Nîmes-Bordeaux : De Préville, Poundjé, Briand, Jovanovic… Pourquoi sont-ils les mal-aimés des Girondins ?

FOOTBALL Pour diverses raisons, ces joueurs ne jouent pratiquement pas cette saison avec les Girondins de Bordeaux

Clément Carpentier

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De Préville, Briand, Jovanovic et Poundjé (de gauche à droite et de haut en bas).
De Préville, Briand, Jovanovic et Poundjé (de gauche à droite et de haut en bas). — Daniel Vaquero - JOHN SPENCER/SIPA - ROMAIN PERROCHEAU - JEAN-FRANCOIS MONIER; / AFP
  • Les Girondins de Bordeaux se déplacent à Nîmes, dimanche (15 heures), pour tenter de mettre fin à une série de quatre matchs sans victoire en Ligue 1.
  • Une nouvelle fois Poundjé, De Préville ou Briand seront sur le banc alors que Jovanovic n’est même plus dans le groupe.
  • Pourquoi sont-ils devenus les mal-aimés des Marine et Blanc ?

Ils sont là. Mais c’est à peu près tout ce que l’on peut dire sur eux cette saison. Maxime Poundjé, Nicolas De Préville, Jimmy Briand et Vukasin Jovanovic traversent la saison des Girondins de Bordeaux tels des fantômes. Et quand on entend parler d’eux, c’est pratiquement toujours en mal depuis quelques mois voire quelques années pour certains. Des critiques venus des supporteurs, bien sûr, mais aussi de leurs propres dirigeants, parfois.

Alors pourquoi sont-ils devenus les « mal-aimés » des Marine et Blanc ? Comme souvent, chacun à ses raisons. Performances, situations contractuelles, choix du coach… 20 Minutes essaie de vous expliquer tout ça.

Poundjé, le mal-aimé de tous

C’est peut-être celui qui cristallise le plus les critiques, de tous les bords, et depuis le plus longtemps. Formé au club, Maxime Poundjé n’a jamais réussi à s’imposer sous le maillot bordelais (17 apparitions en moyenne sur une cinquantaine de matchs par saison). Pourtant, près de dix ans plus tard, il est toujours là ! Une situation qui exaspère la quasi-totalité des supporteurs des Girondins. Comment cela se fait-il ? Le latéral gauche de 28 ans a peut-être tout simplement le meilleur agent du monde. En effet après avoir signé son premier contrat professionnel avec son club de cœur en 2012, il a obtenu pas moins de trois prolongations (juillet 2013, janvier 2017 et juillet 2018).

Joueur au potentiel offensif plutôt intéressant, Maxime Poundjé n’a jamais affiché le niveau défensif minimum requis pour jouer en Ligue 1. Il n’a d’ailleurs disputé qu’une saison pleine en 2018-2019 avec 43 matchs. Mais, il a pour lui le fait d’avoir toujours montré un état d’esprit irréprochable, ce qui lui a longtemps permis d’être considéré comme un joueur de « club ». Mais la donne a fini par changer avec Eduardo Macia et Alain Roche. Les deux derniers directeurs sportifs font tout depuis deux ans pour lui trouver une porte de sortie et dénoncent régulièrement, comme pour d’autres, son manque de collaboration. Avec un joueur qui refuse de quitter le club même s’il ne joue pas.

De Préville, la tête de Turc

L’attaquant bordelais, en fin de contrat en 2021 comme Maxime Poundjé, a lui aussi été visé par ces critiques mais seulement ces dernières semaines de la part d’Alain Roche. En effet depuis son arrivée aux Girondins à l’été 2017, Nicolas De Préville était un membre à part entière de l’équipe. Avec Paulo Sousa, il fut même un cadre et peut-être le meilleur joueur bordelais la saison dernière (huit buts et quatre passes décisives en 28 matchs). Problème, c’est bien trop peu sur quatre ans pour un joueur acheté 10 millions d’euros (plus gros transfert de l’histoire des Girondins), et qui a l’un des plus gros salaires du club (160.000 euros par mois). C’est notamment pour cette raison qu’il est rapidement devenu la tête de Turc de certains supporteurs.

Joueur combatif et spontané, il n’a jamais réussi à trouver de la continuité dans ces performances. Pire, l’attaquant de 30 ans a complètement disparu de la circulation depuis l’arrivée de Ben Arfa et traîne sa peine un peu plus chaque jour (pas un seul but cette saison). Il conserve tout de même un statut de bon joueur de Ligue 1 aujourd’hui et devrait facilement retrouver un club. Cet hiver, Ludogorets s’est par exemple renseigné sur lui. Le grand perdant sera avant tout le club avec un départ libre du joueur et une opération financière catastrophique au bout du compte.

Briand et De Préville ont perdu leur statut de cadre aux Girondins.
Briand et De Préville ont perdu leur statut de cadre aux Girondins. - Daniel Vaquero/SIPA;

Jimmy Briand, papy ne fait plus de résistance

A l’image de son compère de l’attaque bordelais, il a vécu un déclassement express dans la hiérarchie des Girondins cette saison. Joueur cadre avec Paulo Sousa, celui qui a inscrit son 100e but en Ligue 1 en octobre dernier s’assied désormais au bout du banc avec Jean-Louis Gasset. Pourquoi ? Au-delà de ses performances sportives, il s’agirait d’une histoire de gros sous. RMC Sport a révélé en janvier denier que Jimmy Briand ne jouerait plus du tout en raison d’une clause dans son contrat. Un contrat qu’il avait prolongé, il y a un an, jusqu’en 2022.

Celle-ci permettait à l’attaquant de 35 ans de conserver le même salaire la saison prochaine s’il jouait tant de matchs cette année. Si ce n’était pas le cas, son salaire subirait une forte baisse et permettrait au club de faire des économies. Mais depuis la situation serait réglé et les deux parties auraient trouvé un terrain d’entente selon L’Equipe. Reste que le joueur ne devrait pas s’éterniser en Gironde. Un départ dès cet été est fort probable étant donné son faible temps de jeu.

Jovanovic, le choix radical d’un coach

C’est peut-être la situation la plus classique. Le défenseur serbe ne joue pas du tout cette saison tout simplement parce que Jean-Louis Gasset en a décidé ainsi, comme n’importe quel autre entraîneur de football. Mais il s’agit d’un choix plus que radical. En effet, Vukasin Jovanovic, auteur de prestations correctes avec Paulo Sousa, n’a pas eu une seule fois sa chance avec l’ancien adjoint de Laurent Blanc. Dans la hiérarchie des défenseurs centraux, il a tout de suite occupé la dernière place derrière Koscielny, Pablo, Baysse et Mexer. Le départ du Brésilien n’y a rien changé cet hiver.

Notre dossier sur les Girondins

Seule différence avec les autres joueurs en fin de contrat, le Serbe a tenté lors des deux derniers mercatos de trouver une solution et a même envisagé de résilier son contrat début février. Il n’a pas perdu espoir de quitter Bordeaux cet hiver puisqu’il est toujours surveillé de près par le Dynamo Moscou avec un mercato russe ouvert jusqu’au 21 février. Sinon, il continuera de s’entraîner avec le groupe pro avec la quasi-certitude de ne pas jouer d’ici la fin de la saison.