RC Strasbourg : Et si, à force de traîner, le Racing était relégué en Ligue 2 ?

FOOTBALL Le club alsacien n’a plus que quatre points d’avance sur le barragiste, Nantes, à trois journées du terme de la Ligue 1

Thibaut Gagnepain

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Ibrahima Sissoko est l'un des joueurs les plus utilisés par Thierry Laurey cette saison.
Ibrahima Sissoko est l'un des joueurs les plus utilisés par Thierry Laurey cette saison. — Frederick FLORIN / AFP
  • Le RC Strasbourg n’a toujours pas assuré son maintien en Ligue 1 alors que les trois dernières journées se profilent.
  • Comment l’équipe de Thierry Laurey en est-elle arrivée là alors qu’elle qui restait sur deux saisons abouties ?
  • Plusieurs suiveurs du club se prononcent sur les risques de relégation du Racing qui n’a jamais réussi « à passer du bon côté ».

Un dimanche en enfer. Le week-end dernier s’est mal terminé pour les Strasbourgeois. Le FC Nantes et Lorient victorieux, Nîmes qui décroche le nul et voilà le Racing toujours pas assuré de son maintien en Ligue 1. A trois journées de la fin, l’équipe alsacienne ne possède plus que quatre points d’avance sur l’actuel barragiste nantais.

De quoi trembler avant le sprint final ? « Je suis inquiet mais pas catastrophé », relativise Philippe Wolff, le président de la Fédération des supporters du RCS. « A titre personnel, je me pose des questions depuis le match contre Brest [début février], quand on a concédé le 2-2 dans les dix dernières minutes. A chaque fois qu’on aurait pu basculer du bon côté, on s’est raté. »

« Cette saison a été celle des montagnes russes », appuie Claude Spreng, qui commente régulièrement les rencontres du Racing sur France Bleu Alsace. « Ils ont raté leur saison à cause du Covid et ont traîné ça comme un boulet. Puis à chaque fois que ça allait bien, il y avait un creux derrière. »

Inconstance coupable

Premier exemple fin novembre avec une série de bons résultats contre Rennes (1-1), à Nantes (4-0) ou Angers (2-0) jusqu'à… un écroulement contre Bordeaux (0-2). Puis, en janvier, les hommes de Thierry Laurey ont de nouveau enchaîné les victoires (trois) avant… de replonger avec deux petits points pris en quatre sorties.

« Cette inconstance s’est même retrouvée parfois sur le même match », reprend celui qui est aussi l’entraîneur de Biesheim, en National 3. « A Nîmes (1-1), la première période avait été très faible avant une égalisation improbable et face à Nantes, c’était l’inverse (1-2). Dans le jeu, on a aussi vu de belles séquences et d’autres gâchées par de grosses erreurs. »

Autres paradoxes au sein de ce parcours accidenté, les Strasbourgeois ont été capables de performances inattendues. Comme la victoire face à Monaco (1-0), ce nul au goût de succès à Lille (1-1), voire ce point ramené la semaine passée de Marseille (1-1). « Faire déjouer les grosses équipes, on sait faire. C’est plutôt quand on doit être proactif et bien utiliser le ballon qu’on a du mal », analyse Philippe Wolff, sans trop pouvoir expliquer ce constat. « L’effectif est stable depuis plusieurs années, ça devrait marcher mais collectivement, on n’y est pas… »

« Oui mais mentalement, je sens les joueurs prêts. Ils ont déjà dû se battre pour se maintenir, ils savent faire », assure l’ancien buteur maison (2006-2014) David Ledy. « Il faut être optimiste, ce serait vraiment triste de redescendre après tout ce qu’a vécu le club ces dernières années. »

« Il ne faut plus traîner ! »

Une confiance que partage Claude Spreng. « Il ne faudrait pas tout jouer contre Lorient lors de la dernière journée. Avant, il y a la place pour se mettre à l’abri dimanche contre Montpellier, qui ne joue plus rien et arrivera amoindri [sans Savanier, Mollet, Pedro Mendes voire Omlin]. Aller ensuite à Nice n’est pas non plus un mauvais calendrier. Mais il ne faut plus traîner ! »

Comme les autres interlocuteurs, le coach de Biesheim l’avoue, jamais il n’aurait imaginé les Strasbourgeois dans une telle situation en mai. « Avec cet effectif-là… Mais d’expérience je le sais, quand on débute mal, on galère toute la saison. »