ASSE-Montpellier : Cinq claques consécutives avant le derby, ces Verts « en manque de confiance » sont-ils en danger ?

FOOTBALL Les Stéphanois ont une nouvelle fois été malmenés, ce dimanche, par le MHSC (0-1). Les anciens leaders de la Ligue 1 se trouvent plus que jamais dos au mur, à une semaine d’un derby à hauts risques

Jérémy Laugier

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Sous le regard de Denis Bouanga, le milieu offensif Adil Aouchiche vient de gâcher une énorme opportunité d'égaliser, à la 66e minute du match contre Montpellier ce dimanche. PHILIPPE DESMAZES
Sous le regard de Denis Bouanga, le milieu offensif Adil Aouchiche vient de gâcher une énorme opportunité d'égaliser, à la 66e minute du match contre Montpellier ce dimanche. PHILIPPE DESMAZES — AFP
  • Révélation de l’été, notamment grâce à son succès au Vélodrome (0-2), l'ASSE est depuis en souffrance en Ligue 1.
  • Battus pour la cinquième fois de rang, ce dimanche par Montpellier (0-1), les Verts connaissent du même coup leur pire série depuis 12 ans.
  • Après cette énième claque, Claude Puel s’est montré très fédérateur, exhortant ses joueurs à « redoubler de solidarité » pour le derby qui se profile, dimanche prochain au Parc OL.

Au stade Geoffroy-Guichard,

« Ils n’ont pas été dangereux, mon gardien n’a pas eu d’arrêt à faire. » Michel Der Zakarian a résumé avec son franc-parler l’indigence offensive de l'ASSE, ce dimanche lors d’une nouvelle défaite (0-1) contre son équipe montpelliéraine, elle aussi « malade » avant la rencontre. La dégringolade est terrible pour les Verts, leaders après quatre journées de Ligue 1 et désormais 13es. Elle se résume en deux stats : la série en cours de cinq défaites consécutives est une première depuis l’automne 2008. Pour trouver trace de deux matchs de rang sans le moindre tir cadré, il faut encore remonter plus loin, comme le révèle Opta ce dimanche.

17e à l’arrêt prématuré de la Ligue 1 la saison passée, l’ASSE se dirige-t-elle donc vers une année encore plus galère ? « Non, l’équipe n’est pas en crise, assure le milieu défensif Yvan Neyou. Même si on perd aujourd’hui, tout n’est pas à jeter à la poubelle. On est conscients d’être en crise de résultats. C’est sûr que personne n’aime perdre, surtout pas cinq fois de suite. Mais on ne peut pas pleurer et se laisser abattre comme ça. Cette période va tourner, on n’est pas inquiets. »

« On manque peut-être parfois d’intensité mais sûrement pas d’implication »

Un discours conquérant mais lancé timidement, avec un visage pour le moins marqué, à l’image d’un groupe restant depuis cinq semaines sur un but inscrit contre 11 concédés. Louant les 55 % de possession de balle contre le MHSC, Yvan Neyou poursuit son constat optimiste : « A part le but, je ne vois pas où ils nous ont mis en difficulté plus que ça. On manque peut-être parfois d’intensité mais sûrement pas d’implication. Ça doit faire un peu mal dans les têtes des joueurs, c’est normal ».

Les sept éléments les plus offensifs disponibles dans l’effectif professionnel ont eu leur chance ce dimanche, sans la moindre réussite, à l’instar de cette reprise complètement dévissée d’Adil Aouchiche sur un centre en retrait de Romain Hamouma (0-1, 66e). « Je comprends très bien la difficulté, confie Claude Puel, très lucide et fédérateur pendant plus de 15 minutes face à la presse après cette nouvelle claque. Ce sont nos entames et notre manque de confiance, qui se voit dans les passes, les contrôles, la fluidité. L’adversaire profite un peu de notre situation. Ce groupe a besoin de confiance et il faut trouver des parades pour avancer. »

Claude Puel n'a pas masqué sa déception, ce dimanche durant la nouvelle désillusion de son équipe face au MHSC. PHILIPPE DESMAZES
Claude Puel n'a pas masqué sa déception, ce dimanche durant la nouvelle désillusion de son équipe face au MHSC. PHILIPPE DESMAZES - AFP

« Beaucoup de joueurs n’étaient pas prévus pour jouer régulièrement »

Malgré cet interminable tunnel de médiocrité, l’entraîneur stéphanois est formel : « il y a bien sûr un décalage entre la mauvaise série qu’on peut faire et la qualité intrinsèque du groupe ». Celui-ci se révèle extrêmement jeune et notamment handicapé par le départ tardif de Wesley Fofana, des blessures de cadres (Yvann Maçon pour toute la saison, Mathieu Debuchy, Arnaud Nordin, Panagiotis Retsos…) et la mise à l’écart de Stéphane Ruffier et Ryad Boudebouz.

« En très peu de temps, ces jeunes sont très vite passés d’une petite euphorie, comme la victoire à Marseille, à des moments bien plus difficiles, résume Claude Puel. Vivre cela en accéléré est formateur. Beaucoup d’entre eux n’étaient pas prévus pour jouer régulièrement et ils se retrouvent propulsés dans le monde du football d’adultes, c’est difficile. Je ne peux pas être hyper exigeant avec eux, ils donnent le maximum. »

Les exemples de rebonds de Puel au Losc et à l’OGC Nice

C’est pourquoi l’expérimenté coach ne tape nullement sur ses joueurs au moment de livrer son ressenti personnel face à pareille spirale négative : « Comme l’a dit Arsène Wenger, on vit chaque défaite comme une souffrance. Mais quand on est compétiteur, on se relève très vite et on se doit d’être leader pour aider ses joueurs ». Il se rappelle notamment de périodes aussi sombres à la tête du Losc et à l’OGC Nice, avant d’aller accrocher à chaque fois une qualification européenne « avec le même groupe ».

Ce destin européen semble très loin aujourd’hui et il va d’abord falloir se confronter au révélateur du derby, dimanche prochain (21 heures) au Parc OL. Il y a un peu plus d’un an, Claude Puel prenait la succession de Ghislain Printant à l’ASSE et il lançait justement son aventure en l’emportant contre le voisin lyonnais (1-0) avec un groupe aussi atteint (et Loïs Diony en pointe). « Le derby, ça reste quelque chose à part, rappelle l’ancien coach de l’OL. C’est le bon moment pour redoubler de solidarité et aller chercher cette confiance nécessaire car il n’y a pas de fatalité. » Qui aurait en effet imaginé, l'année passée, que la connexion Boudebouz-Beric ne vienne à bout de la bande à Memphis Depay et Houssem Aouar ?