ASSE-FC Nantes : Où est passé le flamboyant Denis Bouanga de la saison passée ?

FOOTBALL L’attaquant stéphanois est encore resté muet et peu inspiré, mercredi lors du nul (1-1) face aux Canaris

Jérémy Laugier

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Ici  au duel avec le Nantais Andrei Girotto, Denis Bouanga n'a pas su mettre hors de portée la défense des Canaris mercredi. JEAN-PHILIPPE KSIAZEK
Ici au duel avec le Nantais Andrei Girotto, Denis Bouanga n'a pas su mettre hors de portée la défense des Canaris mercredi. JEAN-PHILIPPE KSIAZEK — AFP
  • A 26 ans, Denis Bouanga était très attendu l’été dernier pour sa saison de confirmation en Ligue 1 sous le maillot vert.
  • A l’image de son match manqué mercredi contre le FC Nantes (1-1), l'international gabonais se révèle décevant et vite frustré sur le terrain.
  • Claude Puel a tenu à lui maintenir sa confiance après la rencontre, estimant qu’il veut « le voir tout le temps à ce niveau-là ».

Au stade Geoffroy-Guichard,

« Il n’existe pas de sauveur dans notre équipe. » Ce constat implacable de Claude Puel date du naufrage de l’ASSE dans le derby du 24 janvier (0-5). S'il ne ciblait alors pas spécialement Denis Bouanga, l’entraîneur stéphanois sait très bien que l’international gabonais a pu assumer ce costume à de nombreuses reprises la saison passée, avec un précieux bilan de 10 buts et 3 passes décisives en 26 matchs de Ligue 1 jusqu’à l’arrêt prématuré du championnat. Meilleur buteur et joueur des Verts en 2019-2020, puis élément courtisé par le Stade Rennais et l’OGC Nice durant l’été, Denis Bouanga (26 ans) se devait de confirmer sa progression dans l’élite cette saison.

Sauf qu’après deux buts inscrits dans le départ canon de Sainté (leader à la 4e journée de L1), celui-ci enchaîne les mauvaises prestations et surtout les maladresses face au but au sein d’une équipe 16e. Penalty de l’égalisation manqué dans le money time du derby aller au Parc OL (2-1), buteur contre son camp au retour (0-5), alors qu’il se remettait tout juste du Covid-19, l’ancien Nîmois a encore trimballé ses doutes mercredi à Geoffroy-Guichard.

« Il se procure énormément d’occasions, c’est l’essentiel »

Face à Nantes (1-1), il s’est montré toujours aussi tranchant et élégant dans ses prises de balle et il est impliqué, via une déviation, sur le but de Mahdi Camara (1-1, 57e). Mais à au moins deux reprises (41e et 56e), il a joué les solistes en zappant un partenaire mieux placé et en butant sur Alban Lafont. Ajoutez à cela deux balles de but gaspillées sur des remises de la recrue Anthony Modeste (54e et 85e), ainsi qu’une tête à bout portant s’envolant dans le kop nord sur un coup franc de Romain Hamouma (74e) et vous comprendrez à quel point la trajectoire de lose de sa saison semble difficile à inverser.

« Un attaquant marche à la confiance, rappelle son partenaire Jessy Moulin. J’en parlais avec lui cette semaine : quand on voit comme il se procure énormément d’occasions, c’est l’essentiel. Quand il va reprendre confiance, j’espère qu’il enchaînera les buts. » Denis Bouanga est pour l’instant bloqué à trois réalisations (et trois passes dé) en 22 matchs, après le penalty transformé à Monaco (2-2) le 23 décembre. Même lorsque ça veut (enfin) rigoler pour les Verts comme à Nice (0-1) dimanche dernier, on retrouve le numéro 20 stéphanois dans le rôle du croqueur.

« C’est à ce niveau-là que je veux le voir tout le temps »

Pas toujours tendre à son égard, Claude Puel a tenu à l’épargner mercredi soir, lorsque 20 Minutes l’a interrogé sur la méforme tenace de son attaquant : « J’ai été satisfait de Denis sur sa très bonne deuxième période, qui a été plus épurée, plus simple, et qui a débouché sur des bonnes choses. Il a été constant sur son replacement et son travail défensif. C’est à ce niveau-là que je veux le voir tout le temps ».

Denis Bouanga a une nouvelle fois montré beaucoup de frustration sur le terrain mercredi. JEAN-PHILIPPE KSIAZEK
Denis Bouanga a une nouvelle fois montré beaucoup de frustration sur le terrain mercredi. JEAN-PHILIPPE KSIAZEK - AFP

Les supporters des Verts aimeraient surtout retrouver le rafraîchissant et tranchant Denis Bouanga version 2019-2020, à l’image de sa finale de Coupe de France sans le moindre complexe contre le PSG (0-1), au sortir d’un étonnant déconfinement passé dans une salle de boxe. En attendant, comme les fans de foot sont parfois impitoyables, certains Stéphanois ont salué sur les réseaux sociaux « sa meilleure action de la soirée » : un carton jaune récolté en fin de partie, et synonyme d’un match de suspension.