Girondins de Bordeaux: «Je n'ai vraiment aucun regret», Stéphane Martin revient sur son aventure au club

INFO 20 MINUTES L’ancien président du club veut poursuivre son expérience dans le football…

Propos recueillis par Clément Carpentier

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Stéphane Martin, le président des Girondins de Bordeaux.
Stéphane Martin, le président des Girondins de Bordeaux. — Nicolas Tucat / AFP
  • Stéphane Martin a quitté la présidence des Girondins de Bordeaux après le rachat du club par des fonds d’investissement américains.
  • Il avoue que la décision la plus difficile de son mandat fut de se séparer de Jocelyn Gourvennec.
  • S’il n’a pas de regret sur son départ, il espère rebondir dans le monde du sport.

Cela fait maintenant une semaine qu’il a quitté son bureau du château du Haillan. Depuis, Stéphane Martin, l’ex-président des Girondins de Bordeaux, promène sa bonne humeur et son franc-parler en ville avant de rejoindre sa famille à Madrid. Pour la première fois, il revient sur son aventure au club pour 20 Minutes.

Comment allez-vous depuis une semaine ?

Très bien. Il faut toujours prendre le positif de ce qu’il arrive. Ça fait du bien de se reposer après ces deux ans très fatiguant avec tout ce qu’il s’est passé dans le club. On va profiter de la famille et faire un peu de sport car j’ai enfin du temps.

Comment s’est passé votre départ des Girondins?

Le nouvel actionnaire a rapidement expliqué qu’il voulait travailler avec une nouvelle équipe donc j’ai su assez tôt que je n’allais pas continuer. J’ai assuré mes fonctions jusqu’au bout avec sérieux.

Avez-vous des regrets par rapport à cette décision ?

Pas du tout, je n’ai vraiment aucun regret ! J’ai déjà connu souvent ce genre de situation dans la banque. Ça fait partie de la vie des entreprises et c’est naturel de réfléchir à une nouvelle gouvernance. Le nouvel actionnaire vient avec son équipe, ses idées donc il n’y a eu aucun problème.

Comme vous jugez-vous votre présidence ?

C’est un peu délicat de s’auto-évaluer. Je pense avoir fait le maximum même si bien sûr j’ai dû faire des erreurs puisque j’étais très novice dans le domaine. J’ai fait ce que je pouvais avec conviction et avec amour pour le club.

Qu’est-ce que vous avez appris ?

Pleins de choses. Tout d’abord, un club de football, ce n’est pas une entreprise comme une autre. C’est vraiment à part. J’ai aussi pris la mesure de tout ce que ce club représente dans la région. On le sent tous les jours notamment avec les ultras. C’est un vrai patrimoine.

Sur le monde du football ? Plutôt agréablement surpris parce que je trouve qu’on est un peu trop dans la caricature. On présente toujours les cas les moins reluisants mais il y a plein de gens très bien. Les joueurs en particulier ont des personnalités très intéressantes et attachantes.

Stéphane Martin et Nicolas de Tavernost au Haillan.
Stéphane Martin et Nicolas de Tavernost au Haillan. - Nicolas Tucat / AFP

Quel est votre meilleur souvenir ?

Déjà, il y a eu de très belles rencontres à tous les niveaux. Et notamment, les anciens comme Alain Roche ou Alain Giresse. Je vais aussi garder un très bon souvenir des salariés du club. Après sur le plan sportif, il y a cette qualification contre la Gantoise avec une superbe ambiance.

La décision la plus difficile que vous avez prise ?

C’est la séparation avec Jocelyn Gourvennec parce qu’humainement, c’était une personne que j’appréciais. Il a bossé sérieusement jusqu’au bout. Mais bon, il fallait bien prendre une décision et ce n’était vraiment pas marrant.

Avez-vous envisagé de démissionner un jour ?

Non, jamais même si ce n’était pas toujours facile. Dans la période M6, j’ai toujours eu la confiance de Nicolas de Tavernost. Et dans la période de transition, ça n’aurait pas été réglo vis-à-vis du club de partir comme ça. Donc, non.

Quel regard portez-vous sur les nouveaux propriétaires, GACP et King Street ?

Je n’ai pas d’avis. On peut en penser ce qu’on veut, le club doit passer avant. Il faut être derrière eux. Ils ont des idées, on ne peut pas leur reprocher ça, au contraire. Si on aime les Girondins, on ne peut que leur souhaiter le meilleur et ce n’est pas de la langue de bois.

Que pensez-vous du montage financier vous qui avez travaillé dans ce milieu ?

J’ai oublié la finance (sourires).

Comment avez-vous vécu le dernier mercato ?

C’était forcément très compliqué avec une double gouvernance. Déjà le mercato, c’est difficile avec beaucoup d’avis des uns et des autres donc là, imaginez…

Quelle est la suite pour vous ?

Déjà, profiter de ma femme et de mes enfants. Ensuite, j’aimerais rester dans le sport car conjuguer son métier et sa passion, c’est une incroyable chance.

Vous revoir dans le football est donc une forte possibilité ?

Oui, sûrement. Un poste dans un club, c’est vraiment ce qu’il y a de plus intéressant. Après, c’est difficile aujourd’hui de se voir dans un autre club que Bordeaux. Mais, c’est vraiment un monde passionnant même si c’est parfois fatigant et ingrat. Après aujourd’hui, le consulting dans le sport m’intéresse aussi. Beaucoup de personnes cherchent à investir.

Stéphane Martin lors de son arrivée aux Girondins en mars 2017.
Stéphane Martin lors de son arrivée aux Girondins en mars 2017. - Nicolas Tucat / AFP

La finance, c’est fini ?

Faut jamais dire jamais. Mais en tout cas, ce ne sera pas pour tout de suite (rires). Puis, moi qui ai travaillé dans des grands groupes, là j’ai vraiment bien apprécié l’ambiance et le côté humain de l’aventure.