Nîmes Olympique-ASSE : « Le poids de l’histoire pèse tellement à Sainté »… Les Verts glissent-ils vers la Ligue 2 ?

FOOTBALL 16es et sur une mauvaise dynamique, les Stéphanois joueront une partie de leur avenir en Ligue 1 dimanche (17 h 05) chez un concurrent direct, le Nîmes Olympique (18e)

Jérémy Laugier

— 

Pour leur dernier match en Ligue 1, Wahbi Khazri et les Stéphanois ont pris une énorme claque contre l'AS Monaco (0-4), le 19 mars.
Pour leur dernier match en Ligue 1, Wahbi Khazri et les Stéphanois ont pris une énorme claque contre l'AS Monaco (0-4), le 19 mars. — JEFF PACHOUD / AFP
  • Leader surprise de la Ligue 1 après quatre journées l’été dernier, l’AS Saint-Etienne a dans la foulée enchaîné sept défaites de rang.
  • Désormais 16es du championnat et en pleine spirale négative, à l’image de la dernière claque reçue contre Monaco (0-4), les Stéphanois vont avoir un rendez-vous clé, dimanche (17 h 05) à Nîmes (18e).
  • 20 Minutes se penche sur le véritable danger qui guette le club le plus titré du championnat, à huit journées de la fin de la saison.

Après une incroyable série de sept défaites consécutives à l’automne, puis un cluster de Covid-19 et deux claques monumentales dans le Chaudron durant l’hiver ( 0-5 contre l’OL, 0-4 face à Monaco), quel printemps pour les Verts ? 19e attaque de Ligue 1, avec seulement un but inscrit par match en moyenne, l’ASSE (16e) est au bord du précipice, avant un déplacement qui vaudra très cher à Nîmes (18e à quatre points) dimanche (17 h 05). Comment les hommes de Claude Puel ont-ils pu se retrouver dans une situation aussi périlleuse, après une entame de saison si rafraîchissante ?

« Je m’étais pris à rêver d’une super année en voyant le club leader après quatre journées [10 points sur 12, dont un premier succès à Marseille depuis 41 ans], reconnaît Jonathan Brison, défenseur stéphanois de 2012 à 2016. Pour être honnête, j’ai du mal à expliquer la suite. Mais même si ça ne respire pas la sérénité, je ne vois pas pourquoi il y aurait le feu. » Peut-être parce que Sainté n’a remporté qu’un match en un mois et demi, lorsque ses concurrents directs Nîmes et Nantes sont capables d’exploits, respectivement à Lille (1-2) et à Paris (1-2) ?

« Jouer sans supporteurs dessert clairement Sainté »

« Il est encore temps de se réveiller mais il est clair que contrairement à Nîmes ou Lorient, l’ASSE avait un autre projet que de viser le maintien en début de saison, rappelle Jean-Guy Wallemme. Dans ce club où le riche passé entraîne forcément une exigence et un stress, on se répète toujours qu’une descente ne peut pas arriver. Mais Lens et Monaco ont déjà vécu la relégation dans un passé récent. » Jean-Guy Wallemme était justement l’improbable entraîneur-joueur du dernier groupe stéphanois, également dirigé par Rudi Garcia, à être tombé en Ligue 2, à l’issue de la saison 2000-2001.

Evoluer toute la saison dans un stade vide est particulièrement pesant pour Romain Hamouma, et ses partenaires.
Evoluer toute la saison dans un stade vide est particulièrement pesant pour Romain Hamouma, et ses partenaires. - JEFF PACHOUD / AFP

« Il ne faut pas oublier que c’était une situation très particulière, avec ces 7 points de handicap qu’on se prend sur la tête en janvier 2001 [dans le cadre de l’affaire des faux passeports] », précise l’ancien champion de France 1998 avec le RC Lens. Et si cette triste saison à huis clos était presque aussi pénalisante que cette lourde sanction administrative ? Malgré les banderoles encore régulièrement sorties par les deux kops pour exiger la démission des présidents Roland Romeyer et Bernard Caïazzo, Jonathan Brison a un avis tranché sur la question.

Jouer sans supporteurs dessert clairement Sainté. On sait que le public du Chaudron peut mettre une pression terrible sur le camp adverse, même en cas de deux corners consécutifs. »

« L’équipe a tendance à s’affoler quand elle est mise sous pression »

Adjoint de Christophe Galtier durant ses 7 ans et demi sur le banc des Verts, Alain Blachon est resté un grand supporter du club. « L’équipe est généreuse et volontaire mais avec toute cette jeunesse, elle a aussi tendance à vite perdre pied et à s’affoler quand elle est mise sous pression, comme contre Monaco [0-4] avant la trêve », décrypte-t-il. Cette jeunesse, issue essentiellement de l’équipe sacrée en Gambardella en 2019 (William Saliba et Wesley Fofana ont vite signé en Premier League), vit un apprentissage accéléré.

« Les dirigeants stéphanois ont pu croire que du haut de ses 18 ans et de ses 3 apparitions avec les pros au PSG, Adil Aouchiche serait immédiatement un joueur majeur prêt à disputer les 38 matchs [2 buts et 4 passes décisives en 26 rencontres de L1 cette saison], évoque Alain Blachon. Mais ces jeunes doivent faire leurs preuves, ce n’est pas le même football qu’en Gambardella. On avait coutume de dire qu’on avait véritablement affaire à un joueur pro lorsque celui-ci atteignait la barre des 100 matchs disputés dans l’élite. »

Le milieu de terrain formé au PSG Adil Aouchiche réalise une première saison dans l'élite mitigée avec l'ASSE.
Le milieu de terrain formé au PSG Adil Aouchiche réalise une première saison dans l'élite mitigée avec l'ASSE. - Mourad ALLILI/SIPA

« Le principal danger, c’est de ne pas se sentir vraiment menacé »

Présentant ce profil, Wahbi Khazri et Ryad Boudebouz (longtemps mis de côté par Claude Puel en début de saison), mais aussi Mathieu Debuchy, Romain Hamouma et Timothée Kolodziejczak auront fort à faire lors des huit prochains matchs. « Le poids de l’histoire pèse tellement à Sainté que le principal danger pour un tel club, c’est de ne pas se sentir vraiment menacé », conclut Alain Blachon.

Un an après une inquiétante 17e place dans un championnat écourté par le Covid-19, la survie en Ligue 1 du club le plus sacré (10 titres de champion de France entre 1957 et 1981) dépend grandement de cette prise de conscience.