ASSE-OL : De la revanche de Beric à la sortie critiquée de Dubois, quelles questions se poser après ce derby ?

FOOTBALL Même si la cuvée automne 2019 du derby s’est révélée terne, « 20 Minutes » s’est penché sur quatre histoires ayant égayé cet affrontement entre l’ASSE et l’OL dimanche (1-0)

Au stade Geoffroy-Guichard, Jérémy Laugier

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L'attaquant slovène Robert Beric a libéré l'ASSE d'un coup de tête victorieux à la 90e minute, dimanche lors du derby. PHILIPPE DESMAZES
L'attaquant slovène Robert Beric a libéré l'ASSE d'un coup de tête victorieux à la 90e minute, dimanche lors du derby. PHILIPPE DESMAZES — AFP
  • L’ASSE a remporté un derby crucial (1-0), dimanche contre le voisin lyonnais, actuellement en pleine crise.
  • Que ce soit côté lyonnais ou stéphanois, ce choc même décevant a donné lieu à des histoires savoureuses. 20 Minutes s’est ainsi posé quatre questions dimanche soir.

Bon, on se doute qu’à moins d’être supporters de l’ASSE ou de l’OL, vous ne vous êtes probablement même pas posé quatre questions en regardant l’intégralité de ce terne derby de dimanche soir (1-0). Mais à 20 Minutes, on aime les challenges donc on se lance dans l’exercice tel un Loïs Diony sprintant avec rage dans un duel avec Marcelo.

Beric a-t-il savouré son but en repensant à sa grave blessure dans un derby ?

« Magnifique », « magique »… A la fois timide et guère à l’aise avec la langue française, Robert Beric a répété ces qualificatifs pour décrire son bonheur ressenti à la 90e minute de cet ASSE-OL. On filait vers un 0-0 sans grande histoire, aux allures de statu quo morose pour les deux clubs rivaux lorsque l’attaquant slovène s’est élevé pour tromper Anthony Lopes. On a tout de suite pensé au fait qu’il était rarement à l’honneur dans les gros matchs depuis son arrivée à Sainté en 2015 (seulement buteur jusque-là une fois contre le PSG en 2016 et l’OM en 2018).

Mais surtout qu’un soir de novembre 2015 à Gerland, sur un tacle sévère de Jordan Ferri au bout d’un maudit derby pour les Verts (3-0, triplé d’Alexandre Lacazette), Robert Beric avait été victime d’une rupture des ligaments croisés du genou. Sa joie est-elle décuplée par ce si douloureux souvenir contre l’OL ayant longtemps stoppé sa progression à Sainté ? « Oui peut-être un peu, reconnaît l’intéressé. En tout cas, mon rêve était de marquer dans le derby. » Et exaucer un rêve au cœur de ce début de saison galère de l’ASSE, ce n’était vraiment pas gagné. « Robert, c’est un aimant à ballons, souligne son partenaire Jessy Moulin, admiratif. Il travaille dans l’ombre. Il ne touche parfois pas beaucoup de ballons mais il se donne à 100 %. C’est Robert ! »

L’ambiance était-elle si dingue que ça dimanche dans le Chaudron ?

Hormis l’explosion finale à la suite du but de Robert Beric (1-0, 90e), sous forme de clin d’œil aux multiples exemples dans l’autre sens (Govou, Briand, Dembélé), on a eu la sensation d’avoir régulièrement vu le Chaudron plus dingo, même hors derby. L’affluence de 34.071 spectateurs, loin du guichet fermé donc (41.594 spectateurs pour le derby de la saison passée), était déjà un indice d’une ferveur moindre. De même, les kops étaient particulièrement silencieux avant le coup d’envoi et à la mi-temps. L’ennui sur le terrain (12 tirs cumulés, seulement trois à la pause) n’a pas aidé à enflammer les tribunes.

Saint-Etienne's fans cheer and wave during the French L1 football match between AS Saint-Etienne and Olympique Lyonnais at the Geoffroy Guichard Stadium in Saint-Etienne, central France on October 6, 2019. (Photo by PHILIPPE DESMAZES / AFP)
Saint-Etienne's fans cheer and wave during the French L1 football match between AS Saint-Etienne and Olympique Lyonnais at the Geoffroy Guichard Stadium in Saint-Etienne, central France on October 6, 2019. (Photo by PHILIPPE DESMAZES / AFP) - AFP

Ils se sont distingués avec des fumigènes pour la reprise de la deuxième période (ainsi que de violentes banderoles, « Mort à Lyon », chez les Magic Fans) mais le contexte pesant autour de ce début de saison chez les ultras des Verts (lanterne rouge de L1 avant le derby, ras-le-bol de certains dirigeants), entraînait une dynamique moindre que durant l’ère Jean-Louis Gasset. Reste que le « Chalala lalalala » partagé avec les joueurs, c’est toujours une grosse claque. « C’est comme ça qu’on aime voir Geoffroy-Guichard, cette communion avec le public est magnifique », a rappelé l’enfant du pays Loïc Perrin sur Canal +.

Léo Dubois était-il obligé de laisser son équipe à dix ?

Attention, sujet touchy sur les réseaux sociaux depuis la fin du match. Capitaine comme à Leipzig en raison de l’absence de Jason Denayer, Léo Dubois doit regretter d’avoir répondu à Laurent Paganelli après sa sortie du terrain. On joue la 81e minute d’un derby filant vers le 0-0 lorsque l’ancien Nantais semble souffrir d’un problème musculaire à la cuisse. Comme Sylvinho a effectué ses trois changements, le latéral lyonnais ne peut être remplacé. L’OL évolue donc à 10 pendant près de 15 minutes et encaisse ce fameux but venu d’un centre de Ryad Boudebouz, expédié depuis le côté gauche de la défense lyonnaise, déstabilisée par l’arrêt de Léo Dubois.

Problème : Léo Dubois balance à « Paga » : « On verra bien, j’ai senti un petit truc ». Ce « petit truc » a du mal à passer chez certains supporters de l’OL, qui estiment que le joueur n’a pas été digne de son brassard, voire qu’il se serait préservé afin d’éviter de déclarer forfait pour les deux matchs de l’équipe de France durant cette trêve internationale.

« C’est une blessure musculaire, a confirmé Sylvinho à l’issue du match. Si un joueur sort à dix minutes de la fin alors que l’on va se retrouver à dix, c’est qu’il y a forcément quelque chose de sérieux. » Si jamais Léo Dubois participe à Islande-France vendredi ou France-Turquie le 14 octobre, il risque de devoir s’expliquer avec les supporters lyonnais. Ceux-ci ont gardé en mémoire l’exemple d’un ancien latéral du club, Miguel Lopes, qui avait terminé un match de L1 à Guingamp en 2014… avec un tibia fracturé !

C’était couru d’avance, ce retour de karma pour Aulas, non ?

N’importe quel supporter stéphanois ayant découvert vendredi la punchline de Jean-Michel Aulas commentant l’arrivée de Claude Puel chez les Verts a dû y voir un bon présage. « J’espère qu’ils ne l’ont pas fait seulement pour nous battre, parce qu’ils vont être déçus », indiquait-il aux médias. Le président lyonnais avait déjà eu chaud avec le Playstationgate en septembre 2010 et on n’avait sans doute pas vu pareil appel à retour de karma depuis son homologue stéphanois Roland Romeyer avant le derby de 2012.

« Vercoutre, c’est une 2 CV et Ruffier une Ferrari », glissait alors le président stéphanois. Evidemment, ce derby avait été marqué par une toile de la Ruff' sur un coup franc lointain de Michel Bastos (0-1). Dimanche, le CM de l’ASSE a sobrement retweeté la décla d’Aulas après le match. Quant à Claude Puel, il a finement évoqué son lien avec l’OL, où il a entraîné dans un contexte tendu de 2008 à 2011 : « Je ne suis vraiment pas revanchard, je ne véhicule pas en moi ce genre de sentiments. Et je n’ai pas besoin de ça pour être motivé. Faire des déclarations à l’emporte-pièce, ça n’aide pas les joueurs, je préfère une réponse sur le terrain ». Leçon retenue, JMA ?