Bordeaux-OM : Quand Yacine Adli balance ses quatre vérités aux Girondins

FOOTBALL Le jeune milieu de terrain n’a pas mâché ses mots après le très décevant match nul face à Marseille

Clément Carpentier

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Le Bordelais Adli taclé par le Marseillais Cuisance.
Le Bordelais Adli taclé par le Marseillais Cuisance. — Romain Perrocheau / AFP
  • Les Girondins ont concédé le match nul (0-0) face à l’OM malgré une double supériorité numérique dans la dernière demi-heure.
  • Après cette nouvelle déception, Yacine Adli a balancé ses quatre vérités à son équipe et à son club, pointant le manque d’exigence à tous les niveaux.
  • Pour le jeune milieu de terrain, Bordeaux ne peut pas espérer mieux aujourd’hui que le ventre mou du championnat.

Que cela fait du bien. Un joueur qui s’exprime sans langue de bois. Sans le moindre filtre même. Qui dit simplement ce qu’il pense sans essayer de trouver la meilleure formule pour ne choquer personne. Jean-Louis Gasset le fait parfois, son capitaine Laurent Koscielny aussi. Ils peuvent en effet se le permettre avec leur expérience. Mais ce dimanche, la formule choc est venue d’un jeune homme de 20 ans, Yacine Adli.

Le milieu de terrain, en pleine progression depuis un mois, n’a pas mâché ses mots au moment d’évoquer le très frustrant match nul (0-0) des Girondins face à un OM réduit à neuf pendant toute la dernière demi-heure de jeu. Avec des mots forts, il est également revenu plus globalement sur la situation de son équipe, engluée dans le ventre mou de la Ligue 1 (11e), et sur celle de son club. Morceaux choisis.

« Je préfère être européen et perdre ce match ! »

Yacine Adli a commencé tout doucement par une analyse du match. Rien de folichon. Mais, ça n’a pas duré longtemps. Le jeune joueur a vite mis la machine en route lorsqu’il a été interrogé sur l’invincibilité contre l’OM à domicile (43 ans) : « (Gros soupir) Je suis avant tout très déçu du résultat, on joue les matchs pour les gagner. Certes, il y a ce truc d’invincibilité mais sincèrement je préfère être européen et perdre ce match ! Je sais que c’est important pour les supporteurs mais on doit surtout montrer un supplément d’âme pour gagner ce genre de match là. On doit donner beaucoup plus. » C’est simple à 9 contre 11, Bordeaux n’a même pas obligé Steve Mandanda à sortir une parade en trente minutes.

Le Bordelais Adli taclé par le Marseillais Cuisance.
Le Bordelais Adli taclé par le Marseillais Cuisance. - Romain Perrocheau / AFP

« Il faut beaucoup de choses pour jouer l’Europe et Bordeaux ne les a pas »

Mais là où le jeune milieu de terrain, formé au PSG, est devenu très intéressant, c’est lorsqu’il a évoqué le niveau de son équipe. Cette équipe incapable de saisir l’opportunité de se replacer dans la course à l’Europe. Yacine Adli : « On est frustré, mais c’est comme toujours, on est toujours à la limite. On est toujours dans ce contexte, c’est compliqué. Au bout d’un moment, il n’y a plus de surprises dans le sens où on a l’impression que tout est un peu tiré par les cheveux. Parfois, on se dit "oui on peut [jouer l’Europe]" et puis en fait non on ne peut pas parce qu’il manque quelque chose. Où ? Je ne sais pas, il en manque à tous les niveaux. Il faut beaucoup de choses pour jouer l’Europe et Bordeaux ne les a pas ! Et ce n’est pas nouveau. Il n’y a pas le feu au lac mais on ne peut pas prétendre être européen aujourd’hui. »

« Il y a beaucoup de conflits internes, externes »

Enfin, Yacine Adli, souvent très juste dans ses analyses, est revenu sur la situation du club. Il n’y est pas allé par quatre chemins en pointant les problèmes extra-sportifs aux Girondins et le manque d’ambition des Marine et Blanc. Attention, ça peut piquer pour les dirigeants : « Pour jouer le haut de tableau, il faut que la même ambition soit à tous les niveaux du club et pour ça, il faut que tout le monde soit exigeant. Vous voyez l’effectif, tout le monde le connaît, il y a beaucoup de joueurs en fin de contrat. Il y a beaucoup de conflits internes, externes. Tous ces trucs-là, ça crée des mauvaises ondes. Des ondes négatives qui font que tu ne peux pas jouer le haut de tableau dans ce contexte. Si tout le monde se serre les coudes, peut-être, mais on ne sent pas cette osmose. Dans le groupe, ça va mais il faut plus que ça. C’est un tout ! »