ASSE-OL : « On n’a pas vu le jour »... Les Verts sont-ils en grand danger ?

FOOTBALL Atomisés par le voisin lyonnais dimanche soir (0-5), les Stéphanois (16es) s’enlisent en bas de tableau

Jérémy Laugier

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Miguel Trauco a été en grandes difficultés, dimanche soir face à un Léo Dubois parfois insaisissable. Philippe DESMAZES
Miguel Trauco a été en grandes difficultés, dimanche soir face à un Léo Dubois parfois insaisissable. Philippe DESMAZES — AFP
  • L’ASSE a subi dimanche la plus lourde défaite de son histoire dans un derby à domicile (0-5).
  • Malmenés de bout en bout par la bande à Rudi Garcia, les Stéphanois n’ont pas existé dans ce choc vraiment déséquilibré.
  • 16e en Ligue 1, Sainté ne compte que quatre points d’avance sur le barragiste, Dijon.

Au stade Geoffroy-Guichard,

Dans cette tendre Ligue 1, on peut tourner à 0,9 point par match, n’avoir remporté qu’une seule rencontre en quatre mois (et donc 18 journées) tout en conservant quatre longueurs d’avance sur le barragiste (Dijon). Même si ça semble dur à croire, il y a donc toujours des clubs plus mal embarqués que l’ASSE cette saison. Après avoir tenu tête à plusieurs gros (supposés) du championnat, de l’OM (0-2) au PSG (1-1), en passant par Monaco (2-2) et le Losc (1-1), les Verts pensaient bien avoir leur chance, dimanche face au voisin lyonnais.

Mais si le derby aller au Parc OL (2-1) a basculé sur un rien (doublé de Tino Kadewere en neuf minutes, penalty manqué par Denis Bouanga…), celui-ci a tourné à la correctionnelle. « On est en colère contre nous-mêmes après avoir facilité la tâche à cette équipe lyonnaise, après avoir concédé autant de buts sur des phases arrêtées, résume Claude Puel. Le jour d’un derby, on ne l’accepte pas. »

« On n’a pas su exister tout simplement »

Et pour cause, quasi-inoffensif depuis des siècles sur coups de pied arrêtés, l’OL a étrangement inscrit quatre de ses cinq buts de la soirée dans ce registre. Avec en point d’orgue de cette disaster class la tête contre son camp de Denis Bouanga (0-5, 82e), l’un des nombreux joueurs stéphanois touchés il y a peu par le Covid-19. « On se sentait capables de faire quelque chose mais on a dû trop vite déchanter, poursuit Claude Puel. On a été trop pauvres dans la récupération, sur des aspects défensifs comme les coups de pied arrêtés. A partir de là, on n’a pas su exister tout simplement. ».

Le match aurait-il vraiment pu prendre une autre tournure si Aïmen Moueffek avait ouvert le score dès la 1re minute de jeu ? Rien n’est moins sûr au vu des 19 tirs cadrés à 3 en faveur d’un impitoyable OL. « Punis », les hommes de Claude Puel ont vite baissé la tête pour de bon, malgré les entrées correctes d’Arnaud Nordin et de Denis Bouanga à la pause.

« On a beaucoup couru dans le vide »

Abandonné et impuissant, Jessy Moulin a même préféré conserver le ballon de longues secondes plutôt que de risquer de le perdre, après le cinquième but encaissé. Depuis la tribune de presse, on l’a parfois entendu s’en prendre à ses défenseurs centraux, mystifiés à deux reprises par un Marcelo devenu un danger quasi-permanent face à pareille défense. Son garde du corps attitré Timothée Kolodziejczak a fait part de son match galère à la chaîne Téléfoot.

C’est une sale soirée. On s’est fait balader de la première à la dernière minute. On a beaucoup couru dans le vide. On n’a pas été compacts, pas assez mordants. Ce soir, on n’a pas vu le jour. Il y avait plusieurs classes d’écart entre eux et nous. C’est une grosse claque, on est abattus mais il faudra repartir de l’avant car il y a un maintien à aller chercher en fin de saison. »

Plus que jamais, l’objecif des Verts ne peut être ailleurs d’ici au mois de mai. « J’espère qu’on va se remettre les idées à l’endroit », glisse timidement Claude Puel. Hormis un rebondissement incroyable, celui-ci ne devrait pas subir le même sort qu’Oscar Garcia, limogé après une manita dans le derby en novembre 2017.