Girondins de Bordeaux: Jocelyn Gourvennec, d’homme providentiel à bouc émissaire d’un club malade
FOOTBALL•L’entraîneur bordelais quitte son poste seulement 18 mois après sa nomination…Clément Carpentier
L'essentiel
- Les Girondins de Bordeaux ont décidé de se séparer de Jocelyn Gourvennec.
- Après une bonne première saison sur le banc bordelais, il n’aura pas survécu à la terrible crise sportive que traverse son équipe depuis septembre.
- Malgré son départ, le chantier reste immense aux Girondins de Bordeaux.
Nicolas De Tavernost a sifflé la fin de la récréation, ce jeudi matin, aux Girondins de Bordeaux. Après des semaines de cacophonie autour du cas de Jocelyn Gourvennec, le président du directoire de M6, actionnaire majoritaire du club, a décidé de se séparer de son entraîneur après une nouvelle défaite contre Caen (0-2). Celle de trop.
Il avait pourtant le profil idéal pour Bordeaux
Si cette séparation était dans l’air depuis un moment, l’échec de Jocelyn Gourvennec aux Girondins de Bordeaux, lui, n’était pas du tout prévu. Quand il débarque en mai 2016, l’ancien entraîneur de Guingamp a semble-t-il le profil parfait pour relancer le club : jeune, dynamique, calme, disponible, souriant et surtout compétent. D’ailleurs, malgré la situation actuelle, certains « regrettent déjà son départ même si on connaît la règle du jeu dans le milieu », commente l’ancien défenseur bordelais François Grenet.
Pour sa première saison sur le banc bordelais, Jocelyn Gourvennec s’en sort, en effet, avec un bilan plus qu’honorable : une 6e place en Ligue 1, une qualification pour Ligue Europa, une demi-finale de Coupe de la Ligue et un quart de Coupe de France. Au point que ses dirigeants lui propose une prolongation de contrat jusqu’en 2020. On imagine déjà les Girondins luttant avec Lyon, Marseille ou encore Monaco cette saison.
Jocelyn Gourvennec fait alors l’unanimité au Haillan. Le club le suit dans tous ses choix de recrutement notamment sur le dossier De Préville (10 millions d’euros). Et en plus, les résultats suivent puisque ses joueurs réalisent un très bon début de saison. Jusqu’au jour…
Le bouclier a fini par craquer
Ce jour où tout déraille. Patatras. C’était le 30 septembre dernier, les Girondins encaissent un cinglant 6 à 2 contre le PSG au Parc des Princes. Jocelyn Gourvennec et son groupe ne s’en sont jamais réellement remis. Depuis, c’est une chute sans fin. « Vous savez dans le sport de haut niveau, il suffit d’un grain de sable dans la machine pour tout casser. Et souvent, on ne sait pas pourquoi ? », rappelle François Grenet. Résultat : 12 défaites lors des 16 derniers matchs.
Mais pendant de longues semaines, personne n’a voulu croire à un possible échec du Breton. Ses dirigeants l’ont soutenu coûte que coûte contre vents et marées. Malgré, les défaites en championnat, les éliminations humiliantes en Coupe et des supporters très virulents envers leur entraîneur. Confirmé à son poste à la trêve, Jocelyn Gourvennec avait même encore les mains libres pour faire son mercato. Le projet construit autour de lui ne pouvait pas s’arrêter au bout de seulement 18 mois.
aUn club malade en chute libre
Pourtant, l’histoire est bien finie. Mais derrière ce choix, il y a surtout un club qui va mal. Très mal. Comme le soulèvent plusieurs anciens de la maison bordelaise (Dugarry, Sagnol, Micoud ou Planus) depuis quelque temps, le problème est beaucoup plus profond. L’actionnaire souvent épargné est en première ligne. Comme l’explique un proche du club, « il manque des hommes forts dans ce club. Jean-Louis Triaud [ex-président] était l’arbre qui cachait la forêt. Mais, là ça devient très dangereux. »
aLes Girondins de Bordeaux essorent les entraîneurs les uns après les autres (6 depuis le titre de champion en 2009). C’est dire, s’il y a « quelque chose qui ne tourne pas rond dans le club. On passe d’ailleurs son temps à mettre la poussière sous le tapis », résume François Grenet. Le problème, c’est qu’il n’y a plus de place sous celui-ci et ça commence à se voir sérieusement.


















