bresse (5-1), disputé à Bourgoin-Jallieu (Isère).
La semaine passée, des supporters lyonnais avaient craqué des fumigènes lors du match amical contre Bourg-en-Bresse (5-1), disputé à Bourgoin-Jallieu (Isère). - MOURAD ALLILI/SIPA

Les Bad Gones, principal groupe de supporteurs lyonnais, ont notamment publié cette semaine un communiqué pour annoncer leur « absence officielle », « compte tenu des restrictions », tandis que les Lyon 1950, en petit comité samedi, n’ont pas prévu d’animations. Les dizaines de personnes installées debout dans les virages, et multipliant les chants « à l’ancienne », ne se sont pas fait reprendre de la rencontre par les services de sécurité pour leur non-port du masque. Une souplesse que craignaient de ne pas avoir bon nombre de fans lyonnais préférant boycotter le Parc OL samedi soir.

« On espère accueillir 50.000 voire 60.000 spectateurs en septembre »

« J’ai déjà repris mon abonnement et je suis prêt à faire des efforts pour revenir au stade, assure Jean-Pierre du virage nord. Mais devoir se faire tester pour aller voir un match qui a lieu en extérieur, c’est n’importe quoi, tout comme devoir porter un masque. Je crains de ne pas avoir d’autre choix que de faire encore l’impasse sur une saison de foot. » Est-il possible que pour la reprise de la Ligue 1 contre Brest, le 7 ou le 8 août, les virages soient aussi peu peuplés que face à Wolfsburg ?

Le stadium manager lyonnais Xavier Pierrot, qui exhorte le public à privilégier l’appli TousAntiCovid pour un contrôle plus rapide, se veut confiant : « C’est vrai qu’on aurait espéré attirer plus de spectateurs ce soir. Mais ce sont les problématiques de pass sanitaires et de vacances scolaires qui font qu’on se retrouve avec 8.000 personnes ». Le retour de l’enjeu d’une nouvelle saison de Ligue 1, avec le jeu attrayant promis par Peter Bosz, pourrait changer beaucoup de choses pour des supporteurs si longtemps frustrés. « On espère accueillir 50.000 voire 60.000 spectateurs en septembre », lance Xavier Pierrot. Ça peut donner de belles mêlées ouvertes dans le virage nord, si Rayan Cherki fait encore des siennes d’ici là.