RC Lens-Losc : « Voir le cul d’Olmeta a été un déclic », raconte le chef Florent Ladeyn, grand fan du Losc

INTERVIEW Avant le derby Lens-Lille vendredi (21 heures) à Bollaert, le cuisinier révélé par « Top Chef » s’est confié longuement à « 20 Minutes » sur sa passion pour le Losc

Propos recueillis par Francois Launay

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Le chef Florent Ladeyn est un grand fan du Losc
Le chef Florent Ladeyn est un grand fan du Losc — Faites du bruit
  • Le chef cuisinier Florent Ladeyn est un grand fan du Losc.
  • Avant le derby contre Lens, il s’est longuement confié à 20 Minutes sur sa passion avec de nombreuses anecdotes à la clé.
  • Top Chef lui a notamment permis de rencontrer Sébastien Corchia. Et les rôles se sont inversés entre le footballeur et l'ex-chef étoilé.

Depuis plusieurs années, Florent Ladeyn incarne la nouvelle génération de chefs dans la métropole lilloise. Propriétaire de trois restaurants dont deux à Lille, le cuisinier de 36 ans est aussi un grand fan du Losc. Avant le  derby contre Lens ce vendredi (21 heures) au stade Bollaert, il nous parle de sa passion pour les Dogues et de son rêve de voir le club nordiste décrocher le titre de champion.

Pourquoi aimez-vous le foot ?

J’aime le foot parce que c’est un hobby du dimanche après-midi après un repas de famille. Ce qui est bien dans ce sport, c’est que tout le monde peut y jouer. Moi, j’y ai joué… deux mois. Parce qu’en fait, je viens du rugby. J’ai joué à Armentières pendant 10-12 ans et aussi à Bailleul. On ne va pas se mentir, je me retrouve plus dans les valeurs du rugby que celles du foot. Par contre, je n’ai jamais eu de club de cœur dans le rugby à l’inverse du foot.

Justement, comment êtes-vous devenu fan du Losc ?

Quand j’étais gamin, je suis parti de Bailleul en bus pour aller voir un match à Grimonprez-Jooris. C’était un Losc-OM. A l’époque, Pascal Olmeta gardait les buts marseillais. On était dans le virage et Olmeta nous a montré son cul (rires). On chantait : « Allez Olmeta, montre-nous tes fesses ». Et lui, il haranguait le public pour qu’il chante de plus en plus fort. Et quand il a jugé que c’était bon, il a baissé son short et nous a montré ses fesses ! C’était bien, il n’y avait pas d’insultes, rien du tout. J’ai trouvé ça génial.

Le cul d’Olmeta a été un déclic en fait ?

C’est ça. A partir de ce jour-là, j’ai commencé à supporter le Losc. En plus, quand j’étais petit, tout le monde autour de moi était pour Lens. Je suis allé aussi voir des matchs au stade Bollaert mais je n’y ai jamais vu Olmeta montrer son cul (rires). A quoi ça tient. C’est vraiment le Losc qui m’a plongé dans le truc parce que je viens d’une famille qui n’est pas foot.

Regardez-vous souvent les matchs du Losc ?

Je ne suis pas un geek du foot. D’habitude, je regarde très peu les matchs car je bosse mais cette saison, on est dans un contexte très particulier. En ce moment, je ne travaille pas le soir ce qui me fait très bizarre. Et au final, je n’ai jamais autant suivi une saison. Coup de bol : Lille joue le titre. En plus, rétrospectivement, on s’est tous dit que Gérard Lopez n’était là que pour faire du pognon quand il a vendu Osimhen à Naples. Finalement on sera premier ou deuxième. C’est une saison extraordinaire.

Quels sont vos plus grands souvenirs avec le Losc ?

Il y en a plusieurs comme la remontée en Ligue 1 en 2000. Je me souviens aussi des matchs du Losc en Ligue des champions joués à Bollaert. Je me rappelle aussi d’un Lens-Lille vécu dans les tribunes des supporters lensois. On était trois copains. Le Losc avait mis deux ou trois buts, on avait hurlé dans la tribune et ça s’était très bien passé.

Comment aviez-vous vécu le doublé du Losc il y a dix ans ?

J’étais à Lille et je faisais la farandole sur la Grand-Place. Ça devait être la quatrième fois de ma vie que j’allais à Lille.

J’allais peu en ville. Je suis un mec de Boeschepe [à 40 km au nord-ouest de Lille] à la base.

Avez-vous sympathisé avec des joueurs ?

Je ne connais pas les joueurs actuels. On aurait dû faire des trucs ensemble cette saison mais ça ne s’est pas fait à cause du contexte sanitaire. J’ai un peu bossé avec le club les années précédentes mais je ne demandais jamais à être payé. Je voulais juste des places pour les matchs. Sinon, j’étais très proche de mecs comme Florent Balmont, Rio Mavuba, Franck Béria ou encore Sébastien Corchia qui venaient souvent manger au restaurant. La rencontre avec ce dernier était drôle. Il avait suivi Top Chef à la télé et quand il m’a vu, j’ai eu l’impression que les rôles étaient inversés. Moi, j’étais fou de voir Sébastien Corchia et lui, il était trop content de me voir. C’était drôle. Et puis, il y a Gregory Wimbée qui est voisin du Bloempot et avec qui on s’amuse un peu. Avec mon équipe du resto, on a déjà joué au foot contre Béria, Balmont dans le complexe futsal de Greg Wimbée.

Il y a le derby vendredi contre Lens. Que pensez-vous de ce rival régional ?

J’étais très content de leur remontée en Ligue 1. Il faut savoir que 90 % de mes potes qui aiment le foot supportent le RC Lens. Du coup, on se chambre pas mal. Quand on a gagné le derby à l’aller (4-0), j'ai publié sur les réseaux sociaux la chanson de Jakie Quartz : Juste une mise au point. Mais globalement, ce que fait Lens cette année est très fort. Les mecs jouent bien, on sent un bon esprit. D’ailleurs, je préfère les voir en Coupe d’Europe plutôt que Marseille qui n’est pas une grande équipe. Après, je suis content pour Lens mais je suis surtout content d’être devant eux (rires).

Si Lille est champion, que faites-vous ?

C’est un coup à finir en slip sur la Grand-Place.

Ce sera normalement après la réouverture des restaurants donc ça tombe bien. Mais bon, il reste encore trois matchs à jouer donc il ne faut pas s’enflammer même si c’est dur. Les mecs nous ont fait vibrer, qu’ils nous fassent pleurer de joie désormais. Si on gagne le titre cette année, on en reparlera encore dans dix ans. On n’a pas les armes pour se battre chaque saison contre Paris, Lyon, Monaco… Il faut savoir saisir le moment.

D’ailleurs, ce serait quoi le menu idéal pour fêter le titre du Losc ?

Mais si Lille est champion, je ne mange pas pendant une semaine ! On boira plein de bières. Plus sérieusement, je n’y ai pas réfléchi car on a une façon de travailler qui fait qu’on ne peut pas anticiper les menus à l’avance. Après chez nous, tous les produits sont locaux. Ce ne sera pas compliqué de trouver une histoire. En tout cas, on fera quelque chose, c’est sûr.