OL-Wolfsburg : Peter Bosz est-il déjà parvenu à créer « une alchimie » dans le groupe lyonnais ?

FOOTBALL A l'image de l'éclatant succès de son équipe (4-1), samedi face à Wolfsburg, 4e de la dernière Bundesliga, les débuts de Peter Bosz avec l'OL sont très convaincants

Jérémy Laugier
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Peter Bosz a déjà su transmettre sa philosophie de jeu à ses joueurs, comme on a pu le voir samedi contre Wolfsburg (4-1). PHILIPPE DESMAZES
Peter Bosz a déjà su transmettre sa philosophie de jeu à ses joueurs, comme on a pu le voir samedi contre Wolfsburg (4-1). PHILIPPE DESMAZES — AFP
  • Peter Bosz a disputé samedi soir, sur le banc lyonnais, son premier match au Parc OL. La nette victoire (4-1) obtenue contre Wolfsburg laisse entrevoir de belles choses cette saison.
  • L’entraîneur néerlandais semble notamment avoir déjà remis en confiance Karl Toko Ekambi et Moussa Dembélé, très en vue durant cette préparation, tout en lançant avec réussite de nouveaux jeunes de l’académie, comme Malo Gusto et Castello Lukeba.
  • La philosophie de jeu offensive de l’ancien coach de l’Ajax Amsterdam ravit jusque-là les joueurs lyonnais, qui sont apparus libérés samedi, à trois semaines du premier match de Ligue 1 face à Brest.

Au Parc OL,

Depuis quand les supporteurs lyonnais n’avaient-ils pas vécu un tel instant de grâce que la 61e minute de cet OL-Wolfsburg ? Un frisson contagieux s’est ainsi emparé des 8.000 spectateurs du Parc OL lorsque Julian Pollersbeck, une semaine après sa relance boulette contre Bourg-en-Bresse (5-1), a glissé un cadeau empoisonné à Castello Lukeba. A partir de là (à 2 minutes sur la vidéo ci-dessous), toute l’action est lunaire, à commencer par le culot impensable de ce défenseur central de 18 ans formé à l’académie, qui pose un râteau parfait entre deux attaquants allemands dans sa surface.

Sa course et sa relance, puis les relais impeccables de Pape Cheikh Diop et Jean Lucas, deux joueurs n’étant pas sortis du lot lors de leur prêt à Dijon et à Brest, mettent alors sur orbite Maxwel Cornet et Karl Toko Ekambi. Symboles de la deuxième partie de saison à l’envers de l’OL, ceux-ci se fendent pourtant ici d’une conclusion chirurgicale. OK, ce but 100% régalade a finalement été annulé pour un hors-jeu de Cornet. OK, il ne s’agit que d’un match de préparation estivale et l’ampleur du succès lyonnais (4-1) face au 4e de la dernière Bundesliga doit être relativisée.

« On aime beaucoup la philosophie du coach »

Mais la prise de risques derrière, les intentions de jeu, la détermination à vite transpercer les lignes et la qualité des déplacements entrevus au cœur de cette rencontre amicale ne peuvent être anecdotiques. Peter Bosz a débarqué à Lyon depuis deux grosses semaines et il est déjà parvenu à transmettre son obsession pour « un football attractif et offensif » dans l’esprit de ses joueurs. « On aime beaucoup la philosophie du coach, on est tourné vers l’offensif », a spontanément salué samedi Rayan Cherki, conscient que sa carrière pourrait décoller pour de bon avec le technicien néerlandais.

En plein doute la saison passée, Moussa Dembélé, encore très volontaire samedi, apprécie pour l'instant sa collaboration avec Peter Bosz.
En plein doute la saison passée, Moussa Dembélé, encore très volontaire samedi, apprécie pour l'instant sa collaboration avec Peter Bosz. - Laurent Cipriani/AP/SIPA

L’an dernier, Moussa Dembélé n’était plus que l’ombre du buteur du Celtic et de ses deux premières saisons lyonnaises ? Il en est à trois buts en deux matchs de présaison et s’est démené contre Wolfsburg, avec le brassard de capitaine. L’intéressé raconte à demi-mot à quel point son avenir pourrait s’inscrire à Lyon, grâce à sa rencontre avec le nouveau Bosz de l’OL.

Le coach m’a dit qu’il comptait sur moi il y a deux semaines. Je me sens bien, je suis revenu avec le sourire, dans le but de travailler. Même si on fait des erreurs, il nous demande de recommencer à produire du jeu, c’est sa philosophie. C’est comme ça qu’on progresse et qu’on apprend. C’est forcément plaisant pour moi parce que je suis un attaquant. Qui dit jouer plus vite vers l’avant dit plus de chances de marquer pour moi. Il y a une bonne alchimie dans l’équipe. »

L’éclosion des « talents » Gusto et Lukeba

Alors qu’il n’y a toujours pas la moindre recrue, hormis Henrique et Damien Da Silva, arrivés libres et ayant disputé le match des remplaçants supposés un peu plus tôt contre Villefranche (2-0), on voit émerger quelques nouveaux visages. Seulement apparu à deux reprises dans le temps additionnel avec Rudi Garcia en Ligue 1, le latéral droit Malo Gusto (18 ans) a encore plus marqué les esprits que Castello Lukeba face à Wolfsburg, avec une passe décisive et une activité incessante.

Le latéral droit Malo Gusto (18 ans) a été l'une des révélations de cette belle victoire contre Wolfsburg samedi. PHILIPPE DESMAZES
Le latéral droit Malo Gusto (18 ans) a été l'une des révélations de cette belle victoire contre Wolfsburg samedi. PHILIPPE DESMAZES - AFP

« Ce sont bien sûr des talents qui doivent progresser, souligne Peter Bosz. Ils ont vraiment très bien joué ce soir, avec beaucoup de confiance et d’énergie. » Deux dimensions sur lesquelles l’ancien entraîneur de l’Ajax, Dortmund et Leverkusen a eu un impact immédiat tant il ne s’agissait pas des principales qualités de ce groupe. La clarté de ses principes de jeu et son exigence, même après un large succès face à une équipe qualifiée en Ligue des champions, tranchent avec son prédécesseur Rudi Garcia.

« On ne doit pas laisser l’adversaire jouer aussi haut »

« C’est loin d’être parfait, on a encore beaucoup de travail. On doit progresser sur notre pressing haut. On a aussi perdu le ballon dans des endroits où on ne peut pas le perdre [coucou Jean Lucas, dont le dribble manqué à 25 m a conduit au but allemand]. On ne doit pas laisser l’adversaire jouer aussi haut, et prendre l’initiative, comme l’a fait Wolfsburg en fin de première période. »

Un discours qui ne laisse pas de place au doute : même au Parc des Princes, l’OL refusera l’attitude attentiste du petit prêt à subir le jeu. Autant de projections séduisantes qui nous donnent même envie de croire Peter Bosz sur parole lorsqu’il assure que Maxwel Cornet est bien un latéral gauche, et que Karl Toko Ekambi est « un joueur intelligent, qui comprend tout vite ». Enfin, presque sur parole.